L'Hadopi confirme par l'emploi son intérêt pour le filtrage par DPI

Guillaume Champeau - publié le Lundi 31 Mai 2010 à 10h14 - posté dans Télécoms

Une offre d'emploi publiée par l'Hadopi confirme que la Haute Autorité souhaite pouvoir reconnaître et filtrer les contenus illicites, en les distinguant des contenus licites.

En attendant la publication des derniers décrets et l'autorisation de collecte des adresses IP que doit délivrer la CNIL, la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (Hadopi) met en place ses équipes qui lui permettront de tenter de réguler le piratage. Elle a publié à la Bourse interministérielle de l'emploi public une offre de recrutement pour son "Chargé d'études Labs " Réseaux et techniques "", qui sera directement concerné par la détermination des méthodes que devront mettre en oeuvre les moyens de sécurisation imposés aux abonnés à Internet.

Lors d'un point d'étape avec la presse début mai, l'Hadopi avait annoncé la création de six "labs", qui seront des "ateliers d'observations et de discussion en ligne et hors ligne" dont l'objectif sera de "construire des propositions qui seront le fruit d'une réflexion commune et s'appuieront sur la meilleure connaissance possible du secteur". Pilotés par un expert indépendant, extérieur à l'Hadopi, les labs devront réunir "des acteurs du secteur (consommateurs, ayants droit, FAI, plateformes de services, membres d'autres autorités ou organisations, etc.), ainsi que des experts (technique, sociologie, droit, etc.)". Leurs travaux doivent alimenter la réflexion de l'Hadopi et "influenceront les actions développées par la Haute Autorité".

Chaque lab doit être appuyé par un agent de l'Hadopi, qui sera "responsable d'alimenter en amont la réflexion", c'est-à-dire de cadrer les débats dans le sens souhaité par la Haute Autorité, et de "la synthétiser en aval". C'est le rôle du Chargé d'études Labs " Réseaux et techniques " recherché aujourd'hui par l'Hadopi.

Mais alors que le point d'étape distribué au début du mois prévenait que les grandes orientations du travail de chaque Lab seront déterminées par le Collège de l'Hadopi, l'annonce publiée au BIEP permet d'en savoir plus sur les orientations souhaitées pour les moyens de sécurisation sur lesquels travaille déjà Michel Riguidel.

Le Lab "Réseaux et Techniques" doit en effet étudier, entre autres :

  • Les moyens techniques servant ou pouvant potentiellement servir à des fins d'utilisation illicite relatif aux droits d'auteurs ou de droits voisins ainsi que, les cas échéant, les solutions permettant à y remédier ;
  • L'évolution des infrastructures techniques d'internet et leur impact sur la diffusion de contenus ;
  • Les moyens techniques permettant d'observer et de mesurer les usages illicites sur les réseaux de communication électronique ;
  • Les moyens techniques permettant de reconnaître et distinguer des contenus licites et illicites ;
  • Les mesures techniques de protection de contenus, l'interopérabilité de ceux-ci ainsi que leur respect des contraintes légales ;
  • Les moyens techniques permettant de filtrer les contenus illicites ;
  • les spécifications fonctionnelles des moyens de sécurisation.

On remarque ainsi que l'Hadopi souhaite pouvoir distinguer dans un même flux les "contenus licites et illicites", pour avoir ensuite les "moyens techniques permettant de filtrer les contenus illicites". Ce qui confirme la piste d'un filtrage par DPI, cher au professeur Riguidel, d'autant que l'on peut s'inquiéter de l'intérêt de l'Hadopi pour "l'évolution des infrastructures techniques d'internet". Rappelons que le CSA souhaite que l'Hadopi soit associée aux travaux de l'Arcep sur la neutralité du net.

