Pour avoir facilité le téléchargement de plus de 7 000 films via Emule, le responsable du site peer-to-peer Emule-Paradise risque gros. Jugé en mars 2010, le jeune homme a notamment généré plus de 416 000 euros en deux ans.

Les internautes adeptes du téléchargement illégal ne sont pas les seuls à être poursuivis par les ayants droit et les organismes spécialisés dans la lutte contre le piratage. Bien souvent, les responsables de certaines communautés, de certains sites web sont des cibles de choix pour l’industrie du divertissement. Ce fut ainsi le cas des administrateurs de The Pirate Bay cette année, mais également de Snowtigers, Mininova ou encore IsoHunt.

Cette fois, c’est un jeune webmaster français d’une vingtaine d’année d’être pris dans l’engrenage judiciaire. Responsable du site Emule-Paradise, fermé en 2006, le jeune homme est accusé de « miss à disposition de films sans l’autorisation de leurs ayants droit« . En tout, c’est 7 113 films qui sont concernés, dont de nombreux blockbusters américains ou français, comme le Da Vinci Code, Camping, La Doublure ou encore Les Choristes.

Sans surprise, le site est rapidement devenu un lieu incontournable pour tous les aficionados du téléchargement gratuit. Au pic de sa popularité, le site accueillait pas moins de 329 000 visiteurs quotidiens. Une aubaine pour le webmaster, puisqu’à travers la régie publicitaire Net Avenir, le trafic généré a pu être très fortement monétisé. Selon le Parisien, qui s’est procuré une synthèse de l’enquête, le jeune homme aurait touché plus de 416 000 euros en deux ans.

« Si j’ai touché des sommes importantes, ce n’est rien par rapport au chiffre d’affaires du monde du cinéma » a-t-il tenté d’expliquer lors de l’instruction. Une somme intelligemment répartie d’ailleurs, puisque les enquêteurs ont découvert un compte en banque à Chypre et certaines de ses sociétés étaient immatriculées dans d’autres pays, dont le Bélize et le Luxembourg. Des pays à la réglementation bancaire plutôt souple. Le suspect a même loué un duplex pour pouvoir en être un résident.

Pour Maître François Pouget, l’avocat de Galatée et Pathé, cette affaire est révélatrice de la réalité du piratage sur Internet : « ce dossier est emblématique, dans la mesure où il bat en brèche le mythe de la gratuité. Ces gens veulent nous faire croire qu’ils font ça pour la gloire, alors que le téléchargement illégal génère des sommes colossales » a-t-il ainsi expliqué au quotidien français. « Les auteurs aussi ont besoin de manger » s’emporte l’avocat. « On ne demande pas des millions, mais que les artistes soient rémunérés« . L’affaire mobilise même divers services d’enquête, dont la BCRCIA (Brigade Centrale pour la Répression des Contrefaçons Industrielles et Artistiques).

L’affaire sera délicate pour le webmaster. En effet, le Parisien a révélé qu’en sortant de garde à vue, en 2006, le jeune homme avait immédiatement sollicité sa communauté pour l’aider à faire face aux frais de justice et aux éventuelles futures amendes. Total des gains : 6 000 euros de dons. Or, peu après il s’achetait un 4×4 Porsche Cayenne d’une valeur de 70 000 euros. Les bienfaiteurs risquent de n’apprécier que très modérément la nouvelle…

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