Xiaomi vient de présenter un nouveau mobile équipé d'un capteur photo massif de presque 1 pouce (2,54 cm). Mais à quoi cela rime d'embarquer un tel composant dans un smartphone ?

Le 29 mars, Xiaomi a présenté une palanquée de nouveaux smartphones dont le Mi 11 Ultra, incarnation de tout ce que le constructeur chinois sait faire de mieux. Une fiche technique qui déborde de composants haut de gamme, une taille imposante et un prix de vente indicatif pour l’Europe de 1 199 €.

Mais là où Xiaomi a vraiment mis le paquet, c’est sur le volet photo. Impossible de ne pas le remarquer au premier coup d’œil puisque le dos du smartphone arbore une excroissance imposante qui héberge non seulement tout l’attirail photographique, mais aussi un mini écran qui peut servir de viseur.

Le système photo du Mi 11 Ultra // Source : Xiaomi

Comme tout mobile haut de gamme qui se respecte, le Mi 11 Ultra embarque un module photo ultra grand-angle (de 48 Mpx) et un autre dédié au zoom 5x (de 48 Mpx aussi), mais c’est probablement le capteur principal qui vole la vedette ici.

La course au chiffre ne fait pas tout

En effet, Xiaomi a intégré un capteur photo massif de 1/1,12 pouce, une taille rarement vue sur mobile. Théoriquement, les avantages d’un grand capteur photo sont nombreux. Plus le capteur est gros, plus les pixels peuvent l’être. Et qui dis pixel plus gros dis meilleure sensibilité à la lumière et donc meilleure qualité d’image brute.

Sur le capteur Samsung GN2 qui équipe le Mi 11 Ultra, les pixels mesurent 1,4 micron, soit une taille similaire à ce qu’on retrouve sur l’excellent Google Pixel 5 qui est lui équipé d’un capteur de 1/2.55 pouces. Mais Xiaomi peut caser plus de pixels que le téléphone de Google grâce à la taille de capteur plus importante du Mi 11 Ultra. Le capteur permet donc au téléphone de marier haute sensibilité lumineuse et excellente définition d’image.

Le Panasonic CM1 sorti en 2014 // Source : Panasonic

Pourtant, rares ont été les mobiles à faire le choix d’un grand capteur photo. Les spécialistes de la photo se souviendront du Nokia 808 Pureview sorti en 2012 qui avait lui aussi un capteur photo de 1/1,12 pouce ou du Panasonic CM1, véritable appareil photo numérique (avec fonction smartphone) qui embarquait carrément un capteur photo de 1 pouce. Malgré leurs fiches techniques alléchantes pour l’époque, aucun de ces deux mobiles n’a connu un succès retentissant, et ce pour une raison simple  : les caractéristiques ne font pas tout.

Un ballon d’essai intéressant

Si les Google Pixel ont su s’imposer dans le paysage photo mobile, c’est grâce à un traitement logiciel qui semble parfois plus tenir de la magie que des mathématiques. Le matériel photo choisi joue certes un rôle, mais Google est parvenu à faire mieux que la concurrence majoritairement grâce à de la précision algorithmique. Autrement dit, c’est l’optimisation logicielle plutôt que l’intégration matérielle qui semble pousser les limites de la photo mobile aujourd’hui.

Xiaomi n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai dans le secteur. En 2019, le Mi Note 10 proposait pour la première fois sur smartphone un capteur photo de plus de 100 Mpx. Plus récemment, la marque indiquait travailler sur une lentille liquide censée apporter son lot d’innovation. Pourtant la marque n’a pas vraiment réussi à s’imposer comme un acteur de poids dans le monde de la photographie mobile, la faute à une optimisation logicielle pas toujours suffisamment soignée.

En somme, Xiaomi prend un risque en intégrant un attirail photo imposant qui oblige le Mi 11 Ultra à ressembler à un smartphone au dos duquel on aurait posé un mini appareil photo numérique, mais la marque a aussi le mérite de tenter quelque chose de neuf. Avec un peu de chance (et si l’expérience se révèle concluante), d’autres constructeurs suivront peut-être en apportant leurs lots d’améliorations et d’optimisations.

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