Au fur et à mesure que les années passent, les icônes de l’automobile française se rajoutent au patrimoine. Oubliez les années 1960, 1970 ou 1980, la nostalgie touche désormais les années 1990. Et quelle voiture a marqué son époque lors de sa sortie ? La Renault Twingo bien sûr. Après avoir disparu du catalogue en 2024, elle fait son grand retour avec une motorisation 100 % électrique (uniquement) en 2026. Plus qu’un simple renouvellement de modèle, le constructeur au losange célèbre sa citadine avec une réinterprétation moderne de la première génération, celle qui était surnommée « la Grenouille ».
Le concept présenté en 2024 puis la présentation officielle du modèle de série fin 2025 ont tenu la sphère auto en haleine (moi inclus). En ce début de printemps 2026, il est enfin temps de passer la nouvelle Twingo électrique au crible… sur la route. Numerama a eu le plaisir de se rendre sous le soleil d’Ibiza pour l’essayer et voir que la citadine s’apparente bien à une arme de séduction massive. Récit de notre première prise en mains.
Design extérieur de la Renault Twingo E-Tech : capital sympathie assuré
A-t-on encore vraiment besoin de décrire le style de cette quatrième génération de Twingo ? Exit la silhouette consensuelle du modèle précédent, place aux rondeurs à gogo et aux gimmicks de la toute première mouture. On aime ou pas. Personnellement, je suis du premier avis et je suis loin d’être le seul. Renault a fait venir une armada de rainettes vertes, jaunes et rouges. Autant dire que sur une si petite île comme Ibiza, les passants en ont vu littéralement de toutes les couleurs. Ce n’est pas pour leur déplaire à en croire les regards souriants (parfois étonnés).

Ce que je préfère sur cette nouvelle Twingo, ce sont les projecteurs LED, qui semblent être incrustés dans la carrosserie, la forme des vitres latérales arrondies à souhait et dépourvues de joints visibles, ou encore les ailes arrière bien galbées. À l’inverse, je suis un peu moins fan de l’épaisse pièce en plastique noir moucheté qui entoure la lunette arrière. Petit détail : le capot ne peut pas être ouvert par soi-même. Il est seulement possible de faire le niveau de lave-glace en déverrouillant la barrette du milieu où se trouvait l’ancienne triplette de prises d’air.

Six coloris sont disponibles : vert, jaune, rouge, blanc, noir ou gris. Si la première teinte est identique à celle du concept, mon coup de cœur se porte sur le rouge métallisé (+ 600 €). En espérant que les clients joueront un peu le jeu et n’opteront pas uniquement pour les trois derniers de la liste, trop tristounets pour une telle voiture.

Un rappel des dimensions, la Renault Twingo E-Tech mesure 3,79 m de long pour 1,72 m de large et 1,49 m de haut. Pour ce qui est des jantes, la Twingo est livrée d’office avec des enjoliveurs de 16 pouces quelle que soit la version. Dans le cas de mon modèle d’essai, elle est équipée de jantes de 18 pouces en option (600 €).

Design intérieur de la Renault Twingo E-Tech : finalement pas si mal
Habitacle et finition
Si l’habitacle du concept se voulait coloré avec sa sellerie à motifs, celui du modèle de série nous avait quelque peu laissé sur notre faim lors de notre découverte en avant-première. D’un tissu noir des plus élémentaires en entrée de gamme Evolution, les sièges sont revêtus dans la finition Techno ici présente d’un textile gris chiné. Mouais.

Même son de cloche pour l’omniprésence de plastiques noirs, participant au léger manque de fun à bord. Pour égayer la présentation, il faut s’en remettre aux inserts ton caisse sur les contreportes (comme la Twingo I) et l’incrustation sur le tableau de bord rappelant à nouveau la couleur extérieure (mais uniquement en finition Techno).

Est-ce bien dramatique ? Finalement pas tant que ça, puisqu’on a plutôt les yeux rivés sur la route et pas sur des détails de finitions. Renault a fignolé certains détails, comme l’ouverture des portes qui ne se fait plus par une grosse pièce protubérante et qui est mieux intégrée dans la poignée.

