Le généticien Albert Jacquard attaque le concept de propriété intellectuelle

Julien L. - publié le Lundi 06 Décembre 2010 à 15h03 - posté dans Société 2.0

Suite à la rencontre "Garantir les libertés publiques pour préserver les biens communs", le collectif Libre Accès a entrepris un travail visant à donner la parole aux artistes et aux chercheurs opposés au principe de la propriété intellectuelle, comme le généticien Albert Jacquard.

Ancien membre du comité consultatif national d'éthique, le généticien Albert Jacquard s'est exprimé à plusieurs reprises contre la privatisation et l'exploitation commerciale du vivant. Aussi, lorsque le collectif Libre Accès s'est entretenu avec lui au sujet de la propriété intellectuelle, Albert Jacquard s'est montré très critique, estimant que derrière la propriété intellectuelle "se cache le désir de tromper".

Cet entretien s'inscrit dans une démarche plus large initiée par le collectif Libre Accès, qui cherche à combattre un glissement sémantique en faveur des ayants droit. "Il est vital que les citoyens, et à plus forte raison leurs représentants, n'emploient pas le vocabulaire créé par les lobbies des grandes multinationales" prévient le collectif dans son communiqué.

"C’est autour de l’intervention de Richard Stallman (fondateur du mouvement du logiciel libre), dénonçant l’expression 'propriété intellectuelle' lors de la rencontre Garantir les libertés publiques pour préserver les biens communs, qu’il nous a semblé utile de faire réagir ceux participant à la préservation des "biens communs" de l’humanité, tel le généticien Albert Jacquard" explique Libre Accès.

Auparavant, le collectif a organisé ses propres assises de la création en 2009, en réaction à celles organisées par l'ancien porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefèbvre. Libre Accès est également à l'origine du festival annuel des Arts Libres à Paris, évènement auquel Numerama est partenaire.

Publié par Julien L., le 6 Décembre 2010 à 15h03
 
 
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Commentaires à propos de «Le généticien Albert Jacquard attaque le concept de propriété intellectuelle»
 

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:bienvu: Très bon article !

C'est vrai que être propriétaire d'un truc non matériel, c'est fort, et la mise en application d'un concept aussi tordu a montré ses limites.
Il faut flinguer la PI.

C'est un frein à notre évolution, et ça risque de causer des situations assez étranges.

Des gènes brevetés...
Waouh. C'est clair. Limpide. Efficace.
Désolé, je n'ai pas pu résoudre mon problème de math, j'ai pas pu payé ma licence mensuel sur les intégrales de Fourier. :)
Et as-tu payé des royalties pour pouvoir utiliser l'alphabet et poster ton message ? ;)
kob, le 06/12/2010 - 15:22
Il faut flinguer la PI.

C'est un frein à notre évolution, et ça risque de causer des situations assez étranges.
Sans PI, nettement moins de recherche privée.
Pour flinguer la PI, il est nécessaire de nationaliser la recherche dans tous les domaines. Ce qui veut également dire que les gouvernements auront toute puissance dans les orientations technologiques.

Cela ouvre certains avantages et certains inconvénients. Je ne sais pas quoi souhaiter.

A noter: la PI n'est de toute façon que temporaire et limitée. Les exemples ci-dessus sont mal choisis: alphabet et Fourrier ne seraient de toute façon plus soumises à ce régime. Et pour les gènes, ce ne sont pas ceux-ci qui sont brevetés mais les techniques employées.
Et hop on fait le grand pas qui consiste à bien tout melanger propriété intellectuelle, brevet droit d'auteur etc...
pouf pouf, ni vu ni connu, tout dans le meme sac hop la je t'embrouille.
Quand on rencontre quelqu'un et qu'on échange chacun un objet, on repart chacun avec un objet.
Quand on rencontre quelqu'un et qu'on échange chacun une idée, on repart chacun avec deux idées.
Quand on rencontre quelqu'un et qu'on échange chacun un objet on repart chacun avec un objet.
Quand on rencontre quelqu'un et qu'on échange chacun une idée on repart chacun avec deux idées.

