Le gouvernement australien, par la voix de son ministre des communications et de l'économie numérique, semble avoir fait un pas en arrière dans le projet de filtrage des contenus sur Internet. Stephen Conroy a en effet déclaré que le gouvernement australien n'avait jamais eu l'intention de filtrer le trafic peer-to-peer. Déclaration politique ou véritable changement de mentalité en Australie ?

La grande barrière numérique souhaitée par les autorités australiennes ne concernerait pas les échanges BitTorrent ? C’est ce qu’a affirmé récemment le ministre des communications et de l’économie numérique Stephen Conroy, alors qu’il a été l’un des plus fervents partisans du filtrage du contenu Internet. Ainsi, ces derniers temps le ministre avait salué avec un certain enthousiasme un rapport qui soulignait les progrès en la matière.

« Internet est un outil formidable pour de nombreuses familles australiennes« , avait déclaré le ministre, « mais le gouvernement veut trouver des pistes pour rendre le réseau plus sûr, en particulier pour les enfants. Ce rapport va aider le gouvernement à respecter son engagement électoral visant à mettre en place un environnement numérique sûr« . Une intention certes louable, mais qui exploite une fois encore les enfants pour faire passer des projets de filtrage généralisé (en particulier le filtrage P2P). Forcément, ces mesures ne sont pas toujours bien accueillis en Australie (d’autant que même les associations de protection de l’enfance ne sont guère en faveur du filtrage).

Or, aussi étonnant que cela puisse paraitre, Stephen Conroy semble avoir mis de l’eau dans son vin puisqu’il a assuré récemment que le filtrage ou le blocage du trafic peer-to-peer n’a jamais été l’intention du gouvernement. Répondant à une critique du sénateur vert Ludlam, qui accusait Stephen Conroy de vouloir mettre en place un contrôle global du web en Australie, le politique a ainsi expliqué « qu’il n’y avait jamais eu aucune intention de la part du gouvernement de filtrer ou de bloquer le trafic P2P« . Notons à ce sujet, qu’en mars 2009, des documents seuls 2 sites web spécialisés dans le torrent furent intégrés dans une liste noire de plus de 2 400 sites.

Beaucoup d’Australiens craignent en effet que les projets gouvernements pour préserver la jeunesse des menaces du web ne débordent sur d’autres problématiques, comme la violation du droit d’auteur ou la neutralité du net. D’aucuns pensaient même que le gouvernement allait mettre en place un système de porte dérobée (back door) sur les PC pour attraper les internautes suspectés de télécharger illégalement du contenu protégé. Un tel système n’est bien entendu pas la réponse adéquate pour lutter contre les abus touchant les enfants. Au-delà des erreurs inhérentes à un système automatisé, le plan risque d’être très coûteux pour une efficacité toute relative.

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