La chaine de télévision néerlandaise NPO va tester la technologie BitTorrent pour diffuser des contenus vidéos. Pour l'heure, une centaine de programmes sont disponibles, et ce chiffre sera amené à croître rapidement si le succès est au rendez-vous. Une nouvelle démonstration des possibilités légales qu'offrent le peer-to-peer.

Longtemps, le peer-to-peer fut exclusivement associé au piratage. Les ayants droit poussaient régulièrement les politiques à considérer cette technologie comme un moyen fort pratique pour contourner la législation sur le droit d’auteur. Si ce dernier point est une réalité, il serait illusoire de penser que cet outil n’a servi qu’au téléchargement illicite.

En effet, de nombreux contre-exemples sont venus contredire la vision quelque fois binaire de l’industrie culturelle sur les réseaux d’échange. Dernier exemple en date, le coup de pouce inattendu du gouvernement britannique : le Trésor britannique a mis plusieurs fichiers torrent afin de permettre aux citoyens britanniques de savoir comment le gouvernement a dépensé l’argent du contribuable depuis deux ans.

Cette fois-ci, c’est au tour de la compagnie de télévision et de radio Nederlandse Publieke Omroep (NPO) de faire le pari du peer-to-peer, en déployant de nombreux programmes sur les réseaux BitTorrent. En effet, la groupe média NPO a mis à disposition près d’une centaine de contenus vidéo, récupérables via BitTorrent ou lisibles en streaming.

Une fois encore, c’est la question de la bande-passante qui a commandé aux responsables de NPO de chercher de nouvelles façons de distribuer des contenus sans pour autant alourdir la facture Internet. Par le passé, d’autres entreprises avaient embrassé cette technologie dans l’optique de réduire les coûts en bande-passante. Ce fut notamment le cas d’Asus.

Selon Torrentfreak, qui rapporte la nouvelle, le catalogue sera amené à grossir assez rapidement, afin de diversifier les contenus et augmenter l’offre. Cependant, si l’opération s’avère un échec – c’est-à-dire si les internautes ne s’y intéressent pas -, NPO pourrait mettre un terme à cette timide incursion dans le monde du P2P.

Un bémol toutefois. Si NPO autorise effectivement les internautes à télécharger ou diffuser en stream du contenu, tout cela se fera dans un espace bien encadré. En effet, dans la mesure où les fichiers restent soumis à des droits d’auteur, la chaine de télévision impose un logiciel de lecture bien spécifique, Swarmplayer, pour afficher du contenu. Par ailleurs, les fichiers ne seront accessibles que dix jours maximum à compter du téléchargement.

Dans le fond, Swarmplayer est finalement assez proche d’un logiciel comme Spotify puisqu’il n’est pas possible de récupérer officiellement les musiques diffusés à travers le logiciel.

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