Malgré les menaces qu'elle fait porter sur la neutralité du net, la technologie du Deep Packet Inspection va certainement s'étendre dans les prochaines années. Des études soulignent que le marché du DPI devrait peser près de 1,5 milliard de dollars d'ici 2013. En France, le DPI est suivi de près par la Haute Autorité, qui y voit un moyen de distinguer les contenus légaux des échanges illégaux.

Depuis fin mai, nous avons désormais la certitude que la Haute Autorité porte une attention toute particulière à la technologie de filtrage par inspection profonde des paquets, plus connue sous son acronyme anglais DPI (Deep Packet Inspection). En effet, la toute jeune autorité publique a diffusé une offre d’emploi pour mettre au point une méthode permettant de distinguer les contenus licites des échanges illicites.

Cet objectif se retrouve d’ailleurs dans l’une des missions du laboratoire « Réseaux et Techniques », l’un des six « labs » rattachés à la Haute Autorité. En l’espèce, ce lab a pour tache d’étudier « les moyens techniques permettant de reconnaitre et distinguer des contenus licites et illicites » et, par conséquence, « les moyens de filtrer les contenus illicites« .

Et si pour l’heure, la Haute Autorité n’en est qu’au défrichage du terrain, plusieurs études rapportées par Ars Technica indiquent que le Deep Packet Inspection est promis à un avenir radieux. En effet, les techniques d’inspection profonde des paquets devraient représenter un marché de 1,5 milliard de dollars d’ici 2013 selon Infonetics Research.

Pour les promoteurs de cette solution, l’intérêt du DPI réside principalement dans les optimisations qu’il peut apporter à la bonne gestion des réseaux. Selon ABI, ce sera particulièrement pratique pour gérer les réseaux mobiles, avec à la clé la possibilité de limiter ou hiérarchiser le trafic.

Selon l’un des responsables d’ABI, les opérateurs ne peuvent pas encaisser l’explosion à venir du trafic mobile, causée par une montée en puissance de l’utilisation des smartphones et par une augmentation du nombre de mobinautes, par le simple doublement des capacités des réseaux. « La force brute ne résoudra pas le problème. Si vous doublez le nombre d’utilisateurs, vous ne pouvez pas juste dépenser 10 milliards de dollars pour doubler la capacité de votre infrastructure » a-t-il avancé.

Preuve en est, selon les promoteurs du DPI, l’opérateur T-Mobile s’appuie actuellement dessus pour « améliorer la réponse de certains trafics assez bas, comme la vidéo, par rapport à des taches s’exécutant en arrière-plan comme le téléchargement d’un fichier« .

Or, en influant sur la route et le transfert des paquets (modification, blocage, ralentissement), c’est la neutralité du net qui est mise à mal. Sauf à exclure certaines activités d’Internet du droit à la neutralité du net, comme les échanges peer-to-peer. c’est la position de la FCC en la matière, à côté d’arguments en lien avec la technique (décongestion des réseaux), la sécurité (attaque informatique) ou la loi (contenus pédo-pornographiques).

Pour le régulateur américain, la possibilité d’interférer avec les transferts de fichiers en infraction avec le droit d’auteur, ainsi que toute autre raison nécessitant une gestion raisonnable du réseau, est en accord avec le principe de la neutralité du net. On notera au passage le flou entourant le concept de « toute autre raison nécessitant une gestion du réseau« .

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