Plus de 200 constructeurs de véhicules électriques ou hybrides fournissent au gouvernement chinois des données personnelles, comme la géolocalisation des propriétaires des voitures.

En Chine, mieux vaut ne pas acheter de voiture électrique si vous ne voulez pas que le gouvernement sache où vous êtes. L’agence Associated Press a révélé le vendredi 30 novembre que plus de 200 constructeurs fournissaient au gouvernement les données de géolocalisation des véhicules électriques et hybrides.

Tesla, Volkswagen et BMW parmi les constructeurs concernés

Parmi les constructeurs concernés, on trouve Tesla, Volkswagen, BMW, Daimler, Nissan, General Motors, Ford ou encore Mitsubishi. Toutes transmettent à des instances gouvernementales les données de géolocalisation ainsi que «  des douzaines » d’autres types de données.

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Des douzaines de données sont collectées et transmises au gouvernement chinois. Image d’illustration. // Source : Opel

En Chine, le gouvernement impose la collecte de données sur les véhicules « propres ». L’explication officielle fournie est que les données servent à améliorer la sécurité publique, à faciliter le développement industriel, et à détecter la fraude aux subventions dans certains cas.

Les données sont partagées en temps réel avec le gouvernement. Certains estiment qu’elles peuvent ou pourraient servir à des fins de surveillance. « Le gouvernement veut savoir où sont les gens à n’importe quel moment de la journée, et veut pouvoir réagir le plus vite possible [en cas d’incident], a ainsi regretté Maya Wang, chercheuse pour l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch. Il n’y a aucune protection contre la surveillance étatique. »

Comme le remarque Associated Press, les autres grands marchés comme les États-Unis, le Japon et l’Europe, ne collectent pas de telles informations.

L’anonymat des données n’est pas garanti

Les constructeurs qui se sont exprimés ont expliqué avoir dans un premier temps dû céder aux exigences du gouvernement chinois. Mais ce marché pourrait leur rapporter gros (750 milliards de dollars d’ici 2030 selon le cabinet d’analyses de marché McKinsley). Certains, comme le groupe Volkswagen, ont donc cédé, tout en n’excluant pas la possibilité que les données soient effectivement utilisées pour surveiller des citoyens. Ils ont argué qu’elles étaient anonymes, mais Associated Press estime qu’il n’est pas possible de garantir cet anonymat en l’état des choses.

Les propriétaires de voitures électriques ne savaient, pour la plupart, rien de cette collecte de données

Les propriétaires chinois de voitures électriques ou hybrides ne savaient, pour la plupart, rien de cette collecte de données. Sur ceux interrogés, seul un a avoué être au courant, parce qu’il travaille en tant qu’ingénieur dans une entreprise qui fabrique des véhicules électriques. Tesla, qui n’a pas souhaité répondre à des questions précises, a indiqué qu’il était précisé dans la politique de confidentialité de ses appareils que des données pouvaient être transmises à des tiers « lorsque la loi l’exige ». Le constructeur a reconnu ne pas avoir précisé que tel était le cas en Chine.

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