Si plusieurs candidats annoncent des projets d’accompagnement vers la mobilité électrique, la sortie du diesel semble rester un sujet particulièrement tabou dans cette campagne présidentielle.

À quelques jours du premier tour des élections, les programmes des candidats à l’élection présidentielle sont passés à la loupe, y compris sur le thème du transport. Nous nous sommes demandé quels candidats oseraient prendre position sur la fin du diesel en France. Pour se faire, nous nous sommes appuyés sur les programmes des candidats, le travail de réseau action climat et de la Ligue des conducteurs, ainsi que sur l’intervention des candidats (ou leur représentant) devant la filière automobile le 15 mars dernier.

Parmi les propositions diverses liées à l’automobile, on retrouve aussi bien de grands axes de développement assez flous, que des mesures électoralistes pour séduire une frange de la population assez ciblée (exemple : la suppression du permis à point). Sur les sujets les plus sensibles, à savoir la transition écologique et la baisse des émissions de gaz à effets de serre, ils sont nombreux à botter en touche ou à faire des propositions contradictoires.  

Vers la fin de tous les modèles thermiques dès 2030

Sans surprise, c’est le programme de Yannick Jadot (EELV) qui est le plus précis sur la fin de la commercialisation des voitures diesel. Il va même plus loin, puisqu’il veut interdire la commercialisation de l’ensemble des véhicules thermiques : diesel, mais aussi essence et hybride, dès 2030. Il souhaite aussi réduire le nombre de véhicules dans son ensemble, y compris les véhicules électriques, pour favoriser les véhicules en autopartage.

Anne Hildago s’est aussi exprimée sur l’avenir du diesel, mais à Paris uniquement. Elle confirme son exclusion de la capitale dès 2024, mais ne parle ni du reste de la France, ni de la fin de la commercialisation de ces motorisations.

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Fin du diesel // Source : Pixabay

Un calendrier allongé pour Emmanuel Macron et Valérie Pecresse

Les candidats Valérie Pécresse et Emmanuel Macron proposent un calendrier allongé, ou du moins ouvert à des remises en question. Les deux candidats mentionnent qu’ils pourraient conserver les véhicules hybrides après l’échéance de 2035. Par contre, le diesel pourrait bien disparaître d’ici à 2035, même si Emmanuel Macron semble laisser une porte ouverte sur le sujet.

Des incitations pour les véhicules électriques

Plusieurs candidats (Le Pen, Zemmour, Mélenchon, Dupont-Aignan) veulent revenir en arrière sur les zones à faibles émissions, une mesure qui vise à chasser les véhicules polluants des villes (prioritairement les diesels). Ce qui pourrait laisser penser qu’ils sont plutôt favorables au maintien du diesel.

Si une bonne partie des candidats ne s’expriment pas précisément sur l’avenir des véhicules thermiques, on retrouve dans différents programmes plusieurs thématiques en faveur du développement du véhicule électrique :

  • Le développement des infrastructures de recharge : Anne Hidalgo, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan
  • Des aides à l’acquisition ou la location de véhicules électriques : Valérie Pécresse, Nicolas Dupont-Aignan, Anne Hidalgo, Emmanuel Macron
  • ou encore le développement du Retrofit : Jean Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, Yannick Jadot
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Borne de recharge publique de Rambouillet // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Le candidat Fabien Roussel est le seul à aborder les recommandations du GIEC en investissant 6 % du PIB (contre 2 % actuellement) soit 140 milliards d’euros contre 47 milliards aujourd’hui. Mais il ne détaille pas son programme sur la thématique.

Pas à l’ordre du jour chez Jean Lassalle, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud et Eric Zemmour

Jean Lassalle ne veut pas entendre parler de la fin du diesel ou de l’essence. Il est assez nostalgique du bon vieux temps, et aurait plutôt tendance à revenir à l’automobile d’avant. Il veut quand même bien aider au développement de carburants alternatifs, mais il ne mentionne jamais l’électrique. Quant à Eric Zemmour, il veut supprimer les zones à faibles émissions dans les villes, le reste de son programme est finalement assez proche des préoccupations de Jean Lassalle sur plusieurs aspects.

Nathalie Arthaud ne s’exprime pas vraiment sur ce sujet. La candidate est préoccupée par le pouvoir d’achat des conducteurs et de la qualité des infrastructures routières. Philippe Poutou n’a lui pas souhaité s’exprimer sur le sujet tout court, et n’en fait pas mention dans son programme.