C'est un signe fort de la part du gouvernement britannique. Alors que la technologie peer-to-peer est souvent décrite par les ayants droit comme l'arme de prédilection des internautes pour s'échanger des contenus piratés, une initiative du Trésor britannique vient rappeler qu'il s'agit avant d'une simple technologie. Et qu'elle peut aussi être utilisée pour diffuser et échanger des contenus absolument légaux.

Qui a dit que les réseaux peer-to-peer ne servaient qu’à transférer et échanger des contenus illicites ? À part les industries du divertissement, pas grand monde. Si ce n’est personne. Car dans les faits, des protocoles de transfert de données comme BitTorrent sont très pratiques pour faire circuler à coût quasi nul des contenus tout à fait légaux.

Et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Du côté de la musique, des festivals comme South by Southwest SXSW n’hésitent pas à distribuer légalement la quasi totalité des morceaux joués durant l’évènement. Nous avions d’ailleurs couvert l’édition 2008 et 2010 de l’évènement, en publiant les liens BitTorrent. Et, inutile de le préciser, l’ensemble des fichiers MP3 à disposition était libre de tout DRM. Une bonne occasion de découvrir des artistes hors-circuit.

Nous pourrions également vous parler de notre chaîne de téléchargements, qui liste près de 2 000 logiciels et jeux en toute légalité. Là encore, plusieurs méthodes sont proposées pour télécharger un fichier. L’inévitable téléchargement direct, via le navigateur, mais également des liens pour eMule ou Limewire (Gnutella). Même de grosses entreprises privées, comme Asus, s’appuient sur BitTorrent pour offrir un nouveau mode de diffusion à leurs clients.

Mais la plus belle démonstration en la matière ne vient pas de ces artistes qui misent sur les réseaux P2P pour se faire connaitre d’un plus large public. Elle ne vient pas non plus de grandes entreprises bien décidées à réduire leurs coûts en économisant la bande-passante et les serveurs. Non, la plus belle victoire est sans aucun doute la décision récente du gouvernement britannique de se servir de BitTorrent pour transmettre des données publiques.

L’acte est d’autant plus fort à l’heure où le Royaume-Uni s’est évertué à suivre les pas de la France en matière de lutte contre le téléchargement illicite. En effet, lorsque Gordon Brown était encore au pouvoir il y a quelques semaines, il s’était empressé de faire passer le très critiquable projet de loi Digital Economy Bill (DeBill), quelques temps avant les élections.

Sans parler de la vision pour le moins rétrograde de quelques parlementaires britanniques, comme Sion Simon. Celui-ci avait déclaré sans trembler que « […] l’échange de fichiers n’est pas la réponse, ce n’est pas le futur, ça n’a pas d’utilité en soi – c’est une technologie qui est actuellement utilisée pour contourner la loi« . En l’occurrence, il vient d’être contredit par son propre gouvernement.

Comme le souligne Torrenfreak, le Trésor britannique a mis à disposition il y a quelques jours plusieurs fichiers torrent afin de renseigner la population sur la façon dont le gouvernement a dépensé l’argent du contribuable ces deux dernières années. Cette démarche est assez proche de l’initiative de Barack Obama et de politique de transparence. Car si les fichiers ne sont pas forcément très imposants (32 et 78 Mb, indique Torrentfreak), ça l’est certainement du point de vue de l’image.

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