Confort et espace à bord
Les sièges ont également progressé par rapport à notre première rencontre du modèle. Assez fermes auparavant, ils offrent un meilleur moelleux sur la version de série grâce à une mousse différente. Malgré un volant qui paraît surdimensionné par rapport au reste du cockpit, la position de conduite est bonne, tandis que la généreuse surface vitrée offre une visibilité suffisante sur les côtés. Toutefois, le toit tombant assez bas, les feux de circulation en hauteur sont bien souvent cachés.
Concernant le confort aux places arrière, il est possible d’avoir un espace suffisant pour voyager à l’aise en jouant de la profondeur. Cela dépendra de la position de la personne devant vous et du volume de coffre souhaité. Une fois mon siège conducteur correctement réglé, il ne fallait pas vouloir avoir beaucoup de coffre.

Les commandes de la Twingo vont à l’essentiel, au profit de l’ergonomie. Mention spéciale pour les molettes de climatisation, agréables à utiliser tout en apportant une touche plus léchée à la présentation. Les sièges chauffants (option sur Techno à 300 €) sont réglables en une touche en bas de l’écran.

Passons à l’un des éléments cruciaux de l’intérieur de la citadine française : l’habitabilité. À l’instar de sa première génération, la nouvelle Twingo mise sur la modularité avec comme figure de proue ses deux sièges arrière coulissants (sur 17 cm). De quoi faire varier le volume de coffre de 260 à 360 litres (dont 50 litres de sous-coffre). Une fois les assises du fond rabattues, la capacité de chargement grimpe à 1 010 litres, tandis que le siège passager avant peut s’incliner (version Techno uniquement) pour pouvoir embarquer des objets de 2 m de long.

Le reste des rangements est assez sommaire. On peut poser son smartphone ou des lunettes dans les petits espaces dans le tableau de bord, ou bien sur la petite tablette au-dessus de la console centrale. Cette dernière peut d’ailleurs accueillir un ensemble d’accessoires (de couleurs) permettant de segmenter ou fermer l’espace de rangement. Le reste de l’habitacle possède aussi des points d’ancrage afin de recevoir toute une gamme de petits équipements.
Info-divertissement et aides à la conduite de la Renault Twingo E-Tech : technologique à souhait
La grenouille ne lésine pas sur la technologie : instrumentation numérique de 7 pouces et écran tactile de 10 pouces sont de série. Ces derniers possèdent des éléments graphiques spécifiques au modèle ajoutant une petite dose de fun. Sur la version « haut de gamme » Techno, le logiciel s’appuie sur le plébiscité écosystème de Google, lequel garantit une excellente réactivité. On profite également du planificateur d’itinéraire embarqué, même si l’on sait que les longs trajets ne seront pas le grand atout de la Twingo (de toute manière, on fait vite le tour de l’île d’Ibiza).

En termes de systèmes d’assistance à la conduite, la Twingo embarque jusqu’à 24 aides. On retrouve les fonctions traditionnelles telles que la détection des panneaux, le maintien dans la voie, l’alerte d’angle mort et le régulateur de vitesse (adaptatif sur Techno). Il existe même une fonction de stationnement semi-autonome (la voiture tourne toute seule, mais il faut jouer des pédales), qui est incluse dans un pack facultatif.
Au volant de la Renault Twingo E-Tech : conduite joviale en perspective
Rigolote à admirer, la nouvelle Renault Twingo électrique est-elle aussi fun à conduire ? Pour la faire courte : assurément. Niveau puissance, les 82 ch et 175 Nm de couple ne vous colleront clairement pas au siège, d’autant que leur délivrance se fait tout en douceur (0 à 100 km/h en 12,1 s). Néanmoins, cela reste amplement suffisant pour l’utilisation que l’on fera de cette auto.

Reposant sur la même plateforme que la R5, la citadine prend déjà un bon départ sur le comportement routier. La conduite se veut agréable, sage et pas tellement dynamique, ce dont on pouvait bien se douter. Il n’en reste pas moins possible d’emmener plus « sauvagement » la grenouille, ce que je n’ai pas manqué de faire sur certaines portions très sinueuses de l’île ibérique. En outre, l’agilité de la Twingo passe par une direction légère et surtout directe ainsi qu’un poids contenu de 1 200 kg (merci la petite batterie).

