84 000 sites bloqués par erreur dans la lutte contre la pédo-pornographie
Julien L. -
publié le Jeudi 17 Février 2011 à 12h08 -
posté dans Société 2.0
![]() C'est un dommage collatéral conséquent. En obtenant de la justice le droit de saisir dix noms de domaine engagés dans la distribution de contenus pédo-pornographiques, les autorités américaines ont bloqué par erreur 84 000 autres sites. Preuve que si la lutte contre la pédo-pornographie est nécessaire, elle doit être menée avec les bonnes armes.
L'affaire est racontée par Torrentfreak. Comme dans les précédentes interventions de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), une agence fédérale gérée par le département de la sécurité intérieure, un juge américain a signé le mandat de saisie contre ces dix sites. L'ICE a ensuite contacté les registres de noms de domaine concernés pour intervenir. Sauf que les autorités américaines ont frappé beaucoup trop fort. Le nom de domaine mooo.com, qui se trouve relié à FreeDNS (un fournisseur de service DNS), a également été saisi. Or, mooo.com est utilisé par de nombreux sous-domaines : 84 000. L'avertissement publié sur les sites suspectés de diffuser de la pédo-pornographie s'est donc retrouvé sur des dizaines de milliers d'autres sites. Dans son communiqué victorieux, le département de la sécurité intérieure ne fait évidemment pas mention de cet incident. Or, celui-ci a touché des sites aussi divers que des blogs, des pages personnelles, des sites de commerce électronique et même des miroirs dédiés à Wikileaks, comme l'indique un internaute dans les commentaires de Torrentfreak. Si la lutte contre la pédo-pornographie est absolument nécessaire, encore faut-il utiliser les bons outils. Certes, il est tout à fait possible qu'une erreur humaine soit à l'origine de cet incident. Mais il doit être l'occasion pour les gouvernants de bien comprendre les risques du blocage. C'était d'ailleurs le message de la Fédération Française des Télécoms (FFT) avec leur étude d'impact sur le filtrage. Comme nous l'écrivions alors, le filtrage entraînera inévitablement des dommages collatéraux. Si celui-ci est trop grossier, le risque de surblocage est alors immense. S'il veut être très précis, il sera alors très compliqué à mettre en œuvre techniquement dans des coûts supportables. D'autant qu'il existe de nombreuses méthodes efficaces permettant de contourner ces mesures. Cela peut aller de l'installation de sites miroirs au changement régulier d'adresse IP, en passant par les serveurs mandataires (proxy), les réseaux anonymes comme TOR, l'utilisation de DNS tiers ou les contournements de types fast-flux. Devant autant de techniques prêtes à être utilisées, la solution idéale est le retrait des contenus à la source. L'association des industriels allemands de l'Internet, l'ECO, a montré l'an dernier que la suppression des contenus pédo-pornographiques à la source était autrement plus efficace que le simple blocage au niveau des opérateurs ou la saisie de noms de domaine. Des contenus pédo-pornographiques présents sur des serveurs allemands ont pu ainsi être retirés en une journée. à lire aussi
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Commentaires à propos de «84 000 sites bloqués par erreur dans la lutte contre la pédo-pornographie»
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Ezmo
le 17/02/2011 à 12:12
La preuve par A+B que les blocages sont dangereux le mieux reste la suppression du site
et encore mieux la traque des prédateurs sexuels ...
Oui je sais çà prends du temps, c'est cher et pas spectaculaire ... donc difficilement vendable au journal de TF1 .... Comme quoi, que la décision soit administrative ou judiciaire, cela ne change strictement rien aux erreurs techniques.
stacato, le 17/02/2011 - 12:25 Comme quoi, que la décision soit administrative ou judiciaire, cela ne change strictement rien aux erreurs techniques.On voit surtout qu'il faut absolument que la liste des sites bloqués soit connue. eax13, le 17/02/2011 - 12:43 Ah merde, je croyais que c'était en France. Dommage àa va pas trop tarder à mon avis C'est bien dans la mentalitée actuel de tirer sur une sourie à la bombe H en plein milieu d'une ville puis se vanté d'avoir tuer la sourie sans voir le reste à coté
Je me faisais la réflexion hier soir : le contrôle technologique prôné et mis en place par les gouvernements, mais aussi par certaines entités privées, conduit immanquablement à un risque d'erreur, et permet en toute hypothèse la censure.