Publié par Guillaume Champeau, le 31 Mai 2010 à 10h14
 
 
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Commentaires à propos de «L'Hadopi confirme par l'emploi son intérêt pour le filtrage par DPI»
 

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On remarque ainsi que l'Hadopi souhaite pouvoir distinguer dans un même flux les "contenus et illicites", pour avoir ensuite (...)

il manque un mot entre les guillemets :D
C'est vraiment pathétique d'en arriver là. Qui va payer pour la mise en oeuvre d'un système de répression inutile??


Toujours les mêmes.
De toute manière, je leur souhaite bien du courage pour filtrer de l'OpenVPN, ou des fichiers .rar avec nom aléatoire.
Moi qui pensais que les caisses de la France et les poches des contribuables (même chose) étaient vides.
Rappelons que le CSA souhaite que l'Hadopi soit associée aux travaux de l'Arcep sur la neutralité du net.
Ca va être dur de faire de la neutralité dans ces conditions...
herbeapipe, le 31/05/2010 - 10:32
Moi qui pensais que les caisses de la France et les poches des contribuables (même chose) étaient vides.
Qu'elles soient vide ne leur cause aucun problème : ils augmentent la dette.
herbeapipe, le 31/05/2010 - 10:31
De toute manière, je leur souhaite bien du courage pour filtrer de l'OpenVPN

Ils seraient capable de filtrer toutes les connexions vers les VPN les plus suspects (ex : Ipredator).
Un petit Deep Packet Inspection (filtres sur les IP) et le tour est joué.

Ils en seraient capable le pire. Même la Chine n'a pas osé.
Que va-t-il rester de l'Internet en France après hadopi, loppsi et acta ?
Heu, je n'y connais pas grand chose, mais un fichier crypté par exemple, ça marche le dpi ?
bxpatrick, le 31/05/2010 - 11:04
Que va-t-il rester de l'Internet en France après hadopi, loppsi et acta ?

Retour au courrier livrer par la poste.
pastamiam, le 31/05/2010 - 10:54
herbeapipe, le 31/05/2010 - 10:31
De toute manière, je leur souhaite bien du courage pour filtrer de l'OpenVPN

Ils seraient capable de filtrer toutes les connexions vers les VPN les plus suspects (ex : Ipredator).
Un petit Deep Packet Inspection (filtres sur les IP) et le tour est joué.

Ils en seraient capable le pire. Même la Chine n'a pas osé.

Ils n'ont pas le droit. Je peux utiliser un VPN pour mon entreprise. De quel droit le filtrerait il ??
amiralkun, le 31/05/2010 - 11:07
bxpatrick, le 31/05/2010 - 11:04
Que va-t-il rester de l'Internet en France après hadopi, loppsi et acta ?

Retour au courrier livrer par la poste.
Pirater par la poste. àa existe. Tu achètes un truc contrefait en chine et tu te le fais livrer chez toi.
La seule différence, c'est que dans ce cas précis, tu enrichis un mec / un reseau mafieux / autre ... alors que le téléchargement, lui, même s'il ne rapporte rien aux ayants droit, il ne rapporte rien non plus à quelqu'un d'autre. Et ça ne te coûte rien non plus.
amiralkun, le 31/05/2010 - 11:07
bxpatrick, le 31/05/2010 - 11:04
Que va-t-il rester de l'Internet en France après hadopi, loppsi et acta ?

Retour au courrier livrer par la poste.

mais non, c trop "privé" les crieur publique, ca c'est la vie...
bxpatrick, le 31/05/2010 - 11:04
Que va-t-il rester de l'Internet en France après hadopi, loppsi et acta ?
VPN + réseaux mesh
L'avantage d'Internet par rapport a la Poste? Mettre des mots-de-passe sur ses courriers ;-)
@jupilerman: ca te coute, ca te coute (connection Internet, temps, espace disque...). C'est juste que cela ne te coute pas assez pour certains (refus de License globale, Hadopi...)
Lol, tout comme le poste d'esclave informatique mal rémunéré et impossible à pourvoir qu'ils offrent, cette offre est vraiment alléchante.

