La victoire revient à Numericable. L'offre du câblo-opérateur pour acquérir SFR a été retenue par le conseil de surveillance de Vivendi, la maison-mère.

L'histoire se répète. Trois semaines après avoir sélectionné une première fois l'offre de Numericable au détriment de celle avancée par Bouygues Telecom, Vivendi a confirmé son choix ce samedi. Le câblo-opérateur prendra le contrôle de SFR, malgré les efforts notables de son concurrent – l'offre a été ajustée à deux reprises, le 21 mars et le 4 avril – pour faire changer d'avis la multinationale.

"Le conseil de surveillance de Vivendi a décidé, à l’unanimité, de retenir l’offre d’Altice/Numericable qui correspond au projet industriel le plus porteur de croissance, le plus créateur de valeur pour les clients, les salariés et les actionnaires, et répondant le mieux aux objectifs de Vivendi", affirme le communiqué de la société, diffusé ce samedi après-midi.

Quatre critères ont été passés en revue pour évoluer chaque offre : la qualité du projet industriel ; la pérennité de l’emploi ; les risques de concurrence ; la valorisation pour Vivendi. Il révèle par ailleurs que Numericable a aussi fait évoluer son offre.

Nouvelle offre de Numericable, évaluée au total à 17 milliards

Initialement, la maison-mère Altice proposait un paiement en numéraire (cash) de 11,75 milliards d'euros, une participation à hauteur de 32 % dans le capital de la future entité résultant de la fusion entre Numericable et SFR, ainsi qu'une sortie progressive de Vivendi, selon des modalités programmées.

Vendredi, la presse rapportait que le PDG d'Altice, Patrick Drahi, s'était rendu au quartier général de Vivendi alors que se réunissait le conseil de surveillance de la multinationale, vraisemblablement pour défendre sa dernière proposition.

La nouvelle offre du câblo-opérateur est la suivante : 13,5 milliards d'euros seront versés en cash, avec un complément de prix éventuel de 750 millions d'euros ainsi que des actions de Numericable. Selon Vivendi, l'offre globale de Numericable a une valeur supérieure à 17 milliards d'euros. Le détail peut être consulté dans le tableau joint ci-dessous :

La décision de Vivendi va très certainement heurter Arnaud Montebourg, désormais ministre de l'économie, du redressement productif et du numérique, lui qui avait déjà critiqué le rachat par Numericable en évoquant une série de motifs extérieurs aux intérêts de Vivendi et cherché à faire pression sur les banques et veut mettre en branle les institutions de contrôle de la concurrence pour bloquer ce scénario.

Vivendi assure que l'offre de Numericable est satisfaisante à tous les niveaux

Vivendi, tout au long de son communiqué, a cherché à justifier son choix, notant qu'en matière d'emploi : "le projet industriel d’Altice/Numericable est celui qui garantit pleinement le développement de l’emploi dans la durée, notamment par les investissements qu’il implique", ce qui répond de fait "aux priorités affichées par le gouvernement".

Même son de cloche concernant le très haut débit, dans la mesure où, selon la multinationale, les positions de SFR-Numericable dans le très haut débit fixe et mobile "s’inscrivent dans la logique du plan France Très Haut Débit lancé en février 2013".

Concernant la concurrence, Vivendi veut croire que l'autorité administrative indépendante qui en a la charge n'y trouvera rien à redire. "Tous les experts consultés ont conclu que l’offre d’Altice/Numericable présente les risques les moins élevés en matière de concurrence. SFR et  Numericable ne sont pas présents sur les mêmes segments de marché et leurs activités sont complémentaires".

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