Le parallèle à faire est simple, il concerne la Loppsi2 d'un côté, et Facebook de l'autre. La Loppsi2 permet le filtrage administratif, et conduit à des erreurs telles que celle illustrée par l'article ci-dessus, avec 84.000 sites bloqués. On passe sur les problèmes de liberté d'expression, clairement exprimés plus d'une fois contre la Loppsi, mais aussi les dommages économiques et techniques que ça peut provoquer. On ne compte plus le nombre de boîtes dont la survie, mois après mois, ne dépend que de leur site internet. On rappelle juste que la justification des promoteurs de Loppsi2, en ce qui concerne le filtrage, c'est la lutte contre la pédopornographie, dont la protection des enfants. Prenons maintenant Facebook, qui a récemment sanctionné un compte qui avait publié une photo de "l'Origine du Monde", la toile de Courbet. Facebook, en gros organisme inculte comme seules les USA en produisent à ce niveau, se justifie en expliquant qu'il s'agit pour eux de "protéger les enfants naviguant sur Facebook". Une nouvelle fois, la protection des enfants est donc utilisée pour justifier ce qui est une censure. D'abord, en sont victimes les contenus que les censeurs incultes ne connaissent pas, bien qu'ils n'aient rien non seulement d'illicite, mais rien non plus de pornographique. Ensuite, on constate dans les deux cas que la "protection de l'enfance" permet de mettre en place des dispositifs, légaux ou simplement conventionnels, à l'usage des états, mais aussi des sociétés privées, qui conduisent à une forme de censure. Passive, mais toute censure passive peut devenir active. Donc, l'enfant, il a le dos large, mais va falloir arrêter de l'invoquer pour justifier des mesures qui sont clairement, indiscutablement, et concrètement, liberticides. stacato, le 17/02/2011 - 12:25 Comme quoi, que la décision soit administrative ou judiciaire, cela ne change strictement rien aux erreurs techniques.Si c'est judiciaire, le pauvre propriétaire du site bloqué à tort, pourra contacter quelqu'un, avoir des infos. Si c'est adminsitratif, dans 10 ans, ton site est encore bloqué et ta société en faillite depuis longtemps ! Sans compter la demande de dommages et interets 2011-02-13 19:16:12
It looks like service to mooo.com has just been restored. As a reminder, it may take as long as 3 days to fully be restored across the entire internet, (172800 glue TTL + 86400 A TTL). source : http://freedns.afraid.org/news/ ça fait 172800 sous-domain et 86400 domain A, c'est potentiellement 259200 site bloquer !! stacato, le 17/02/2011 - 12:25 Comme quoi, que la décision soit administrative ou judiciaire, cela ne change strictement rien aux erreurs techniques.Encore un qui va condamner le marteau plutôt que celui qui tient le marteau.... Inversons le raisonnement simpliste et demago de Stacato (c'est son rôle remarquez... Faire la marionnette UMP et faire de la désinformation en criant à la manipulation etc.. etc...) Et si la technique ne se contentait de faire ce qui est à l'origine déjà une erreur et une aberration technique ? Quand on dit à un tech de faire une connerie, il la fait... C'est le tech qui est responsable de la connerie ? Mais c'est vrai peut importe les moyens, "Cachez ce sein que je ne saurais voir"... tout est là Or, mooo.com est utilisé par de nombreux sous-domaines : 84 000. L'avertissement publié sur les sites suspectés de diffuser de la pédo-pornographie s'est donc retrouvé sur des dizaines de milliers d'autres sites.
Ce serait ballot qu'ils aient bloqué un site éducatif ou pour les droits de l'enfant ou encore anti-pédophilie dans le tas. J'imagine la gueule des visiteurs en arrivant sur le site.
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