Le principe de propriété intellectuelle consiste à prendre des idées pour des objets. Or une idée n'est pas un objet. Une idée se partage, pas un objet.
Imaginez un instant que l'alphabet soit un concept de la propriété intellectuelle. Pour pouvoir écrire sur ce forum ça couterait cher.
Il est clair que la propriété intellectuelle est un idéal destiné à asservir le peuple et à exploiter celui-ci sous pretexte qu'il faut protéger les idées. Je suis assez d'accord avec ce monsieur.
Toutefois je ne suis pas pour la suppression de la PI, mais de la réduction drastique de sa durée de vie, qui est à proprement halluccinante. Il faut que les créateurs soient payés pour leur travail, même si comme le dit ce généticien, on ne peut jamais être sur a 100% qu'on a eu l'idée avant un autre. Mais le droit d'auteur doit etre ramené à 10 ans pour la musique et 5 ans pour le cinéma. Ensuite cela appartient à tout le monde, ce qui est logique, car à partir du moment où l'on commercialise une idée, celle-ci ne vous appartient plus. Elle appartient à tous.
Mais aller faire comprendre ça aux ayants-droits.
Sans PI, nettement moins de recherche privée.
Pour flinguer la PI, il est nécessaire de nationaliser la recherche dans tous les domaines. Ce qui veut également dire que les gouvernements auront toute puissance dans les orientations technologiques.
Pas tout à fait, parce qu'effectivement sans PI moins de recherche privée (voire plus du tout par définition), mais au contraire toutes les boîtes privées auraient accès à toutes les recherches de tout le monde. Donc on évite de réinventer la roue quand elle existe... et au final, moins de recherche oui, mais beaucoup (mais alors beaucoup, surtout si on développe un moyen d'avoir une vue pratique sur toutes les avancées) plus d'avancées utiles, et surtout beaucoup plus de réactivité dans celle-ci.
WickedFaith, le 06/12/2010 - 15:50
A noter: la PI n'est de toute façon que temporaire et limitée. Les exemples ci-dessus sont mal choisis: alphabet et Fourrier ne seraient de toute façon plus soumises à ce régime.
Les théorèmes et méthodes mathématiques ne sont a priori pas brevetables (et c'est heureux).

WickedFaith, le 06/12/2010 - 15:50
Et pour les gènes, ce ne sont pas ceux-ci qui sont brevetés mais les techniques employées.
Et breveter toutes les techniques connues autour d'un gène revient grosso modo à breveter le gène...

Ce qui me débecte également, c'est de pouvoir breveter des méthodes de dépistage ou d'examens dans un but thérapeutique : résultat, les hôpitaux doivent payer des royalties sous peine d'être dans l'incapacité juridique de soigner des gens...

Nicobi, le 06/12/2010 - 15:53
Et hop on fait le grand pas qui consiste à bien tout melanger propriété intellectuelle, brevet droit d'auteur etc...
pouf pouf, ni vu ni connu, tout dans le meme sac hop la je t'embrouille.
Et hop je te sors un commentaire sans l'ombre d'un argument, pouf pouf ni vu ni connu... :rolleyes:
Youpiyoo, le 06/12/2010 - 16:04
Il faut que les créateurs soient payés pour leur travail, même si comme le dit ce généticien, on ne peut jamais être sur a 100% qu'on a eu l'idée avant un autre. Mais le droit d'auteur doit etre ramené à 10 ans pour la musique et 5 ans pour le cinéma. Ensuite cela appartient à tout le monde, ce qui est logique, car à partir du moment où l'on commercialise une idée, celle-ci ne vous appartient plus. Elle appartient à tous.
Mais aller faire comprendre ça aux ayants-droits.

En fait je serais encore un peu plus radical sur les durées ça me semble correct, mais sinon, je pense qu'il faut payer "cher" à la communauté le droit de protéger une oeuvre pendant une durée très limités, ou alors rendre obligatoire une licence qui va decrescendo suivant une fonction basée sur le temps et le nombre de licence déjà accordés.

Les gains à court termes serait anéantis en fait mais sur le long terme cela serait vraiment bénéfique à tous. Entretenir la pénurie est un jeu très dangereux qui peut mener a bien des débordements.
CounterFragger, le 06/12/2010 - 16:14
Et breveter toutes les techniques connues autour d'un gène revient grosso modo à breveter le gène...
"breveter toutes les techniques connues autour d'un gène" n'a pour moi aucune signification.
Et de toute façon ça ne permet pas de breveter les gènes que nous avons "naturellement", juste ceux qu'on rajoute, par ingénierie génétique qui est comme n'importe quelle industrie.

