C’est une première européenne depuis les dernières négociations entre l’Europe et la Chine au sujet de la surtaxe. Alors que la Commission européenne mène une guerre commerciale sans merci contre les véhicules électriques « made in China » (avec des taxes pouvant grimper jusqu’à 37,7 %), le Cupra Tavascan vient d’obtenir un traitement de faveur inédit.
La décision de la Commission européenne a été publiée au Journal officiel de l’Union européenne, le 9 février 2026, et relayée par Reuters le 10 février. Si c’est une apparente bonne nouvelle pour Cupra, l’annonce fait l’effet d’une bombe dans le secteur automobile. Et malgré les apparences, l’information est loin de réjouir les autorités chinoises.
Un accord individuel qui change la donne
Selon les informations de Reuters, cette exemption est le fruit d’une négociation serrée entre le groupe Volkswagen et la Commission européenne à Bruxelles. Officiellement, Cupra aurait réussi à montrer patte blanche par rapport à la production chinoise de son Cupra Tavascan électrique.

L’entreprise – qui n’avait pas été consultée lors de l’enquête préliminaire de l’UE, car le modèle n’existait pas encore – a su démontrer que la production de son Tavascan dans l’usine d’Anhui n’est pas le fruit de subventions étatiques chinoises « déloyales », mais d’un investissement massif 100 % européen.
Volkswagen a convaincu la Commission que détaxer le Tavascan était plus bénéfique pour l’économie européenne (et les profits d’un groupe allemand) que de le punir. Un précédent qui risque de faire grincer des dents chez Tesla ou BMW, toujours en attente d’un geste similaire.
Pourquoi le prix du Cupra Tavascan ne va pas (forcément) baisser
Il est tentant de se dire que si le Tavascan échappe à la surtaxe douanière d’environ 20 %, son prix va baisser d’autant en concession pour le client final. Ce n’est pas aussi simple, car l’exemption tarifaire implique deux contreparties de la part du constructeur.
La première et la plus importante pour le client, c’est que Cupra s’est engagé à respecter un tarif minimal à l’importation, gardé secret, pour obtenir cet accord. La marque n’est donc plus surtaxée, mais elle n’est pas libre de casser son prix, en bénéficiant des avantages concurrentiels d’une production à coût réduit en Chine. La Commission européenne va contrôler Cupra pour s’assurer que la marque tient ses engagements.

La seconde contrepartie concerne le volume de Cupra Tavascan que la marque pourra importer dans le cadre de cette négociation. Là encore, les quotas négociés sont gardés secrets. En 2025, le modèle s’est vendu à 36 000 exemplaires en Europe, et seulement 2 124 unités en France, le modèle étant en plus privé de l’éco-score, ce qui signifie : pas de bonus/coup de pouce CEE et pas de fiscalité avantageuse pour les entreprises.
Pourquoi cette annonce contrarie-t-elle la Chine ?
Le tour de force de Volkswagen ne fait pas que des heureux, à commencer par la Chine. Les autorités chinoises et la CCCME (la chambre de commerce locale) ont officiellement fustigé la méthode de Bruxelles. Leur reproche ? La Commission européenne a préféré négocier « dans le dos » du collectif en signant un accord bilatéral secret avec VW Anhui, plutôt que de traiter avec l’ensemble des constructeurs chinois.
Pour la Chine, c’est une stratégie de « diviser pour mieux régner » qui brise le front uni de l’industrie et crée une forme de favoritisme pour un groupe automobile européen.
De son côté, la Commission européenne balaie l’argument d’un revers de main technique. Elle rappelle que le règlement européen permet à n’importe quel exportateur de proposer son propre « engagement de prix » (un prix plancher) pour compenser les subventions reçues. Volkswagen a été le seul à soumettre une offre jugée solide et réalisable.
En acceptant ce deal individuel, l’Europe donne un coup de pouce indéniable à l’un des fleurons industriels européens tout en gardant les détails de l’accord sous clé, au grand dam du gouvernement chinois qui exigeait plus de transparence sur les coulisses de cet accord.
Le cas du Cupra Tavascan ne restera pas une exception. En réussissant à faire sauter le verrou douanier de Bruxelles par un « accord de prix minimum », Volkswagen vient d’ouvrir une brèche dans laquelle tous les constructeurs occidentaux produisant en Chine vont tenter de s’engouffrer. Qui de Dacia, Mini ou Tesla va tenter sa chance ensuite ?
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