Alors que les critiques sur la consommation énergétique du bitcoin sont de plus en plus vocales, des sociétés de minage ont décidé de former un Conseil du minage du bitcoin pour promouvoir de meilleures pratiques. L'entité a tenu son premier point sur Twitter Spaces, dévoilant plus en détails ses objectifs.

Le Conseil sur le minage de bitcoin a tenu sa première réunion publique, le 16 juin, nous apprend The Block. Créé dans le sillage de la marche arrière de Tesla sur le bitcoin, cette initiative regroupe plusieurs sociétés crypto désireuses de promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables dans le minage de bitcoin. On y trouve notamment MicroStrategy, Argo Blockchain, Blockcap, Core Scientific, Galaxy Digital ou encore Hive Blockchain Technologies.

Cette réunion de 90 minutes était publique et s’est tenue sur Twitter Spaces, l’outil du réseau social à l’oiseau bleu qui propose des espaces de conversation à la façon de Clubhouse. « Le Conseil sur le Minage de Bitcoin est un forum ouvert à tous les mineurs de bitcoin qui se sentent concernés par le réseau et ses principes fondateurs », a précisé Jamie Leverton, PDG de Hut 8 Mining. Une des missions principales de ce conseil est de permettre l’échange de bonnes pratiques et de promouvoir une plus grande transparence sur le minage de Bitcoin et sa consommation énergétique.

Le Conseil sur le minage de bitcoin est ouvert aux mineurs du monde entier, sans critère de sélection. // Source : CC0/Mohammed Hassan pour Pxhere

Pas de critères de sélection ni de règles contraignantes

Le problème que celle-ci pose n’est pas nouveau, mais est devenu particulièrement visible après que Elon Musk a annoncé que Tesla n’autoriserait plus le paiement en bitcoin tant que le minage de cette cryptomonnaie ne serait pas plus vert. Il a d’ailleurs précisé, il y a peu, quels critères devaient être remplis pour que Tesla l’autorise de nouveau, notamment un seuil minimal de 50 % d’énergie renouvelable utilisée pour le minage. Bien conscient d’être scrutés de près sur ce sujet, les mineurs du Conseil veulent d’ailleurs encourager l’utilisation de davantage d’énergies renouvelables.

Le Conseil sur le Minage de Bitcoin (désigné par l’acronyme BMC pour Bitcoin Mining Council) a cependant soigneusement évité de se positionner comme une instance de régulation. « Le BMC ne ‘mord’ pas et il ne dit pas aux mineurs ce qu’ils doivent faire », indique l’entité. Le Conseil accepte d’ailleurs les candidatures des mineurs, sans imposer de quelconques critères de sélection. « Lancer des ordres, fixer des objectifs ou des règles n’est absolument pas au programme, a martelé Michael Saylor de MicroStrategy, précise The Block. Nous ne sommes pas une entière de gouvernance ».

Redorer l’image du bitcoin

Le Conseil venant juste d’être crée, cette stratégie est cependant compréhensible : l’objectif est d’inciter un maximum de mineurs à rejoindre l’initiative. À mesure que les rangs grossiront et le budget de l’entité avec, le Conseil souhaite mettre en place un modèle permettant de dévoiler plus en détail la consommation énergétique du réseau, les types d’énergies utilisées et la part qu’elles représentent. La récolte d’ informations se fera cependant sur la base du volontariat.

À l’évidence, le Conseil sur le minage de bitcoin a aussi été créé pour redorer l’image du Bitcoin écornée par les informations publiées sur sa consommation énergétique. « Nous ne sommes pas là pour réparer le bitcoin, a précisé Michael Saylor de MicroStrategy selon The Block. Ce que nous souhaitons faire, c’est défendre les valeurs portées par le bitcoin et rétablir la vérité lorsque nous constatons que des personnes n’ont pas compris son fonctionnement. Ces malentendus peuvent amener les politiques à prendre des mesures de rétorsion contre le bitcoin ou aboutir à des articles négatifs dans les médias qui sapent le développement du bitcoin dans le monde ». On peut donc s’attendre à une « opération séduction » du BMC vers le public et les médias, les prochains mois.

Aider les mineurs de bitcoin à se défendre

« Nous ne pouvons pas réussir si nous ne sommes pas unis, a insisté Michael Saylor de MicroStrategy. Vous pouvez dire que vous êtes philosophiquement opposés à l’idée d’organisation, mais si vous êtes un mineur de bitcoin isolé, et que vous vous faites attaquer en justice par un multimilliardaire qui vous noie sous 10 millions de frais légaux, vous serez contents de faire partie d’une organisation qui dispose d’un fond pour organiser votre défense. »

À noter que si Elon Musk avait rencontré fin mai des membres du Conseil en cours de constitution et jugé l’initiative « prometteuse » dans un tweet, il ne fait pas partie du Conseil sur le Minage de Bitcoin. Il n’a d’ailleurs pour ainsi dire pas été évoqué lors de la discussion. Selon The Block, seul un des participants y a fait allusion, s’inquiétant du fait que les tweets d’une « seule personne, Elon Musk par exemple, pouvaient créer beaucoup de volatilité ».

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