OVH : la justice ne se prononce pas sur l'hébergement de Wikileaks
Julien L. -
publié le Mercredi 08 Décembre 2010 à 16h10 -
posté dans Société 2.0
![]() La justice française n'a pas réussi à se prononcer sur l'hébergement de Wikileaks par OVH. À Lille et à Paris, les juges ont rejeté les requêtes formulées par l'hébergeur français.
Le tribunal lillois a indiqué "qu'il n'appartient pas au président du tribunal, saisi sur requête, hors toute instance liée entre des parties, de dire si la situation décrite est ou non constitutive d'un trouble manifestement illicite". "Il appartient en revanche à la société requérante (OVH, ndlr), si elle estime que sa responsabilité peut être engagée, d'elle-même suspendre l'hébergement des sites Wikileaks, sous nécessité d'une autorisation judiciaire pour ce faire" poursuit l'ordonnance. Le TGI de Paris considère qu'OVH "ne démontre pas en tout état de cause les éléments fondant de déroger au principe du contradictoire, alors de plus que [l'hébergeur] doit être en mesure, conformément aux prescriptions de la LCEN, de communiquer les données de nature à permettre l'identification de l'auteur ayant contribué à la création du contenu litigieux". Sujet publié le 07 décembre - Le statu quo est pour l'instant maintenu. Alors que l'hébergement de Wikileaks par OVH agace la classe politique française, à commencer par le ministre Éric Besson, la justice n'a pas encore pu se prononcer sur la légalité du site lanceur d'alerte sur le territoire français. C'est ce qu'a expliqué lundi soir le directeur général d'OVH Octave Klaba dans un message publié sur le forum officiel de la société. Vendredi, OVH avait d'abord envisagé de saisir le juge des référés pour qu'il se prononce rapidement sur l'avenir de Wikileaks en France. La société spécialisée dans l'hébergement avait d'ores et déjà prévenu qu'elle se plierait à la décision du juge, qu'elle soit favorable ou non au site web. "Rejetons la demande, la société OVH ne justifiant pas de la nécessité pour elle d'obtenir une autorisation judiciaire pour suspendre l'hébergement du site internet www.wikileaks.ch" indique (.pdf) l'ordonnance du tribunal de grande instance de Lille. Sur le forum, Octave Klaba a précisé que la requête avait été "simplifiée" au maximum, dans la mesure où "le juge s'est prononcé à 17h30" alors que la requête a été déposée à 16h. Suite à cette première requête, OVH en a présenté deux autres devant les tribunaux de grande instance de Lille et de Paris. Cependant, " le juge de Lille a confirmé sa décision de vendredi" malgré la présentation d'une "requête complète (.pdf) avec toutes les pièces nécessaires", a regretté Octave Klaba, qui a indiqué que les motivations précises du juge seront communiquées aujourd'hui. Du côté de la procédure initiée à Paris, le juge "a dit que l'affaire était complexe et a demandé que la requête soit plaidée auprès du premier vice-président du TGI de Paris" a raconté le directeur général d'OVH. "Ça a été fait. Il était d'avis que notre demande devait être rejetée, mais a demandé l'avis du président du TGI de Paris qui lui n'était pas de cet avis". "Ce dernier a renvoyé le dossier auprès du premier juge qui, après réflexion, a rejeté notre demande (.pdf) au motif qu'un tel dossier nécessitait un débat contradictoire. Nous n'avons pas encore le document signé de sa main. Nous l'aurons demain (aujourd'hui, ndlr) et nous allons le publier" a-t-il précisé, en ajoutant ne pas être surpris par les décisions rendues. Suite à ces trois rejets, Éric Besson a estimé que "la justice n'a pas voulu autoriser l'hébergement d'un tel en France. C'est une bonne nouvelle pour tous ceux qui sont choqués par les activités irresponsables du site Wikileaks". Une lecture qui peut surprendre, puisque la justice n'a en réalité ni autorisé ni interdit l'hébergement de Wikileaks par OVH. Depuis la semaine dernière, le ministre en charge de l'économie numérique cherche le moyen de bannir Wikileaks de France. Jeudi, Éric Besson a écrit au Conseil Général de l'Industrie, de l'Energie et des Technologies (CGIET) en affirmant que "la France ne peut héberger des sites Internet qui violent ainsi le secret des relations diplomatiques et mettent en danger des personnes protégées par le secret diplomatique". "On ne peut héberger des sites Internet qualifiés de criminels et rejetés par d'autres Etats en raison d'atteintes qu'ils portent à leurs droits fondamentaux" avait-il écrit, demandant au CGIET de trouver tous les moyens juridiques et techniques pour expulser Wikileaks hors de France. Selon Octave Klaba, trois cas de figure devraient se profiler. Soit une personne fait "une notification de contenu manifestement illicite auprès de l'hébergeur, en la justifiant avec les fondements légaux pour que ce dernier procède au retrait de ce contenu". C'est l'une des dispositions de la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN). Soit un individu "assigne en référé notre client. Une discussion contradictoire pourra avoir lieu et le juge pourra se prononcer". Enfin, il faut qu'une personne "saisisse le juge des référés et demande de censurer le site sur le territoire français. C'est une procédure vraiment exceptionnel. Il y a un précédent dans l'histoire de la justice avec l'affaire relative au site "aaargh". Avec les sites sur les jeux, cette procédure commence à être utilisée". Avec les résultats que l'on connaît. à lire aussi
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Commentaires à propos de «OVH : la justice ne se prononce pas sur l'hébergement de Wikileaks»
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Maxxx
le 07/12/2010 à 09:33
Ne pas se prononcer équivaut à un refus de sanctionner pour le coup. Donc le site peut rester légalement hébergé en France et continuer à shooter dans la fourmilière
Vendredi, OVH avait d'abord saisi le juge des référés pour qu'il se prononce rapidement sur l'avenir de Wikileaks en France.
Non, c'est faux. Ce n'est pas ce que dit OVH : "Nous n'avons pas fait la procédure en référé, car elle demande qu'une partie assigne en justice une autre partie. En suite seulement le débat contradictoire peut avoir lieu et le juge peut se prononcer. Comme Ovh n'est ni pour ni contre ce site, nous n'avons pas à assigner notre client." Néanmoins, la requête a été rejetée au motif qu'elle était incomplète au regard du dossier.
Ce n'est pas la requête en référé (vu qu'elle n'a pas été formulée) mais la requête auprès du TGI de Lille. Est-ce qu'il serait possible que Numerama recueille l'information à la source et ne se contente pas de recopie approximative d'articles erronés ? http://forum.ovh.com...ead.php?t=65710 Dans la mesure où tout ce qui n'est pas interdit est autorisé, Wikileaks a le droit d'être hébergé en France, et ceci jusqu'à preuve du contraire par une juridiction compétente. Donc Besson est dans le faux (mais nous savons tous que la présomption d'innocence n'est pas le fort de notre chère ($$$) gouvernement)
ColdFire Dans la mesure où tout ce qui n'est pas interdit est autorisé, Wikileaks a le droit d'être hébergé en France, et ceci jusqu'à preuve du contraire par une juridiction compétente. Donc Besson est dans le faux (mais nous savons tous que la présomption d'innocence n'est pas le fort de notre chère ($$$) gouvernement)
ColdFire tout ce qui n'est pas interdit est autorisé jusqu'à ce que l'interdiction soit votée au parlement (car cela contrevient à la morale de la sainte inquisition umpiste)... les contrevenants s'exposent donc à des poursuites par la suite (qui seraient rétroactives afin de les laver de leurs péchés), il leur revient donc de s'informer sur ce qui potentiellement pourrait être interdit rapidement afin de se protéger. on est france, on est sous l'ère sarkozy mon poto ! tout à changé, c'est minority report maintenant ! ps : la honte la grosse pub IE 9... numérama le site schizo qui prône le libre et l'ouverture et qui fait de la pub pour le pire des navigateurs....
moi ce qui m'agace c'est de voir dormir des gens dans la rue et en mourrir, alors Mr BESSON wikileaks si vous saviez.... ca ma dérange pas moi.. je mettrais mon énergie ailleurs que la dessus...
pleindeuss, le 07/12/2010 - 10:26
tout ce qui n'est pas interdit est autorisé jusqu'à ce que l'interdiction soit votée au parlement (car cela contrevient à la morale de la sainte inquisition umpiste)... les contrevenants s'exposent donc à des poursuites par la suite (qui seraient rétroactives afin de les laver de leurs péchés), il leur revient donc de s'informer sur ce qui potentiellement pourrait être interdit rapidement afin de se protéger. on est france, on est sous l'ère sarkozy mon poto ! tout à changé, c'est minority report maintenant ! C'est vrais ! Il y a déjà eu un précédent notamment avec l'appel d'offre pour la construction du stade de France qui était illicite et qui par la magie d'une loi s'est retrouvé rétroactivement licite... Et ce n'était pas encore Sarko à l'époque. ColdFire C'était évident qu'OVH n'avait pas à saisir de juge, au pire de dire au Besson de le faire au mieux de lui dire d'arrêter un peu de dire des conneries.