Relativement solide sur ses appuis, la Twingo laisse paraître peu de mouvements de caisse, mais pourra rapidement montrer ses limites sur un rythme élevé et fera intervenir l’anti-dérapage (ESP). Cela vient notamment du train arrière qui a été changé pour réduire les coûts : exit l’essieu multibras, place à un système moins rigoureux et plus simple dit « souple ». Évidemment, une telle conduite n’est pas tant représentative de la réalité, alors que la marque nous a confié qu’elle travaillait encore sur le sujet pour limiter cette saturation de la poupe.

L’environnement typique de la Twingo sera évidemment la ville, où elle excelle naturellement en braquant à merveille. Une copie parfaite ? Ce serait trop beau. On regrettera une suspension trop sèche à l’arrière qui vous demandera de faire attention à l’approche des dos-d’âne sous peine de vous secouer comme il faut. Et à Ibiza, les ralentisseurs sont une vraie épidémie. Le deuxième bémol vient de l’isolation, avec des bruits d’air envahissant la cabine dès 80 km/h. Quelques bruits de roulements — au niveau des roues — peuvent aussi s’inviter, mais restent limités.

Terminons sur le freinage, lequel se montre consistant et bien mordant avec une pédale ferme. Renault a particulièrement soigné la partie régénérative. En version Techno, on trouve des palettes au volant permettant de piloter la puissance de récupération sur 3 niveaux + un mode One Pedal. Ce « frein moteur » est donc dosable facilement et ne se montre pas trop brutal pour les occupants. Malheureusement, la version d’entrée de gamme est dépourvue de ces réglages et doit se contenter d’un seul et unique mode « B ».
Autonomie et consommation de la Renault Twingo E-Tech : un vrai moineau
Renault a misé sur une batterie LFP de petite capacité : 27,5 kWh. Pas besoin de plus, quand l’efficience est au rendez-vous. En l’occurrence, après 2 jours d’essai et environ 275 km parcourus, j’ai relevé une consommation moyenne de 11,8 kWh/100 km, soit moins que la moyenne WLTP de 12,2 kWh/100 km ! Après un rapide calcul, on obtiendrait ainsi une autonomie réelle de plus de 230 km. Largement suffisant pour le quotidien. À noter que les conditions étaient, vous vous en doutez, idéales avec des températures autour des 20 °C et un soleil plombant.

La recharge est un sujet épineux sur la Twingo, puisqu’elle n’est pas compatible de série avec les bornes rapides. Pour en profiter, il faut obligatoirement cocher l’option du pack « Advanced Charge » facturé 500 €. Ce dernier fait passer le chargeur embarqué de 6,6 kW à 11 kW, tandis qu’il ajoute la charge rapide (50 kW) permettant de passer de 10 à 80 % en 30 minutes.

Prix et concurrence de la Renault Twingo E-Tech : la meilleure du marché
La Renault Twingo signe sa copie par des prix canons. En version Evolution, la grenouille démarre à partir de 19 490 € et 21 090 € en version Techno. Grâce à sa fabrication à l’usine de Novo Mesto, en Slovénie (où elle est produite depuis 2007), la citadine peut profiter des primes CEE. De quoi saper le ticket d’entrée à 15 870 €, voire 13 750 € avec le montant maximal. Même les chinoises ne font pas mieux.

La question est donc simple : que reste-t-il à la concurrence ? La BYD Dolphin Surf est certes très technologique, elle n’est pas aussi endurante en entrée de gamme ni performante que la Twingo et elle est tout bêtement plus chère (19 990 €). Même en interne, la Dacia Spring (16 900 €) se retrouve bien lésée face à la citadine au losange. Enfin, la Citroën ë-C3 (19 990 €, mais éligible aux primes) ne fait pas non plus le poids sur le rapport prix/prestations.
Le verdict

Renault Twingo (2026)
Voir la ficheOn a aimé
- Agile tant en ville que sur petites routes
- Très efficiente
- Prix canon
- Gestion du freinage régénératif
- Look craquant
On a moins aimé
- Suspension sèche sur les bosses
- Bruits d’air notables dès 80 km/h
- Attention à ne pas trop la brusquer non plus en virage
- Pas assez de couleurs encore ?
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