Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, ne croit pas à une consolidation à venir du marché des télécoms au niveau européen. Ni entre grands groupes, ni avec des opérateurs de plus petite envergure.

Vieux serpent de mer apparu depuis l’arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile, la concentration du secteur des télécoms n’a finalement pas (encore) eu lieu. Les diverses combinaisons envisageables sont restées à l’état de pure théorie. C’est notamment le cas du rapprochement raté entre Orange et Bouygues Telecom, qui aurait pu se faire en 2016, mais qui est resté lettre morte.

Aujourd’hui, Bouygues Telecom entend mener son existence de son côté. Hormis donc le rachat de SFR par Numericable, pour le faire tomber dans l’escarcelle d’Altice, la maison-mère, il n’est plus questions de grandes manœuvres au niveau national : le marché reste à quatre grands opérateurs (Orange, Free, SFR/Numericable, Bouygues Telecom) au lieu de trois et c’est tout à fait viable aux yeux du régulateurs.

Stéphane Richard Orange

Mais s’il n’y a pas de perspective pour une consolidation en France, qu’en est-il au niveau européen ? Après tout, les opérateurs français sont aussi des acteurs qui ont un certain poids sur le marché des télécoms. Or, le paysage est beaucoup plus fragmenté du côté du Vieux Continent qu’aux États-Unis par exemple. L’on pourrait donc s’attendre à voir des opérations d’envergure.

Il s’avère qu’il n’en est rien. La question a justement été posée à Stéphane Richard, le PDG d’Orange, au sujet d’une concentration paneuropéenne par le journal Les Échos et le chef d’entreprise considère qu’il n’y a pas d’opportunité pour un rapprochement entre deux poids lourds ou même avec des opérateurs de plus petite envergure. Pour lui, il n’y a pas d’intérêt à aller dans cette direction

« J’ai regardé toutes les possibilités, à la fois celles de grands mariages européens : franco-allemand, franco-espagnol… et celles d’additions plus limitées. Je ne vois pas aujourd’hui de projet créateur de valeur et réalisable. Les conditions politiques, économiques et sociales actuelles ne le permettent pas », explique-t-il. Mais cela n’interdit pas de coopérer, citant l’Allemagne.

Je ne vois pas aujourd’hui de projet créateur de valeur et réalisable

Orange est par exemple relativement proche de Deutsche Telekom. En début d’année, le groupe s’est associé à son homologue allemand pour développer Djingo, un assistant virtuel « qui permet d’interagir avec tous les contenus et services de l’écosystème Orange  » et qui est compatible avec les principaux des systèmes d’exploitation. Mais en réalité, cette proximité remonte à plusieurs années déjà.

En octobre 2011, les deux groupes ont obtenu le feu vert pour démarrer les activités de BuyIn, une coentreprise  dans le domaine des achats. Au Royaume-Uni, ils avaient joint leurs forces en fusionnant leurs filiales locales, respectivement T-Mobile et Orange, pour former l’opérateur Everything Everywhere (EE), avant de céder leurs parts quelques années plus tard.

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