Salaire selon le profile bien entendu...
Peut-être l’Europe ne l’entendra pas de la même façon, mais le temps a passé depuis ce groupe de travail.
Rôle des fournisseurs d’accès à Internet
Le groupe de travail rappelle qu’aucune obligation systématique de surveillance et de collaboration ne peut être imposée aux fournisseurs d’accès, conformément à l’article 15 de la directive
2000/31/CE sur le commerce électronique.
Les fournisseurs d’accès ne peuvent pas non plus être obligés, sauf dans des cas spécifiques où il existe une injonction des autorités judiciaires, de prévoir un stockage systématique «a priori» de toutes les données de trafic liées aux droits d’auteur. Le groupe de travail a indiqué à plusieurs reprises11 que, «lorsque des données de trafic doivent être conservées, [l]a nécessité doit être démontrée, la période de conservation doit être aussi courte que possible et cette pratique doit être clairement établie par la loi, de façon à prévenir tout accès illégal ou tout autre forme d’abus.»
Source

4. Conclusion
Le groupe de travail est préoccupé par le fait que l’utilisation légitime de technologies en vue de protéger les oeuvres pourrait se faire au détriment de la protection des données à caractère personnel des individus. Pour ce qui est de l'application des principes de protection des données à la gestion des droits numériques, il a observé un écart croissant entre la protection des personnes dans les mondes hors ligne et en ligne, surtout lorsque l’on considère le traçage et profilage généralisé des individus. Le groupe de travail appelle à un développement d'outils techniques offrant des propriétés respectant la vie privée et, plus généralement, à une utilisation transparente et limitée des identifiants uniques, laissant une possibilité de choix à l’utilisateur.
En ce qui concerne les compétences d’enquête, le groupe de travail estime nécessaire de rappeler que les enquêtes effectuées par des acteurs privés, tels que les détenteurs de droits d’auteur, doivent être réalisées dans un cadre juridique clair suivant les principes exposés plus haut, notamment en ce qui concerne les informations pouvant être légalement collectées et les pouvoirs d’application pouvant être attribués à ces acteurs.
herbeapipe, le 31/05/2010 - 11:21
pastamiam, le 31/05/2010 - 10:54
herbeapipe, le 31/05/2010 - 10:31
De toute manière, je leur souhaite bien du courage pour filtrer de l'OpenVPN

Ils seraient capable de filtrer toutes les connexions vers les VPN les plus suspects (ex : Ipredator).
Un petit Deep Packet Inspection (filtres sur les IP) et le tour est joué.

Ils en seraient capable le pire. Même la Chine n'a pas osé.

Ils n'ont pas le droit. Je peux utiliser un VPN pour mon entreprise. De quel droit le filtrerait il ??

Justement c'est là que je suis personnellement convaincu qu'à moyen terme ils vont supprimer l'usage des VPN étrangers pour les particuliers.

Pour les professionnels et le VPN, on va revenir 10 ans en arrière (cf. le cryptage avec une clé supérieure à 128bits). Là on peut supposer que pour les professionnels, il va falloir déclarer l'utilisation d'un VPN, donner ses coordonnées, garder les logs pendant 1 an etc..
Ceux qui ne respecteront pas les consignes auront de fortes amendes.

Mes propos sont extrémistes mais il y a 5 ans qui auraient pensé qu'ils arriveraient à valider un projet liberticide qui est Hadopi ? Au nom de la sécurité et pour lutter contre les mafia du net, une fois gentiment introduit, ils peuvent agrandir le "trou" et faire tout ce qu'ils veulent.
bxpatrick, le 31/05/2010 - 11:04
Que va-t-il rester de l'Internet en France après hadopi, loppsi et acta ?

Retour au pigeon voyageur ouai !!! Au moins avec le piegeon c'est plus difficile à intercepter, quoi que avec les couilles molles qui nous gouvernent ils seraient capable de les flinguer et d'organiser un génocide de ces pauvres bêtes juste pour vérifier qu'on n'envoie pas des textes contrefaits.

Retour au courrier livrer par la poste.

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