Le Royaume-Uni a suspendu 3000 sites sans intervention du juge

Julien L. - publié le Vendredi 08 Avril 2011 à 10h33 - posté dans Société 2.0

Au Royaume-Uni, un débat s'est engagé sur les blocages effectués par le Nominet, le registre du domaine de premier niveau .uk. Jusqu'à présent, 3000 sites ont été suspendus sur demande de la police britannique. Or, aucun contrôle judiciaire n'est survenu au cours de ce processus. Les associations de défense s'alarment des pressions exercées sur le Nominet pour obtenir la suspension des domaines suspects.

Tout blocage réclamé par les autorités devrait toujours s'opérer avec le contrôle préalable d'un juge judiciaire, contrairement à ce que prévoit la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure. Avec la Loppsi 2, c'est en effet l'administration française qui fournira aux fournisseurs d'accès à Internet la liste des sites web à filtrer.

La France n'est cependant pas le seul payer à se passer de l'ordre judiciaire pour suspendre ou bloquer un domaine. Au Royaume-Uni, c'est la police qui se charge d'alerter le Nominet, le registre du domaine de premier niveau .uk, équivalent de l'AFNIC en France. Selon The Telegraph, le Nominet a déjà suspendu 3000 sites web à la demande de la police britannique.

Or, l'Open Rights Group souligne que ces mesures se déroulent sans aucune procédure formelle, même si un mécanisme d'appel a permis de réceptionner douze plaintes dont neuf ont été retenues. Toutefois, les voies de recours à posteriori ne permettent pas de réparer quoi que ce soit lorsque le mal est fait. Et surtout, seuls ceux ayant connaissance du blocage peuvent tenter d'obtenir le déblocage administratif du site.

Les pouvoirs du Nominet étant importants, l'organisme concentre sur lui toutes les exigences dans une position intenable. Les services de police pourraient tenir le registre du domaine de premier niveau pour responsable, en vertu du Proceeds of Crime Act, s'il ne suspend pas les sites web suspects dès lors qu'il a été alerté. Autrement dit, le Nominet n'a guère d'autres choix que de coopérer de gré ou de force.

L'Open Rights Group s'était déjà dressé l'an dernier contre le blocage des sites pédopornographiques. Selon l'organisation, un tel dispositif n'est rien d'autre qu'un cheval de Troie destiné à bloquer d'autres sites web. "Ce n'est pas pour la pornographie, c'est pour la censure généralisée à travers un cheval de Troie. Ce n'est pas une bonne façon de faire. Si le gouvernement contrôlait une liste noire de sites Internet, vous pouvez être sûr que Wikileaks se retrouverait dedans".

La saisie des noms de domaine peut également entraîner des dommages collatéraux importants. En février, les autorités américaines avaient saisi 10 sites web utilisés pour distribuer des contenus pédopornographiques. Parmi eux se trouvait Mooo.com, un service géré par FreeDNS offrant la possibilité aux internautes de créer un sous-domaine.

84 000 ont été créés par les internautes, et l'extrême majorité n'avait rien à voir avec l'objectif poursuivi par les autorités américaines. Or, lorsque ces dernières ont obtenu la saisie du nom de domaine principal, Mooo.com, cela a entrainé le surblocage en cascade de tous ces sous-domaines. Un problème connu depuis plusieurs années, en particulier en Australie où le filtrage des sites est également une mesure en vogue.

Publié par Julien L., le 8 Avril 2011 à 10h33
 
 
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Commentaires à propos de «Le Royaume-Uni a suspendu 3000 sites sans intervention du juge»
 

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La saisie des noms de domaine peut également entraîner des dommages collatéraux importants. En février, les autorités américaines avaient saisi 10 sites web utilisés pour distribuer des contenus pédopornographiques. Parmi eux se trouvait Mooo.com, un service géré par FreeDNS offrant la possibilité aux internautes de créer un sous-domaine.
Ce qui aurait été exactement la même chose si c'était un juge qui avait prononcé la saisie de ces noms de domaine.

Jusqu'à présent, 3000 sites ont été suspendus sur demande de la police britannique.
Et on peut avoir la typologie des sites suspendus pour juger des atteintes intolérables à la liberté d'expression ?
Et on peut avoir la typologie des sites suspendus pour juger des atteintes intolérables à la liberté d'expression ?

