Le système d'information VaccinCovid, qui est une base de données contenant les personnes vaccinées contre le coronavirus, est désormais opérationnel. Sa mise en place est requise par l'ampleur de la campagne vaccinale et la nécessité de pouvoir suivre les patients, à la fois administrativement et médicalement.

Prévu dans un décret publié fin 2020 au Journal officiel, le fichier « VaccinCovid » est opérationnel depuis le 4 janvier 2021. Ce système d’information doit servir à la traçabilité et au suivi de la vaccination en France, explique le ministère de la Santé et des Solidarités dans une note parue le même jour. De fait, il va recueillir des données personnelles, et notamment médicales sur les Français et les Françaises.

Pour les personnes refusant de se faire vacciner contre la Covid-19 (le gouvernement a fait savoir dès fin novembre que le choix serait laissé aux individus), aucune inscription dans cette base de données n’est prévue. Par contre, la population voulant bénéficier de ce traitement devra figurer dans ce fichier, à partir du moment où elle donne son accord pour recevoir la première injection vaccinale.

Qui peut avoir accès aux données ?

Compte tenu de la sensibilité de cette base de données, son accès n’est pas public. Seul le personnel médical a le droit de consulter ces informations, qui demeurent par ailleurs compartimentées — tout le monde n’a pas accès à tout. Cela inclut le médecin traitant, le praticien effectuant la vaccination, les centres de pharmacovigilance, l’Assurance maladie, l’Agence nationale de sécurité du médicament.

Il est à noter que la campagne de vaccination a officiellement commencé le 27 décembre, soit un peu plus d’une semaine avant l’ouverture du système d’information VaccinCovid. Cela ne veut pas dire que le suivi n’a pas eu lieu : le personnel médical avait alors le devoir de faire ces relevés et de les conserver de façon sécurisée en attendant. Ces informations vont ensuite rejoindre cette base de données.

Pourquoi un fichier de suivi de vaccination ?

Pourquoi un tel fichier ? Parce que les autorités sanitaires souhaitent « assurer la traçabilité des vaccins et des étapes de la vaccination, de la consultation pré-vaccinale aux injections du vaccin », défend le ministère de la Santé. Tout particulièrement, cela doit permettre de renseigner la base de données avec d’éventuels effets secondaires constatés, voire des effets indésirables nécessitant une prise en charge spécifique.

Le fichier a aussi un intérêt administratif, et non pas seulement médical. Il doit permettre de « créer, enregistrer et éditer un document après chaque étape (consultation prévaccinale, première et seconde injections). En fin de vaccination, le bilan de la vaccination peut être imprimé, signé et remis au patient à qui il servira de certificat de vaccination ».

La population a la possibilité de ne pas se faire vacciner. Mais si elle veut ce traitement, il est nécessaire de procéder à un suivi, ne serait-ce que pour gérer d’éventuels effets secondaires ou indésirables. // Source : Pixabay

D’ordinaire, il n’existe pas de telles bases de données vaccinales en France. Cela étant, les circonstances exceptionnelles engendrées par l’épidémie de coronavirus (en France, il a été comptabilisé plus de 63 000 morts, 2,5 millions de malades, deux confinements et des couvre-feux, ainsi qu’une économie exsangue) ont nécessité des ajustements en la matière.

Cette base de données est d’autant plus justifiée que le vaccin a été développé dans un laps de temps finalement très court (ce qui ne veut pas dire qu’il a été mal conçu : il a en fait bénéficié d’un financement exceptionnel et de recherches précédentes qui ont permis de gagner un temps précieux) et qu’une bonne campagne vaccinale inclut aussi un suivi fin des injections, et donc des personnes vaccinées.

Pour les professionnels de santé effectuant la consultation pré-vaccinale comme ceux qui réalisent effectivement l’injection, le remplissage de VaccinCovid est obligatoire — sinon le suivi serait imparfait, et problématique aux regards des enjeux, puisque cette opération est de niveau national, avec à la clé des millions de Françaises et de Français à prendre en charge.

Crédit photo de la une : Département des Yvelines

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