Hier, Numerama faisait un point sur les mesures de filtrage des sites pédopornographiques que prévoit d’imposer le gouvernement aux fournisseurs d’accès à Internet. Nous évoquions alors le cas de l’Australie, où le fait de pointer vers des blacklists étrangères est interdit, et nous relevions le problème de la non-publication des listes de sites blacklistés en indiquant que ne pas publier la liste est s’exposer à l’arbitraire, et prendre le risque que des sites parfaitement légitimes soient bloqués, comme ça avait été le cas de Wikipedia en Grande-Bretagne.

Or l’actualité nous rattrape. Wikileaks, qui a déjà publié les listes de sites censurés au Danemark (près de 4.000 sites), en Thaïlande (environ 11.500) ou encore en Finlande (env. 800 sites), a publié la liste établie par l’Autorité Australienne des Communications et des Médias (ACMA). Celle-ci est censée référencer uniquement les sites pédophiles, dont la liste pourrait bientôt être transmise aux FAI australiens qui auront l’obligation de les bloquer. Or selon TorrentFreak, la liste qui contient environ 2.400 entrées est effectivement dominée par la pédopornographie, mais pas seulement.

Plusieurs sites pornographiques légaux à la YouTube sont inclus dans la liste, mais également des sites religieux (sic), différentes pages Wikipedia (encore…), des sites sur l’euthanasie, et même une agence de voyage et le site d’un dentiste.

Le site de pari en ligne Betfair.com est également blacklisté, alors que le jugement de janvier 2007 qui l’avait banni d’Australie a été renversé en appel en mars 2008.

Les sites de liens BitTorrent TorrentSpy et TorrentFive sont également référencés par Wikileaks parmi les sites blacklistés en Australie.

Interrogé, le ministre des communications australien Stephen Corroy a assuré que la liste publiée par Wikileaks n’était pas la liste officielle établie par l’ACMA, qui ne contiendrait en fait « que » 1050 entrées. Mais l’on voit bien toute la difficulté d’établir une liste de sites censurée qui ne soit pas soumise au contrôle public. Il faut alors croire le gouvernement et son autorité administrative sur parole, et croire qu’il est incapable d’erreurs qui puissent justifier le moindre recours.

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