Ce qui me débecte également, c'est de pouvoir breveter des méthodes de dépistage ou d'examens dans un but thérapeutique
Ca oui... mais on en revient au même problème: si des compagnies privées ne peuvent pas être rémunérées pour cela, elles ne feront pas cette recherche et donc ces méthodes n'existeront que si des états en financent la recherche, avec l'argent de ses citoyens.
Au final, on arrive au même résultat...

madmox, le 06/12/2010 - 16:12
et au final, moins de recherche oui, mais beaucoup (mais alors beaucoup, surtout si on développe un moyen d'avoir une vue pratique sur toutes les avancées) plus d'avancées utiles, et surtout beaucoup plus de réactivité dans celle-ci.
Possible, mais je ne pense pas que ce serait le cas. Je pense qu'en dehors de quelques sujets, l'attentisme serait la règle générale: "puisque dès que quelqu'un trouve, tout le monde en dispose, pourquoi se donner la peine de rechercher ? Laissons les autres payer pour nous"
kob, le 06/12/2010 - 15:22
Il faut flinguer la PI.

C'est un frein à notre évolution, et ça risque de causer des situations assez étranges.
Sans PI, nettement moins de recherche privée.
Pour flinguer la PI, il est nécessaire de nationaliser la recherche dans tous les domaines. Ce qui veut également dire que les gouvernements auront toute puissance dans les orientations technologiques.

Cela ouvre certains avantages et certains inconvénients. Je ne sais pas quoi souhaiter.

A noter: la PI n'est de toute façon que temporaire et limitée. Les exemples ci-dessus sont mal choisis: alphabet et Fourrier ne seraient de toute façon plus soumises à ce régime. Et pour les gènes, ce ne sont pas ceux-ci qui sont brevetés mais les techniques employées.

et voila tu te contredis dans ton propre argumentaire :

il y aura toujours de la R&D, mm si on abandonne l'idée de propriété intellectuelle car la R&D pure n'existe pas... quoiqu'en disent les ultra capitalistes qui sont incapables de voir plus loin que le bout de leur nez et la majeure partie de la R&D trouve une application technique, monnayable.

l'absence de PI est favorable au genre humain car cela veut dire que toute découverte peut être utilisée par l'ensemble des sociétés humaines, indifféremment de leur niveau de ressources financières ou technologiques, et nivelle vers le haut la connaissance de notre univers (et moins d'obscurantisme = plus de justice, de santé et de bonheur).

voila c'est ca que ca veut dire... les sociétés innovantes feront toujours de la R&D pour garder un train d'avance, mais en l'absence de PI, seule leur application au travail et leur intelligence dans l'engineering feront la différence sur le plan matériel.
WickedFaith, le 06/12/2010 - 16:33
CounterFragger, le 06/12/2010 - 16:14
Et breveter toutes les techniques connues autour d'un gène revient grosso modo à breveter le gène...
"breveter toutes les techniques connues autour d'un gène" n'a pour moi aucune signification.
Et de toute façon ça ne permet pas de breveter les gènes que nous avons "naturellement", juste ceux qu'on rajoute, par ingénierie génétique qui est comme n'importe quelle industrie.

Ce qui me débecte également, c'est de pouvoir breveter des méthodes de dépistage ou d'examens dans un but thérapeutique
Ca oui... mais on en revient au même problème: si des compagnies privées ne peuvent pas être rémunérées pour cela, elles ne feront pas cette recherche et donc ces méthodes n'existeront que si des états en financent la recherche, avec l'argent de ses citoyens.
Au final, on arrive au même résultat...

madmox, le 06/12/2010 - 16:12
et au final, moins de recherche oui, mais beaucoup (mais alors beaucoup, surtout si on développe un moyen d'avoir une vue pratique sur toutes les avancées) plus d'avancées utiles, et surtout beaucoup plus de réactivité dans celle-ci.
Possible, mais je ne pense pas que ce serait le cas. Je pense qu'en dehors de quelques sujets, l'attentisme serait la règle générale: "puisque dès que quelqu'un trouve, tout le monde en dispose, pourquoi se donner la peine de rechercher ? Laissons les autres payer pour nous"

et que se passe t'il si le gène breveté est transmis aux plans de culture voisins ?

