La recherche européenne se mobilise pour plancher sur la 6G. Nokia et Ericsson en prennent la tête.

Ne pas manquer le train de la 6G. Tel pourrait être le mot d’ordre qui accompagne la mise en place de Hexa-X, une initiative européenne annoncée le 7 décembre 2020 qui rassemble des acteurs du continent afin de plancher sur la génération suivante de la téléphonie mobile. Celle qui viendra après la 5G, donc, et dont le déploiement débute à peine un peu partout dans le monde — notamment en France.

Ce que pourra faire la 6G est encore très incertain — d’ailleurs, ce que permettra à long terme la 5G n’est même pas encore tout à fait sûr. Des papiers exploratoires ont certes été produits, donnant un aperçu de ce qu’il serait possible de faire avec. Mais l’anticipation de ce qu’autorisera une toute nouvelle technologie d’infrastructure n’est jamais évidente ni exhaustive.

Cet « ultra ultra haut débit mobile » (la 5G étant déjà de l’ultra haut débit mobile) n’aura aucune réalité commerciale avant dix ans. Quant à son déploiement sur le terrain, il prendra aussi une décennie. C’est ce qui s’est passé avec la 4G : en France, les premiers réseaux ont ouvert en 2013 et la fin du déploiement n’est pas attendue avant 2022. Pour la 5G, un rythme similaire est attendu.

Mais un tel voyage au long cours se prépare très en amont. Surtout, il s’agit de ne pas prendre de retard sur un sujet aussi stratégique, pour lequel d’autres nations dans le monde se mobilisent. On l’a vu par exemple cet été avec la Corée du Sud, qui peut compter sur ses fleurons industriels et universitaires, et en novembre la Chine, qui a fait parler d’elle avec le lancement d’un satellite expérimental 6G.

Hexa-X 6G
Les six grands défis de la 6G, selon Hexa-X. // Source : Hexa-X

Mobilisation de l’industrie et de la recherche

L’union faisant la force, Hexa-X réunit de nombreux poids lourds européens, mais pas que. On trouve ainsi, parmi les industriels, des groupes comme le Français Atos et l’Allemand Siemens, mais aussi l’Américain Intel. Trois gros opérateurs sont aussi de la partie, à savoir Orange, Telefónica (Espagne) et TIM (Italie). Sont également présents le CEA et une petite dizaine d’universités et d’instituts de recherche.

La coordination du projet est confiée à Nokia, tandis que la responsabilité technique a été attribuée à Ericsson. Il s’agit là des deux seuls équipementiers télécoms européens. Leur présence est cruciale, car ce sont eux qui seront chargés un jour de concevoir et produire le matériel 6G, pour ne pas devoir dépendre de solutions extraeuropéennes. Elles seraient peut-être moins coûteuses et plus performantes, mais marquées du sceau de la suspicion, à l’image du feuilleton qui se joue avec l’équipementier chinois Huawei.

Soutenu par la Commission européenne, le projet Hexa-X bénéficie des financements de l’Union dans le cadre du plan Horizon 2020, qui a été lancé il y a six ans. Centré sur la recherche et l’innovation, il a bénéficié d’une enveloppe globale de 80 milliards d’euros au niveau européen, auxquels se sont ajoutés des financements privés. Hexa-X doit débuter ses travaux en janvier 2021, pendant deux ans et demi.

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