Accueilli comme le messie par les éditeurs de presse qui y voyaient leur sauveur, l'iPad ne tient pas ses promesses pour les ventes de journaux sous forme d'applications. En tout cas, les ventes de magazines pour iPad aux Etats-Unis sont en baisse, malgré le nombre impressionnant de tablette tactiles achetées par les Américains.

C’est la soupe à la grimace chez les éditeurs de presse qui pensaient miser sur l’iPad pour relancer leurs ventes. Tout d’abord, alors que plusieurs journaux avaient annoncé d’une même voix que les tablettes tactiles étaient LE cadeau tendance de la fin 2010 (un conseil totalement désintéressé bien sûr…), Orange a annoncé n’avoir écoulé que 30 000 tablettes, avec 21 000 iPad vendus et 9 000 Galaxy Tab. Une mauvaise en soi pour les éditeurs de presse qui pensaient que le père Noël allait leur faire conquérir de nouveaux clients en masse pour leurs applications.

Mais il y a une autre mauvaise nouvelle, relayée beaucoup plus discrètement, qui témoigne d’un véritable problème de fond. Aux Etats-Unis, où l’iPad s’est au contraire très bien vendu, avec 8,5 millions d’exemplaires écoulés en 2010, les ventes des versions tablette des magazines ne décollent pas. Pire, elles reculent.

Le magazine Wired, véritable porte-drapeau de l’iPad dans les premières heures, est passé de 100 000 exemplaires vendus en juin 2010 lors du lancement de sa version tablette à seulement 23 000 en novembre. Vanity Fair est passé de 10 000 téléchargements en août à 8 700 en novembre. Glamour de 4 300 ventes en septembre à moins de 2 800 en novembre. Tendance moins lourde pour QG, qui passe de 13 000 pour son édition de mai 2010 à 11 000 en fin d’année. Enfin Men’s Health passe de 2800 en avril à 2000 en octobre.

Evidemment, il ne faut pas s’en étonner, même si l’ampleur de l’échec est surprenant. Sur le fond, l’erreur est d’avoir cru qu’un changement de contenant allait permettre de vendre davantage de contenu. « Les innombrables éditoriaux enthousiastes des patrons de presse n’y feront rien. L’iPad ne sauvera pas les journaux. Au mieux donnera-t-il quelques temps à la presse l’illusion d’avoir un nouveau modèle économique, alors qu’elle n’aura qu’un nouveau support qui deviendra demain aussi banal que le journal papier. Ce qui sauvera la presse ça n’est pas le contenant, mais le contenu« , écrivions-nous en mai 2010, lors du lancement de l’iPad. « Une belle interface sur une jolie tablette tactile fera certainement sensation, mais elle ne résoudra en rien la crise structurelle d’une presse qui doit profondément remettre en question sa mission« .

Au final, l’échec de la presse sur iPad pourrait être une bonne nouvelle pour la presse elle-même… mais encore faut-il en prendre conscience.

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