Le nouvel SUV Evoque de Land Rover dispose d'un rétroviseur pouvant devenir un vrai écran. C'est déroutant.

En fin d’année dernière, Land Rover a annoncé le relooking de son Evoque. S’il n’est pas (encore) hybride rechargeable, ni électrique, le SUV compte faire la différence sur plusieurs technologies embarquées. En tête de file, on retrouve cet atypique rétroviseur intérieur capable de se transformer en un écran. Nous avons eu l’occasion de rouler plusieurs kilomètres, sur des routes allemandes, avec cette option baptisée ClearSight. Le nom est évocateur : le but de ce rétroviseur/écran est d’améliorer la visibilité à l’arrière quand on est au volant.

Pour ce faire, les ingénieurs de Land Rover ont placé une caméra dans un petit — et plutôt discret — aileron de requin situé à l’arrière du toit. Une fois confortablement installé sur son siège, on peut choisir d’utiliser le rétroviseur dans une configuration classique ou d’afficher constamment ce que diffuse la caméra. Appréciable, l’expérience s’avère néanmoins déroutante.

Museau du Land Rover Range Rover Evoque // Source : Numerama

Un vrai gain en visibilité

Dans la présentation de la fonctionnalité, Land Rover insiste sur l’intérêt premier de ClearSight : offrir une visibilité sur l’arrière quand la vue est obstruée (par un passager et/ou un objet encombrant). Mais on peut aussi se servir de ClearSight tout le temps. Premier point à souligner, l’écran est HD et on peut ajuster la luminosité et l’angle de la caméra (pour voir plus haut ou plus bas selon ses préférences).

Autre élément qui plaide en sa faveur, l’angle de vision est bien plus important qu’un rétroviseur classique. Au lieu de voir à travers la vitre arrière, on obtient une bonne visibilité sur tout ce qui se passe derrière (angle de vision à 90 degrés), y compris les angles morts. C’est une habitude à prendre.

Caméra arrière du Land Rover Range Rover Evoque // Source : Numerama

Il faudra en outre se faire à la mise au point rapide opérée par les yeux quand on regarde l’écran (accommodation oculaire). Il y a cette impression d’avoir un flash et, sans avertissement au préalable, cela peut surprendre. Nous n’avons pas roulé suffisamment longtemps pour qualifier cette gêne sur le long terme. Peut-être finit-elle par s’estomper avant de disparaître totalement une fois l’œil acclimaté à cet écran placé très (trop ?) près du visage.

Gif Land Rover // Source : Numerama

En tout cas, hormis ce léger défaut visuel, les bénéfices de ClearSight sont réels et on n’a plus envie de mettre le rétroviseur classique après y avoir goûté.

Rétroviseur-écran du Land Rover Range Rover Evoque // Source : Numerama

Un SUV élégant à l’accélération un peu capricieuse

On ne résumera pas le Evoque à son ClearSight. Déjà parce qu’il prend la forme d’un SUV d’une élégance captivante. Avec ses lignes arrondies, son toit plongeant, son museau court et son format compact (la longueur d’une Ford Focus), l’Evoque ne veut pas agresser le regard. Il préfère l’attirer avec une silhouette effilée. Si d’aucuns estiment qu’il ressemble un peu trop à son prédécesseur, Land Rover répond en disant que le design a été pensé comme « le deuxième album d’un groupe de musique ». En bref, on parle ici d’une réinvention sans aucune trahison.

L’Evoque matérialise cette notion de raffinement. Néanmoins, il est dommage de voir encore de l’instrumentation non numérique sur les finitions inférieures. Ce point tranche avec la volonté d’introduire de la technologie en douceur, sans l’imposer. Il tranche surtout avec le joli écran déployable de 10 pouces dédié à l’infodivertissement (l’Evoque ne manque de rien et dispose par exemple des compatibilités CarPlay et Android Auto) et le mixe entre interfaces tactiles et boutons physiques — comme sur la I-Pace de Jaguar.

Intérieur du Land Rover Range Rover Evoque // Source : Numerama

Toutes les versions — essence et diesel — sont pourvues d’une hybridation légère (en attendant les vrais motorisations hybrides). Concrètement, le moteur thermique est associé à un petit bloc de 48V pour récupérer un peu d’énergie cinétique au freinage. Cet ajout permet de soulager le moteur à l’accélération et de réduire la consommation (réduction de 6 % selon les chiffres du constructeur). Sur le papier, jusqu’à 17 km/h, les quatre cylindres ne ronronneront pas. Au volant, l’Evoque se conduit sans déplaisir, même si on aurait aimé une accélération moins capricieuse (en mode dynamique y compris).

Volant du Land Rover Range Rover Evoke // Source : Numerama

Cap sur le tout-terrain

Durant notre essai, Land Rover nous a invité à essayer l’Evoque sur un parcours off-road, constitué de petits ateliers simulant des conditions extrêmes (des côtes et des descentes très pentues). Alors que certaines portions paraissaient compliquées, voire impossibles à négocier, le SUV, dont l’inspiration est urbaine, s’est montré très à l’aise dans l’exercice. C’est une preuve qu’il en a sous la pédale et que son freinage lui assure une stabilité sans faille même sur une pente très, très inclinée.

Land Rover Range Rover Evoque en off-road // Source : Numerama

Pour améliorer les performances off-road de son Evoke, Land Rover a encore misé sur des caméras. Avec l’option Clear Sight Ground, on peut bénéficier d’une visibilité sur le sol et les bas côtés. Le placement des capteurs permet par exemple de se diriger plus facilement quand le nez de la voiture est orienté vers le ciel (c’est fréquent quand on grimpe une côte) ou d’éviter certains pièges (des trous sur le parcours). En somme, ce dispositif bienvenu est susceptible d’enlever quelques freins au moment de réaliser des manœuvres complexes (même en ville, finalement).

Land Rover va jusqu’à proposer une super-assistance qui fait grimper la voiture toute seule dans certaines situations. Oui, on se rapproche de la conduite presque autonome.

Arrière du Land Rover Range Rover Evoque // Source : Numerama

Le Ranger Rover Evoque de 2019 est vendu à partir de 40 000 €. Vous pouvez réserver un essai à cette adresse.

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