Dans tout système démocratique, une personne peut bénéficier d'un débat contradictoire ....

surtout si tu es soupçonné de terrorisme ou de pédophilie (c'est à la mode) ....
Ah ! La pédopornographie !
A croire que les pédophiles n'existaient pas avant Internet.
Et que c'est Internet qui leur permet de se multiplier, comme s'ils étaient contaminés par un virus diffusé par la toile uniquement...
La saisie des noms de domaine peut également entraîner des dommages collatéraux importants. En février, les autorités américaines avaient saisi 10 sites web utilisés pour distribuer des contenus pédopornographiques. Parmi eux se trouvait Mooo.com, un service géré par FreeDNS offrant la possibilité aux internautes de créer un sous-domaine.
Ce qui aurait été exactement la même chose si c'était un juge qui avait prononcé la saisie de ces noms de domaine.

Non, ça n'aurait pas été la même chose, ça aurait été fait dans les règles.
Je vois, je vois... Je vois une migration de tous les sites actuellement sous le giron de la possible censure par dégâts collatéraux migrer vers des cieux plus cléments...

C'est bien, qu'ils continuent, ce qu'ils oublient dans leur logique, c'est que lorsque tous ces sites auront trouvé le moyen de se mettre à l'abri de leur censure, non seulement ils perdront la possibilité de contrôle, mais en plus ils devront faire réellement quelque chose contre la pédo-pornographie, voire contre les pédophiles, ce qui sera un bien.

Les ' restrictions ' budgétaires, largement évoquées comme arguments, ne sont que des cache-misères pour permettre la mise en place des états policiers.
westlake, le 08/04/2011 - 10:40
Jusqu'à présent, 3000 sites ont été suspendus sur demande de la police britannique.
Et on peut avoir la typologie des sites suspendus pour juger des atteintes intolérables à la liberté d'expression ?

c'est a qui de juger des atteintes intolérables à la liberté d'expression ?
Quoi qu'il en soit, les sites de pédopornographie ont toujours une source, et c'est elle le véritable problème qui doit être régler.

C'est comme si un dealer affichait de la pub pour sa daube dans le quartier et que la police ne faisait qu'enlever la pub sans arrêter le dealer ... Cela ne va pas résoudre le problème !
westlake, le 08/04/2011 - 10:40
Jusqu'à présent, 3000 sites ont été suspendus sur demande de la police britannique.
Et on peut avoir la typologie des sites suspendus pour juger des atteintes intolérables à la liberté d'expression ?

c'est a qui de juger des atteintes intolérables à la liberté d'expression ?
a un juge, justement. et en l'absence de juge, ce qui est le cas ici, ça permet de se rendre compte de ce qui se passe réellement. t'as pas envie de savoir toi quel est le type de site bloqué, afin de tout simplement avoir une opinion? ou tu préfère ne pas savoir et faire l'autruche?
seth2040, le 08/04/2011 - 10:56
La saisie des noms de domaine peut également entraîner des dommages collatéraux importants. En février, les autorités américaines avaient saisi 10 sites web utilisés pour distribuer des contenus pédopornographiques. Parmi eux se trouvait Mooo.com, un service géré par FreeDNS offrant la possibilité aux internautes de créer un sous-domaine.
Ce qui aurait été exactement la même chose si c'était un juge qui avait prononcé la saisie de ces noms de domaine.

Non, ça n'aurait pas été la même chose, ça aurait été fait dans les règles.

Si ça aurai été la même chose vu que le juge se moque bien de savoir comment les sites vont être bloqués techniquement parlant. Cependant cet accident illustre bien la difficulté technique liée aux blocage des sites ce que mettait en avant le paragraphe de Numérama.
westlake, le 08/04/2011 - 10:40
La saisie des noms de domaine peut également entraîner des dommages collatéraux importa...
Ce qui aurait été exactement la même chose si c'était un juge qui avait prononcé la saisie de ces noms de domaine.
Pas forcément : un juge doit prononcer une peine proportionnée ce qui n'est pas le cas ici !
Aenor, le 08/04/2011 - 12:09
westlake, le 08/04/2011 - 10:40
La saisie des noms de domaine peut également entraîner des dommages collatéraux importa...
Ce qui aurait été exactement la même chose si c'était un juge qui avait prononcé la saisie de ces noms de domaine.
Pas forcément : un juge doit prononcer une peine proportionnée ce qui n'est pas le cas ici !

