Le réseau social créé par l’ancien président américain Donald Trump a tout juste 2 jours d’existence, mais il fait déjà face à de nombreux problèmes. Entre hack et accusations de plagiats, Truth Social est attaqué de toute part.

Il n’aura pas fallu bien longtemps pour que le nouveau réseau social monté par Donald Trump connaisse ses premiers problèmes. Lancé en grande pompe le 20 octobre 2021, Truth Social est déjà accusé, deux jours plus tard, de plagiat et des hackers malicieux ont également trouvé un moyen de s’infiltrer sur le site pour le défacer.

Des accusations de plagiat de la part de Mastodon

Vendu comme un réseau social qui souhaite « rivaliser avec le consortium médiatique de gauche et les outils des géants de la tech », Truth Social est en fait une sorte de Twitter bis, où l’ancien président américain pourra partager ses différents avis sans risquer de se faire bannir.

Pour construire son site, l’équipe de Trump semble s’être fortement inspirée de Mastodon, l’alternative décentralisée à Twitter. On retrouve en effet des mentions à Mastodon dans le code source du site et la page d’accueil de Truth Social ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Mastodon.

Cela n’est pas totalement un hasard, puisque l’équipe de Donal Trump semble avoir tout simplement emprunté une partie du code de Mastodon pour créer Truth Social. En apparence, cette utilisation n’est pas illégale puisque le code source de Mastodon est distribué sous licence libre (plus précisément sous licence AGPL3). Truth Social est donc libre de réutiliser et de modifier ce code.

En revanche, les conditions de partage de l’AGPL 3 précisent bien qu’en cas de modification « vous devez accorder une licence pour l’ensemble de l’œuvre […] sous cette licence  ». Cela signifie que tout site basé sur cette licence libre doit également être distribué sous licence libre. Il est aussi obligatoire que le site porte « des mentions bien visibles indiquant que le code original a été modifié ».

Il semblerait que Truth Social ne respecte aucune de ces obligations. Le code source n’est pas disponible et aucune mention de modification du code n’est affichée dans les conditions de service du site. Pire encore, il est écrit noir sur blanc que « tout le code source » de Truth Social est « détenu et contrôlé » par l’équipe technique du site et protégé par copyright.

Interrogé sur cette question de violation de licence, le fondateur de Mastodon Eugen Rochko explique « vouloir demander un conseil juridique sur la situation ». « Le respect de notre licence AGPLv3 est très important pour moi, car c’est la seule raison pour laquelle moi et d’autres développeurs sommes prêts à offrir gratuitement des années de travail  », précise le développeur.

Photos obscènes et usurpation d’identité

En parallèle de ces problématiques légales, Truth Social a connu une autre déconvenue, technique cette fois-ci. Avant même que le site ne soit officiellement lancé sur invitation pour une poignée d’heureux élus, des hackers ont trouvé un moyen de s’inscrire sur la plateforme et y ont mis quelque peu le bazar, pour rester poli.

Deux heures à peine après l’annonce de lancement du site, des pirates se réclamant de la mouvance Anonymous ont créé de faux comptes sous l’identité de Donald Trump, Steve Bannon (l’ancien conseiller du président), Mike Pence (l’ancien vice-président) et Jake Dorsey (le PDG de Twitter).

S’en est suivi un festival de messages trollesques avec des insultes adressées par le faux Donald Trump au faux Jack Dorsey, des mentions de la théorie du complot concernant Melania Trump et même une photo d’un porc déféquant sur son propre scrotum.

L’un des nombreux messages postés par le faux compte de Donald Trump // Source : Claire Goforth — Twitter

Une poignée de minutes plus tard, le site était mis hors ligne, les inscriptions n’étaient plus possibles et tous les faux comptes ont été supprimés. Le 21 octobre au matin, le site était revenu, mais il restait impossible de s’inscrire ou de s’identifier.

« On s’est bien marré à le troller comme pas possible », a expliqué un représentant de la mouvance Anonymous au Washington Post. Cette destruction méthodique de Truth Social fait partie, selon certains membres de la mouvance, de la nouvelle « guerre contre la haine » menée par la nébuleuse Anonymous.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo