Lors d'une conférence à Genève, la Haute Commissaire en charge des droits de l'Homme à l'ONU a considéré que les pressions sur Wikileaks pouvaient s'apparenter à une forme de censure. Plusieurs sociétés sont allées dans le sens des gouvernements occidentaux en bloquant les transactions financières vers Wikileaks ou en refusant d'héberger le site web.

La controverse sur la fuite des 251 000 câbles diplomatiques américains est en train de gagner peu à peu les couloirs de l’Organisation des Nations Unies. La Haute Commissaire en charge des droits de l’Homme à l’ONU, la Sud-Africaine Navanethem Pillay, a déclaré ce jeudi que les pressions autour de Wikileaks « peuvent être interprétées comme une tentative de censure contre la publication de l’information« .

Je suis préoccupée par les informations indiquant que des pressions sont exercées sur des entreprises privées incluant des banques et des sociétés de carte de crédit pour couper les lignes de crédit pour des dons destinés à Wikileaks » a-t-elle indiqué lors d’une conférence à Genève. La Haute Commissaire a également évoqué le rôle de certaines entreprises qui ont mis fin à l’hébergement de Wikileaks.

Sans désigner précisément les entreprises ployant sous la pression des autorités américaines et européennes, la réaction de Navanethem Pillay cible Amazon – qui a interrompu l’hébergement de Wikileaks au motif que les documents révélés mettent en danger la vie d’autrui – mais aussi PayPal, MasterCard ou encore la banque poste suisse PostFinance qui ont bloqué les transactions financières destinées à Wikileaks.

Actuellement détenu au Royaume-Uni, le porte-parole de Wikileaks, Julian Assange, pourrait être prochainement extradé vers la Suède, où il est poursuivi par deux femmes pour « sexe par surprise« , voire aux États-Unis, où il pourrait être poursuivi et condamné selon les dispositions de l’Espionage Act. Des élus américains accusent même Julian Assange de terrorisme et d’espionnage au regard de la gravité des divulgations.

En France, le ministre en charge de l’économie numérique a fait appel à ses services pour trouver le moyen de reconduire, en quelque sorte, Wikileaks à la frontière numérique française. En clair, Eric Besson a demandé au Conseil général de l’Industrie, de l’Energie et des Technologie (CGIET) de trouver un moyen légal d’interdire l’hébergement de Wikileaks en France.

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