Et surtout s'assurer de ne pas condamner à la même peine le voisin ou le conjoint, voire le quartier tout entier...
"The fascist regime", et ça date pas d'hier.
Ne pas confondre la finalité/le résultat, des moyens utilisés pour y arriver. Le système judiciaire est là pour faire respecter la loi (qu'on la juge bonne ou pas c'est autre chose), faire respecter les devoirs mais aussi les droits des citoyens.

Dans les pays où la peine de mort est encore en vigueur, tu te vois tuer un type parce qu'il a commis un crime sous prétexte que le juge aurait pu condamner le même type à la peine de mort ? Après tout la finalité est la même...

Si tu veux régresser, si tu veux vivre dans un état sans séparation des pouvoirs, sans respect des droits du citoyen, qui bafoue allègrement des droits pour lesquels des gens se sont battus et sont mort, libre à toi mais moi ce n'est pas mon cas.
Bloquer un site internet litigieux c'est exactement comme si on interdisait à un citoyen de prendre des vols vers des pays non démocratiques. Donc je pose la question, à quand des interdictions de vol depuis la france vers la chine, la russie, la corée du nord, la libye, la colombie, l'argentine, le venezuela, la côté d'ivoire, l'algéri etc.....
Et si une telle loi existait il suffirait de passer par un pays intermédiaire pour arriver à ses fin. Pour le web ça marche de la même manière, on passe par un intermédiaire pour atteindre le site ciblé..... d'ou l'inutilité du blocage.
zorro3364, le 08/04/2011 - 11:14
westlake, le 08/04/2011 - 10:40
Jusqu'à présent, 3000 sites ont été suspendus sur demande de la police britannique.
Et on peut avoir la typologie des sites suspendus pour juger des atteintes intolérables à la liberté d'expression ?

c'est a qui de juger des atteintes intolérables à la liberté d'expression ?
a un juge, justement. et en l'absence de juge, ce qui est le cas ici, ça permet de se rendre compte de ce qui se passe réellement. t'as pas envie de savoir toi quel est le type de site bloqué, afin de tout simplement avoir une opinion? ou tu préfère ne pas savoir et faire l'autruche?

justement si, on est bien d'accord.
Ma crainte est que de telles mesures se banalisent et que, finalement, on n'en parle plus considérant que cela fait partie de la vie de tous les jours.
C'est que le Canard appelle la catastrophe molle (au sujet de Fukushima) : une réelle catastrophe (sanitaire, humaine, social, économique, écologique, financière et industrielle) mais dont les informations sont distillées progressivement, lentement afin de passer quasiment inaperçues (l'esprit humain se lasse vite) in fine.
On banalise la catastrophe.

À qui profite le crime ? Toujours aux mêmes.
db
Est on encore en democratie ?
Gourmet, le 08/04/2011 - 15:35
Ma crainte est que de telles mesures se banalisent et que, finalement, on n'en parle plus considérant que cela fait partie de la vie de tous les jours.

Exemple flagrant : la crise financière.
Kisame, le 08/04/2011 - 11:13
Quoi qu'il en soit, les sites de pédopornographie ont toujours une source, et c'est elle le véritable problème qui doit être régler.

C'est comme si un dealer affichait de la pub pour sa daube dans le quartier et que la police ne faisait qu'enlever la pub sans arrêter le dealer ... Cela ne va pas résoudre le problème !

Y'a qu'à plus faire d'enfants et on règle le probleme
seth2040, le 08/04/2011 - 10:56
La saisie des noms de domaine peut également entraîner des dommages collatéraux importants. En février, les autorités américaines avaient saisi 10 sites web utilisés pour distribuer des contenus pédopornographiques. Parmi eux se trouvait Mooo.com, un service géré par FreeDNS offrant la possibilité aux internautes de créer un sous-domaine.
Ce qui aurait été exactement la même chose si c'était un juge qui avait prononcé la saisie de ces noms de domaine.

Non, ça n'aurait pas été la même chose, ça aurait été fait dans les règles.

Parce que tu penses vraiment qu'un juge y connaît davantage qu'une autorité administrative composée essentiellement de techniciens.

Le juge aurait dit "coupez-moi ce site Web" et les techniciens auraient merdé exactement de la même manière.

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