Ubisoft n'a pas appris de ses erreurs. Preuve en est, la société préfère dédommager les joueurs lésés plutôt que de revoir en profondeur son DRM de connexion. Or, cela ne solutionne nullement le problème à la source. Que fera l'entreprise en cas de nouveau pépin ?

Nous en avons parlé tout au long de ces derniers mois. Alors que l’espoir d’une nouvelle approche en matière de DRM semblait poindre chez Ubisoft, avec la sortie de Prince of Persia sans aucun système anti-copie, l’entreprise a fait une violente rechute ces jours-ci, en misant à nouveau sur les mesures techniques de protection. Une curieuse décision, alors que le célèbre jeu de plates-formes avait remporté un franc-succès.

En effet, pour combattre le piratage des jeux PC, Ubisoft avait trouvé une solution alternative : plutôt que de mettre au point des DRM parfois trop coûteux ou trop complexes (ou trop stupides…), la société avait misé sur une vérification côté serveur, en obligeant les joueurs d’être systématiquement connectés sur Internet pour contrôler la légalité du jeu. Comme nous l’écrivions alors, cette solution avait le mérite d’éviter les dérives d’un des jeux phares d’Electronics Arts, Spore.

Sauf que cela fragilise en réalité tout le système. Il suffit que les serveurs d’authentification plantent pour bloquer tout le système. Et pour cause, même le jeu solo est conditionné par ce DRM de connexion. Ironie du sort, c’est justement ce qui est arrivé récemment, avec une attaque DDOS qui a surchargé les serveurs de l’entreprise. Ce qui devait être la solution contre le piratage s’est rapidement transformé en point faible de tout le dispositif.

Devant les protestations des joueurs, Ubisoft a évidemment réagi. Mais plutôt que de repenser son système, l’entreprise a préféré miser sur… un dédommagement des joueurs. C’est ce que rapportent plusieurs joueurs sur les forums officiels de l’éditeur, en déclarant avoir reçu un e-mail proposant une compensation pour se faire pardonner. Cela concerne les joueurs de Silent Hunter 5 Battle of the Atlantic et Assassin’s Creed 2.

Visiblement, le dédommagement prend la forme d’un téléchargement gratuit parmi une liste de quatre jeux vidéo, comprenant notamment Prince of Persia. Toutefois, d’autres joueurs ont indiqué avoir obtenu du contenu supplémentaire en guise de réparation. Si tout cela est très appréciable, cela ne solutionne malheureusement pas le problème à la source. En cas de nouvelle attaque, Ubisoft va-t-il s’excuser à nouveau ou prendra-t-il enfin conscience de son erreur stratégique ?

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