Des chercheurs chinois sont parvenus à trouver trois failles dans les voitures Tesla. Certaines ont déjà été corrigées. Sur le long terme, ces travaux participent néanmoins à renforcer la sécurité des voitures.

Le groupe de chercheurs chinois Keen Security Lab, financé par Tencent, continue ses expérimentations sur les voitures Tesla. Dans une nouvelle étude publiée le 29 mars 2019, ils sont parvenus à réaliser trois choses : activer les essuie-glaces en faisant croire qu’il pleuvait, tromper l’Autopilote lors d’un changement de voie et contrôler le volant à distance avec une manette.

Premier point à savoir, la Model S utilisée par Keen Security Lab disposait d’un firmware qui commence à dater (le 2018.6.1, déployé l’année dernière). Autrement dit, peut-être que les failles décelées ont été corrigées depuis.

Le réseau neuronal trompé par des objets physiques

Concernant les essuie-glaces, Keen Security Lab rappelle qu’il s’active non par un capteur d’humidité, mais par l’algorithme capable de détecter la pluie grâce aux caméras de l’Autopilote. Keen Security Lab est parvenu à tromper la technologie en diffusant une image sur un téléviseur. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’un risque de sécurité, simplement d’une limite du réseau neuronal amené à évoluer dans le temps. « Ce n’est pas une situation de la vie de tous les jours », explique Tesla, qui rappelle que les essuie-glaces automatiques fonctionnent toujours en bêta. 

Pour tromper le changement de voie opéré par l’Autopilote, Keen Security Lab a simplement collé des autocollants sur la route. «  L’Autopilote de Tesla reconnaît les voies et assiste la conduite en identifiant les marquages au sol. Grâce à nos recherches, nous pouvons prouver que placer des autocollants interférents sur la route amène l’Autopilote à enregistrer ces informations et à la juger anormalement, ce qui fait prendre une mauvaise voie à la voiture », explique l’institut. Un résultat qui rappelle certains accidents survenus quand l’Autopilote était actif et que le marquage au sol n’était pas net. Il fait dire à Tesla que le conducteur a toujours la possibilité de (et même, doit) reprendre le contrôle pour corriger les erreurs de jugement de l’intelligence artificielle. 

Enfin, grâce à un hack du système animant l’Autopilote, Keen Security Lab a réussi à prendre le contrôle du volant via une manette connectée à un appareil mobile. En fonction du mode de conduite, le contrôle peut être limité au-delà d’une certaine vitesse. Sur cette vulnérabilité, Tesla explique que des correctifs ont été appliqués en 2017 et en 2018.

Autopilote Tesla // Source : Capture du 1er mars 2019

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