eh bien ca fait la vallée des suicides en inde, de la merde au brésil et des procès aux usa où des agriculteurs traditionnels sont empêchés de travailler à cause des contaminations d'ogm...

y'a qu'au mexique où ils ont pigé le truc à faire en interdisant les ogms sur leur territoire afin d'éviter les contaminations accidentelles.
WickedFaith, le 06/12/2010 - 16:33
Possible, mais je ne pense pas que ce serait le cas. Je pense qu'en dehors de quelques sujets, l'attentisme serait la règle générale: "puisque dès que quelqu'un trouve, tout le monde en dispose, pourquoi se donner la peine de rechercher ? Laissons les autres payer pour nous"
Mmmh, pas possible de le savoir sans vraiment essayer. Mais je suis aussi sceptique sur cette vision des choses, il y aura toujours des gens pour tenter quelque chose, et c'est ceux-là, même en ouvrant leur technologies, qui seront les premiers sur le marché...

Sous un autre angle : il y aurait peut-être peu de grandes avancées d'un seul bloc dans une même boîte, mais si on mutualise les découvertes, chaque boîte qui fait une petite avancée en fait profiter les autres, et au final la recherche avance aussi, sinon plus, vite. Une sorte de recherche distribuée...

Et pourquoi pas, au lieu de centraliser la recherche au gouvernement, imaginer un système de subvention des entreprises qui en font.

Il y a tellement de solutions à imaginer, que je ne comprends pas qu'on puisse se cantonner à un raisonnement immobiliste comme c'est le cas actuellement ! Même si dans un cas comme dans l'autre on peut imaginer des débordements, en soi ça offre quand même un tel potentiel de développement que ça me parait évident.
"propriété intellectuelle" Ne jamais prononcer ces mots maudits en présence de Richard Stallman, sinon il se fâche tout rouge, et moi aussi!
pleindeuss, le 06/12/2010 - 16:39
et voila tu te contredis dans ton propre argumentaire :

il y aura toujours de la R&D, mm si on abandonne l'idée de propriété intellectuelle car la R&D pure n'existe pas... quoiqu'en disent les ultra capitalistes qui sont incapables de voir plus loin que le bout de leur nez et la majeure partie de la R&D trouve une application technique, monnayable.

l'absence de PI est favorable au genre humain car cela veut dire que toute découverte peut être utilisée par l'ensemble des sociétés humaines, indifféremment de leur niveau de ressources financières ou technologiques, et nivelle vers le haut la connaissance de notre univers (et moins d'obscurantisme = plus de justice, de santé et de bonheur).

voila c'est ca que ca veut dire... les sociétés innovantes feront toujours de la R&D pour garder un train d'avance, mais en l'absence de PI, seule leur application au travail et leur intelligence dans l'engineering feront la différence sur le plan matériel.
Voilà, en gros, c'est ce que je veux dire. Merci :)
La "propriété Intellectuelle",c'est grâce à ce machin stupide qu'il existe au moins 2000 modèles différents de sacs pour aspirateurs, et ce n'est qu'un exemple parmi des millions d'autres...
oh la, je ne peux pas regarder la vidéo mais je n'y manquerai pas. Les commentaires qu'elle suscite m'inquiète cependant. Je n'aime pas cette tendance à vouloir supprimer tout ce qui engendre certains problèmes. Avec ce genre de raisonnement on ne va nul part. Il ne faut pas perdre de vue que la propriété intellectuelle (et non industrielle, ne pas confondre) avait pour objet principal de protéger l'auteur et était éminemment nécessaire pour les protéger contre des éditeurs véreux et ainsi favoriser la création (un auteur affamé ne crée pas !). Le droit d'auteur a très mal évolué, créant une confusion entre auteurs et ayant-droits contre public. Ce qui fait que le très protecteur droit français devient paradoxalement une niche au détriment du public.
Au 18e siècle, l'équation n'avait que deux éléments: les auteurs et les ayant-droits, le public n'étant qu'annexe. Désormais, le public a un rôle à part entière puisqu'il est pro actif dans la circulation d'une oeuvre, or sans public, le créateur ne gagne pas d'argent, un un auteur affamé ne mange pas...). Le droit de la propriété intellectuelle se doit donc d'être réécrit. Mais supprimé ? certainement pas !
Concernant les brevets, je pense que la question doit se poser vraiment différemment la problématique étant tout autre...

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