Selon le Wall Street Journal, la SEC aurait ouvert une enquête informelle visant à vérifier si Tesla aurait dû communiquer plus tôt sur l'accident mortel subi par un client au volant de sa Tesla Model S en mode Autopilot. Le constructeur avait dévoilé l'information au bout de huit semaines.

Telsa a-t-il fait une faute à l’égard des investisseurs en ne dévoilant publiquement que le 30 juin dernier dernier l’accident mortel subi par un propriétaire d’une Tesla Model S en mode Autopilot, intervenu près de deux mois plus tôt, le 7 mai 2016 ? C’est ce que chercherait à vérifier la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la bourse américaine, selon des informations du Wall Street Journal.

L’entreprise avait en effet vendu pour 2 milliards de dollars d’actions les 18 et 19 mai 2016

Le magazine Fortune avait été le premier à sonner la charge la semaine dernière contre l’entreprise d’Elon Musk, en l’accusant à mots à peine couverts d’avoir bénéficié d’un délit d’initié. L’entreprise avait en effet vendu pour 2 milliards de dollars d’actions, dont 2,8 millions d’actions détenues par Musk en personne, les 18 et 19 mai 2016, plus de dix jours après l’accident. Or Tesla n’avait pas donné cette information aux investisseurs dans le cadre de sa notice des risques envoyée à la SEC le 18 mai.

L’enquête de l’autorité administrative visera à déterminer si l’information était bien connue dans toutes ses dimensions par Tesla, si elle était suffisamment importante pour être divulguée, et si le constructeur automobile a commis une faute en ne la divulguant pas plus tôt.

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Tesla a déjà livré les grandes lignes de sa défense dans un billet de blog qui répondait à Fortune, et affirmait au passage que son Autopilot n’avait pas eu de comportement anormal par rapport aux attentes. Le constructeur a été informé de l’accident et de son caractère mortel très tôt après l’événement tragique du 7 mai, et avait décidé d’en informer les autorités de sécurité routière dès le 16 mai, lorsqu’il a lui-même débuté son enquête. Mais à ce moment là, Tesla ne savait pas que le mode Autopilot était activé lorsque son client a été tué, parce qu’il n’avait pas pu récupérer les données à distance. C’est le 18 mai que le constructeur a pu envoyer son propre enquêteur étudier la carcasse et récupérer les données, qui ont été examinées jusqu’à la dernière semaine du mois de mai.

Pas d’enquête formelle

Au moment où Tesla a vendu ses actions, le constructeur n’avait donc selon lui aucune connaissance du fait que le mode Autopilot aurait pu être mis en cause pour la première fois dans la mort d’un utilisateur. Il a donc traité l’information comme s’il s’agissait d’un accident mortel subi par un conducteur humain, ce qui se produit hélas tous les jours dans l’industrie automobile.

Mais quand bien même aurait-il su que son Autopilot était en cause, Elon Musk a indiqué qu’il estimait que cette information n’avait rien d’exceptionnel et qu’elle ne méritait pas de faire l’objet d’un signalement spécifique aux investisseurs. L’entreprise rappelle que sa notice envoyée aux investisseurs fait déjà état de risques pour son image et ses finances liées à d’éventuelles plaintes contre des dysfonctionnements de l’Autopilot (notamment parce qu’elle n’est pas assurée), et que les investisseurs ont donc déjà pris ce risque en considération. De fait, l’action de Tesla n’a pas baissé le 1er juillet à la reprise de la cotation de Tesla, mais a au contraire augmenté.

Pour le moment, la SEC n’a pas officiellement notifié à Tesla qu’elle faisait l’objet d’une enquête. Il s’agit donc d’une procédure informelle, qui ne deviendra formelle que si le gendarme boursier adopte un point de vue différent et trouve des griefs à l’encontre du constructeur.

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