L’équivalent 125 de Niu a beau avoir un look d’urbain de moyen gabarit, il se conduit plus comme un maxi-scooter. Malheureusement son autonomie, trop faible pour deux batteries, ne lui permet pas de détrôner les références sur le marché. À qui s’adresse-t-il ?

Le MQI GT EVO est le scooter électrique le plus rapide de Niu. Alors que le leader chinois a imposé son nom grâce à des petits gabarits équivalents 50 cc, il se porte désormais sur les deux-roues plus rapides, de plus en plus recherchés par des amateurs de trajets plus longs.

C’est là toute l’idée de la création du GT EVO : un scooter capable d’aller jusqu’à 100 km/h pour être à l’aise sur les routes rapides, tout en ayant une taille qui le rapproche quand même des petits modèles. Pour 5 000 euros, il aurait clairement de quoi s’imposer comme l’un des meilleurs maxi-scooters qui ne dirait pas son nom. Malheureusement, son autonomie trop faible (malgré les deux batteries) nous empêche de lui accorder cette palme. Il reste toutefois une alternative plaisante au Rider 5000 vendu par Go2Roues, mais ne concurrence pas totalement le CPX de Super Soco.

On a passé quelques jours en compagnie du nouveau MQI de Niu.

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Le Niu MQI GT EVO de face avec un bout de son phare rond iconique // Source : Louise Audry pour Numerama

Le look du MQI GT EVO

L’esthétique du MQI GT EVO est un quasi sans-faute, surtout au pays des deux-roues électriques qui sont souvent mal finis, avec des bouts de plastique flottant un peu partout, qui ont du mal à s’imbriquer les uns dans les autres. Niu sait faire des scooters, et ça se voit. La carrosserie est certes en plastique, mais il s’agit d’un moule original — plus gros que les gabarits des premiers MQI Sport, pour correspondre aux nouveaux besoins en deux-roues plus robustes.

Le nouveau look des « gros Niu » vient compléter le reste de la flotte « carrée » du fabricant chinois. Il y a désormais quatre grands types de scooters Niu :

  • Les nouveaux MQI
  • Les NQI, modèles historiques carrés (entre 45 km et 70 km/h)
  • Les UQI, beaucoup plus fins, qui ressemblent à des solex
  • Les petits modèles (MQI+ sport)

Le MQI GT EVO est, au niveau du style, similaire au MQI GT : la différence se situe seulement au niveau de la vitesse maximale (45 km/h ou 70 km/h), la puissance moteur et le prix.

Interface et tableau de bord

C’est au niveau du tableau de bord que le MQI GT EVO serait le plus différent de ses prédécesseurs, mais c’est aussi lui qui nous a le moins séduits. Certes, il donne beaucoup (beaucoup) d’informations, mais cela en devient trop, lorsque l’on ne sait plus où regarder. La police rouge et blanche sur fond noir est malheureusement peu visible, et l’écran trop peu éclairé pour une conduite en journée : on aurait apprécié plus de lisibilité lors de la conduite, surtout sous le soleil du printemps.

Même petite incohérence au niveau des commandes sur le guidon, assez nombreuses, voire trop : l’une permet d’allumer des feux de position, l’autre les feux de croisement, et le dernier ne sert à rien (une lumière à l’avant et à l’arrière est obligatoire sur un scooter).

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On ne voit malheureusement pas grand chose sur l’écran de bord // Source : Louise Audry pour Numerama
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Les commandes du Niu MQI GT EVO // Source : Louise Audry pour Numerama

Le reste du deux-roues a été pensé intelligemment, jusqu’à la petite gâchette amusante sous l’index gauche qui déclenche des appels de phares. Le bouton vert permet d’enclencher le scooter, le rouge klaxonne, bref, difficile de faire plus clair.

Une fois n’est pas coutume, ce scooter électrique nous a réconciliés avec le keyless. D’ordinaire, la fonctionnalité nous intéresse peu, car il faut tout de même mettre la clé dans le barillet pour enclencher le Neiman. Ici, le MQI GT EVO comprend tout seul : si le guidon est calé à gauche et que l’on éteint le scooter avec la clé à distance, ça le bloquera automatiquement. On arrête pas le progrès.