pleindeuss, le 07/12/2010 - 10:27 ps : la honte la grosse pub IE 9... numérama le site schizo qui prône le libre et l'ouverture et qui fait de la pub pour le pire des navigateurs....Sinon j'aime bien la réaction de Besson. Il a de sérieux problèmes de compréhension en Français...heureusement qu'il n'est pas le ministre de l'éducation.... "On ne peut héberger des sites Internet qualifiés de criminels et rejetés par d'autres Etats en raison d'atteintes qu'ils portent à leurs droits fondamentaux" et hadopi ne baffou telle pas nos droit fondamentaux
Goldy, le 07/12/2010 - 10:36 C'était évident qu'OVH n'avait pas à saisir de juge, au pire de dire au Besson de le faire au mieux de lui dire d'arrêter un peu de dire des conneries.C'est plus une mesure préventive pour qu'OVH ne soit pas inquiété de quelque façon que ce soit (juridique, mais aussi faire cesser les pressions à son encontre). On ne pourra pas accuser OVH d'avoir pris parti dans cette affaire. OVH reste neutre et donc dans son bon droit, puisqu'un juge (même plusieurs) à été saisis de la question. ColdFire pleindeuss, le 07/12/2010 - 10:27 ps : la honte la grosse pub IE 9... numérama le site schizo qui prône le libre et l'ouverture et qui fait de la pub pour le pire des navigateurs....C'est vrai qu'elle n'est pas discrète la pub pour Internet Explorer 9. Et légèrement mensongère puisqu'elle ne signale pas que c'est juste une bêta. Mais c'est vrai aussi que malgré tous leurs grands principes vertueux, il faut bien que les blogueurs de Numerama bouffent. Cela dit, n'ayant jamais utilisé IE9, je suis absolument incapable de dire que c'est le "pire des navigateurs" (sic). Et toi, qu'est-ce que tu lui reproches ? "C'est une bonne nouvelle pour tous ceux qui sont choqués par les activités irresponsables du site Wikileaks"
Sinon la disparition "tragique" d'Eric Besson serait une bonne nouvelle pour tous ceux qui sont choqué par sont attitude dictatorial. N'est ce pas possible de porter plainte contre ce M. Besson qui viole en toute impunité et la présomption d'innoncence de Wikileaks et l'Article 432-4 du Code Pénal ?
Je rajouterai que puisque la justice n'a pour le moment pas interdit l'hébergement du site Wikileaks, c'est donc qu'elle l'autorise, le principe en France étant la Liberté général et seulement la loi peut y mettre des exceptions J'avais déjà relayé l'information Hier sur le précédent post de numérama ou je me suis exprimé à pls reprise, mais contrairement à bcp d'internautes, je ne comprend toujours pas la démarche d'OVH. Je continu à penser que ce n'était pas à eux de s'auto-proclamer demandeur auprès de la justice pour qualifier le caractère licite ou non de WiKileaks. Surtout si elle n'est ni pour ni contre elle-même (je me répète encore). Démarche pas claire, et communication fermée sur le sujet.
lot, le 07/12/2010 - 15:17 J'avais déjà relayé l'information Hier sur le précédent post de numérama ou je me suis exprimé à pls reprise, mais contrairement à bcp d'internautes, je ne comprend toujours pas la démarche d'OVH. Je continu à penser que ce n'était pas à eux de s'auto-proclamer demandeur auprès de la justice pour qualifier le caractère licite ou non de WiKileaks. Surtout si elle n'est ni pour ni contre elle-même (je me répète encore). Démarche pas claire, et communication fermée sur le sujet.Ce qu'ils voulaient surtout c'est que ca ne leur retombe pas dessus comme quoi d'un côté ils n'ont rien fait pour faire retirer le site (si il est finalement illégal) ou de l'autre côté d'avoir retiré le site qui était légal, ainsi aucune des deux parties (l'état ou wikileaks) ne pourra se plaindre de OVH, qui s'en tient strictement à la loi, ni plus, ni moins, si la loi ne l'interdit pas, alors le site et légal et l'hébergement aussi (si par contre OVH retirais wikileaks sans base légale, ils pourraient être attaqués en justice pour non respect du contrat). Démarche tout à fait logique pour s'en tenir à la loi. lot, le 07/12/2010 - 15:17 J'avais déjà relayé l'information Hier sur le précédent post de numérama ou je me suis exprimé à pls reprise, mais contrairement à bcp d'internautes, je ne comprend toujours pas la démarche d'OVH. Je continu à penser que ce n'était pas à eux de s'auto-proclamer demandeur auprès de la justice pour qualifier le caractère licite ou non de WiKileaks. Surtout si elle n'est ni pour ni contre elle-même (je me répète encore). Démarche pas claire, et communication fermée sur le sujet.Ce qui était pas clair, c'est la démarche du ministre Eric Besson. donc OVH saisit la justice, suite aux déclarations du ministre, pour savoir s'ils ont le droit ou pas... cela me semble limpide, non ?
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