La mission Artémis 1 est censée décoller cet été. Si les choses tournent mal, la Nasa a prévu des dizaines de dates de repli. Il y en a même qui sont listées en 2023.

2022 est une année cruciale pour le retour de l’humanité sur la Lune. Elle doit en effet marquer le début du programme Artémis, qui succède aux célèbres missions Apollo plusieurs décennies plus tard. Ce premier jalon sera modeste : il n’y aura pas d’alunissage avec des astronautes, ni d’alunissage tout court. Il n’y aura même personne à bord de la capsule.

Mais la mission Artémis 1 aura beau être inhabitée, son importance dans le vaste plan de la Nasa n’est pas à minorer : le vol va permettre non seulement de mettre à l’épreuve la nouvelle colossale fusée de l’agence spatiale américaine (le Space Launch System — SLS), mais aussi de tester la capsule Orion, qui fera une boucle autour de la Lune à cette occasion.

Aux dernières nouvelles, la mission Artémis 1 est censée partir fin juillet 2022. À supposer que les choses se passent bien, car toute difficulté pendant les phases préparatoires du vol risque d’occasionner du retard — la Nasa ne peut se permettre de laisser une incertitude : au moindre écart, la Nasa doit vérifier ce qu’il se passe et corriger tout souci, le cas échéant.

La Nasa est également contrainte par des paramètres externes, à commencer par la mécanique spatiale : la Lune a beau être toute proche de la Terre (elle est à moins de 385 000 kilomètres), présenter une orbite elliptique qui est prévisible et dont les particularités ont été documentées, cela reste un exercice de calcul mathématique et de physique de haute volée.

La Nasa liste aussi des opportunités de vol en 2023, au cas où

C’est pour cela que la Nasa a prévu au plus tôt un lancement le 26 juillet, puis une série de dates de repli si jamais les créneaux suivants étaient manqués. Et on peut dire que l’agence spatiale américaine a prévu large : elle a listé des dizaines de fenêtres d’opportunité pour Artémis 1 au cas où les premières opportunités ne pourraient pas être saisies.

La Nasa a en fait identifié toutes ses possibilités pour l’année à venir, entre juillet 2022 et juin 2023 ! Il y a au total 158 fenêtres de lancement, certaines taillées pour des missions de relative courte durée (la mission durerait 26 à 28 jours, le temps pour Orion de faire sa boucle autour de la Lune puis de revenir), d’autres pour des vols plus longs (38 à 42 jours).

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La Nasa a de quoi rebondir si des reports s’imposent. // Source : Nasa

Il est à noter que le Space Launch System est techniquement disponible n’importe quand. On peut tout à fait planifier son décollage de jour comme de nuit, à n’importe quelle heure, tant que les conditions météorologiques sont convenables. Ce qui peut constituer un vrai frein, c’est au niveau de la capsule Orion, puisque c’est ce véhicule qui doit tenir compte de la trajectoire de la Lune.

Il est à souhaiter pour la Nasa qu’elle n’ait pas besoin d’aller chercher les dernières dates de son calendrier prévisionnel pour Artémis 1, car cela serait le signe d’un très gros retard occasionné par un problème d’ampleur. Cela aurait alors pour effet de provoquer vraisemblablement le décalage des missions suivantes et qui comptent sur la réussite de la première pour advenir.