Le maxi-scooter stylé dont on rêve pour deux

Notre approche est la suivante : le NIU MQI pourrait être le scooter rêvé des urbains et des urbaines qui ne voudraient pas basculer vers les plus gros modèles comme le Rider Ng ou le Silence S01. On le sent dès la première chevauchée, le deux-roues est solide et robuste, on se sent en confiance seule comme avec un passager ou une passagère. Lorsqu’on a l’habitude de conduire proche du guidon, on aurait presque tendance à trouver qu’il y a trop de place derrière nous — il faut dire que la selle est 30 % plus longue que sur les modèles NQI.

L’accélération varie énormément en fonction du mode de conduite : en éco, n’espérez pas faire grand chose. Cependant, dès qu’on se lance en mode mixte ou en sport (notre préféré), le MQI GT EVO montre tout son potentiel. On retrouve la sensation de « vitesse sereine » que seuls nous donnent les maxi-scooters — l’accélération sera moins vive dès le premier mouvement de poignet, mais elle continuera en revanche avec beaucoup de puissance tout au long de la prise de vitesse. À l’inverse, le Rider 5000 a tendance à nous lancer à vive allure et d’atteindre un rythme de croisière plus rapidement.

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On en a, de la place à l’arrière ! // Source : Louise Audry pour Numerama
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Le Niu MQI GT EVO // Source : Louise Audry pour Numerama

On voit là comment le constructeur chinois maitrise bien sa machine, car il a exactement la même puissance moteur de 5 000W : ladite puissance est simplement répartie différemment — et les forces et faiblesses des deux scooters sont réparties différemment.

En un mot, la conduite de l’équivalent 125 de Niu, capable d’aller à 100 km/h, est imperturbable. Le freinage s’inscrit dans cette veine, étant fort, mais demandant un effort de serrage plus important que sur d’autres modèles. Traduction : serrer fort au début pour donner du mou sur la fin.

Pourquoi une autonomie si faible ?

Disons-le clairement : 80 kilomètres avec deux batteries (72V / 26 Ah chacune), ce n’est pas assez. Surtout lorsqu’elles ont une taille conséquente et pèsent près de 14 kg chacune. Au fil de la conduite, nous avons pu confirmer qu’ils s’agissaient vraiment de 80 km — il est préférable de le noter, car le Rider 5000 affiche par exemple 100 km d’autonomie maximale, alors qu’il n’en tient quasiment que 55 à 60 dans les faits.

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Les batteries du Niu MQI GT EVO // Source : Louise Audry pour Numerama

Avec deux batteries si grosses qui ajoutent 30 kg à l’appareil, on attendait à avoir, à minima, 100 km d’autonomie, pour ne pas avoir à les débrancher tout le temps. Au moins, Niu a pensé à un système pratique de branchement, qui permet de fixer très facilement la prise à la batterie, et à la retirer sans encombre grâce à sa poignée (Motron, si tu nous entends…). Il existe également un double chargeur qui permet de regagner de l’énergie simultanément avec les deux batteries, ce qui est plus pratique que de les recharger les unes après les autres — d’autant plus que le Niu a besoin d’être branché à ses deux batteries pour dépasser les 50 km/h.

C’est ici que la comparaison avec un maxi-scooter s’arrête malheureusement : pour l’être véritablement, il faudrait au MQI GT EVO une batterie supplémentaire, qui permettrait d’ajouter une dose de sérénité aux voyages.

Bonus écologique : combien d’aides de l’État ?

Contrairement au Rider 5000 qui permet de toucher 900 euros de bonus, le MQI GT EVO ne permet de récupérer que 467 euros (et presque 2 000 euros pour les professionnels). C’est déjà pas mal, mais cela ne permet pas d’absorber le prix élevé de l’appareil.

On en vient à se demander s’il ne serait pas plus intéressant de basculer sur un NQI GT simple, vendu 1 300 euros de moins avec une prime de plus de 300 euros, et qui permet d’aller tout de même jusqu’à 70 km/h avec la même autonomie (mais toujours deux batteries).

Le verdict

Niu MQI GT EVO // Source : Louise Audry pour Numerama
7/10

Niu MQI GT EVO

Le MQI GT EVO est le plus rapide des scooters électriques de Niu : il peut aller jusqu’à 100 km/h et apporte une stabilité et robustesse rare, que l’on retrouve d’habitude sur les maxi-scooters. Pourtant, ses deux batteries obligatoires de 14 kg interrogent sur son autonomie, et donc sur le public qu’il pourrait toucher. Les urbains lui préféreront peut-être un modèle moins onéreux, limité à 50 ou 70 km/h, tandis que les autres préféreront éventuellement un deux-roues légèrement plus cher, mais avec une autonomie rassurante pour les longs trajets.