Dans la guerre des brevets que se livrent les constructeurs de smartphone, Apple et HTC ont signé un traité de paix avec un accord de licences réciproques portant sur les 10 prochaines années. Les deux y trouvent un intérêt. 

Apple a-t-il décidé de revenir aux fondamentaux et de se concentrer sur l'innovation à venir plutôt que la défense judiciaire de ses innovations passées ? La firme de Cupertino a annoncé ce week-end la conclusion d'un accord avec HTC, qui met fin à toutes les procédures judiciaires engagées entre HTC et Apple, et prévoit une licence réciproque pour des brevets actuels et futurs pour les 10 prochaines années. "Les termes de l'accord sont confidentiels", prévient le court communiqué.

En guise de commentaire, le président de HTC  Peter Chou s'est dit ravi que HTC puisse "se concentrer sur l'innovation plutôt que sur des procès", tandis que le président d'Apple Tim Cook a assuré que la firme "restera hautement concentrée sur l'innovation produit".

Il y a différentes manières d'interpréter l'accord. Quelques pistes :

  • HTC avait les moyens de faire interdire l'iPhone 5 aux Etats-Unis, grâce à des brevets portant sur la technologie 4G/LTE embarquée dans le nouveau smartphone d'Apple. La puissante Commission Internationale du Commerce (ITC) avait prévenu en septembre dernier que l'entreprise taïwanaise avait de sérieux arguments à faire valoir contre Apple. Dans le communiqué, Apple reconnaît implicitement qu'il doit lui aussi acheter des licences sur des technologies appartenant à HTC, l'accord étant dans les deux sens ;
  • HTC possédait des brevets vendus par Google pour l'aider dans son combat contre Apple. En signant un accord de licence, la firme de Cupertino neutralise l'action de son adversaire ;
  • HTC n'est plus un acteur majeur sur le marché des smartphones sous Android. La firme se positionne désormais sur les smartphones sous Windows Phone 8, qui pourraient aider Apple à limiter la très forte percée d'Android. Un non-dit de l'accord pourrait être que HTC s'éloigne effectivement du système d'exploitation de Google ;
  • HTC avait signé dès 2010 un accord de licence avec Microsoft, portant sur Android. Pour commercialiser des smartphones sous Android, HTC doit donc désormais payer à la fois Microsoft et Apple. Ce qui ne peut qu'encourager encore davantage HTC à changer de cheval pour préferer Windows Phone 8, dont les conditions financières proposées par Microsoft pourraient même être plus avantageuses qu'Android ;
  • En bénéficiant d'un accord de licences sur des brevets Apple, HTC pourra intégrer aux produits sous Windows Phone 8 des technologies auxquelles ses concurrents n'auront pas accès, en particulier Samsung. Le fabricant taïwanais y trouve donc un avantage concurrentiel direct.
  • Apple peut désormais se concentrer sur les deux procédures majeures en cours, dont les enjeux sont beaucoup plus importants. L'une contre Samsung, et l'autre contre Motorola Mobility, c'est-à-dire directement contre Google. 

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