La Xbox Series S permet à Microsoft de démarrer la next gen à 300 euros. Au prix de grands sacrifices ? Oui, mais tout dépend de ce que l'on recherche.

Microsoft a décidé de voir double avec la nouvelle génération de consoles. Comme il a articulé sa proposition gaming autour d’un écosystème cohérent, il veut multiplier les points d’entrée vers son catalogue de jeux vidéo. En plus de l’onéreuse Xbox Series X, orientée gaming haut de gamme, Microsoft lance la Xbox Series S — une console proposée sous la barre des 300 euros.

Avec un tarif aussi bas, la Xbox Series S est nécessairement une solution à envisager pour qui voudrait dépenser peu d’argent. Elle est la moins chère des quatre consoles nouvelle génération (la PS5 Édition digitale coûte 400 euros). Forcément, les 200 euros d’écart avec la Xbox Series X impliquent des concessions, qui sont d’abord graphiques. Toutefois, ces sacrifices à accepter ne veulent en aucun cas dire que la Xbox Series S perd tout intérêt.

La Xbox Series S quand elle est debout // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Ce qui change par rapport à la Xbox Series X

Le design

La Xbox Series X et la Xbox Series S n’ont pas grand-chose à voir en termes de design. La première ressemble à une mini tour de PC quand la deuxième arbore une silhouette plus traditionnelle. La Xbox Series S est la plus petite Xbox jamais conçue, ce qui lui confère un statut passe-partout non négligeable. Ses mensurations contenues en font une console presque mignonne, que l’on pourra masquer facilement dans un meuble — contrairement à la Xbox Series X et à la PlayStation 5. Sa robe blanche fait directement penser à la Xbox One S et seule l’immense entrée d’air noire en forme de cercle dénote et brise un peu l’harmonie visuelle.

À l’instar de la Xbox Series X, la Xbox Series S peut être disposée à l’horizontale ou à la verticale. Sur ce point, on notera que la console semble pensée pour être couchée. C’est ce que suggère l’orientation de la lettre X habillant son logo lumineux. Si vous placez le produit à la verticale, le X sera orienté à 90 degrés — ce qui est tout de suite moins joli. Fait rigolo : c’est l’inverse pour la Xbox Series X, plus élégante debout que couchée. On peut en tout cas affirmer que la Xbox Series S affiche un design plus grand public, soit la cible visée par Microsoft.

Les performances

La Xbox Series S s’appuie sur une fiche technique beaucoup plus modeste que la Xbox Series X, justifiant les 200 euros d’écart de prix en sa faveur. En termes de puissance de calcul graphique, on passe quand même de 12,15 à 4 téraflops. Avec sa console la plus abordable, Microsoft ne promet pas de la 4K mais des définitions inférieures — 1080p et 1440p –, avec un framerate pouvant grimper jusqu’à 120 fps. La technologie ray tracing est également au programme, même si on peut en douter d’emblée vue ce que propose Devil May Cry 5 : Special Edition.

Sur le papier, la Xbox Series S est moins puissante que la Xbox One X (6 téraflops). En pratique, cela se ressent. Il suffit de lancer Doom Eternal pour constater de légères différences visuelles, à l’avantage de la Xbox One X. Le travail de mise à l’échelle de la Xbox Series S est performant, mais ne permet pas d’obtenir un rendu aussi fin et précis qu’avec un vrai flux 4K. Ce désavantage, la Xbox Series S le pallie avec sa rapidité autorisée par son SSD, qui repose sur la même architecture que celui de la Xbox Series X.

Au regard de ses caractéristiques, la Xbox Series S implique des concessions visuelles, même pour les jeux rétrocompatibles (Sekiro : Shadows Die Twice est moins fluide que sur Xbox Series X). Elle appartient à la nouvelle génération, tout en amorçant un autre paradigme puisqu’elle s’adresse à des joueurs qui ne font pas des graphismes une priorité. Normalement, on achète une nouvelle console pour en prendre plein les yeux. La Xbox Series S n’offre pas ce luxe — plutôt un accès très abordable aux jeux qui seront disponibles ces cinq prochaines années. Il faudra néanmoins espérer qu’elle ne tirera pas les performances des autres consoles — plus puissantes — vers le bas.

Temps d’accès au jeu depuis le menu principal

Xbox Series S Xbox Series X Xbox One X
Cuphead 20 s 21 s 32 s
Doom Eternal 55 s 50 s 1min24
Marvel’s Avengers 1min12 1min04 2min25
Ori and the Will of the Wisps 50 s 48 s 1min32
Sekiro : Shadows Die Twice 43 s 32 s 57 s

*moyenne de deux mesures, toujours en partant du menu principal.

Le stockage

La Xbox Series S embarque un SSD de 500 Go, ou plutôt très exactement 364 Go d’espace libre en réalité. Il constitue le principal défaut de la console tant il pourra être très vite rempli en fonction de la taille des jeux — sachant que le prochain Call of Duty atteindra les… 136 Go. Microsoft s’est voulu rassurant en disant que le poids des titres sera moins lourd que sur Xbox Series X. Mais pour une console nouvelle génération, c’est très peu, surtout quand on a accès au Xbox Game Pass. Le service de jeux vidéo par abonnement donne envie d’installer un maximum de productions, pour le plaisir de la découverte. Une fois encore, c’est une concession qu’il faudra faire, à moins d’investir dans une carte mémoire propriétaire — facturée 269,99 euros, autant acheter une Series X — ou d’installer/déplacer les jeux sur un disque dur externe à brancher en USB. La deuxième option a des limites : on ne pourra pas jouer à un jeu optimisé Xbox Series S ou profiter des vertus du SSD pour un jeu rétrocompatible.

Le lecteur Blu-ray UHD

Contrairement à la Xbox Series X, la Xbox Series S est dépourvue d’un lecteur de disque Blu-ray UHD. Elle offre dès lors une expérience 100 % numérique, qui implique de devoir télécharger les jeux. Cette caractéristique nécessite surtout une bonne connexion internet, sous peine d’avoir à attendre plusieurs heures avant de pouvoir jouer.

La Xbox Series S en fonctionnement // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Ce qui ne change pas par rapport à la Xbox Series X

Le catalogue de jeux

La Xbox Series S appartient à la même génération que la Xbox Series X, ce qui veut dire que les deux consoles feront tourner les mêmes jeux. En l’occurence : les centaines de titres rétrocompatibles, de la première Xbox à la Xbox One, ainsi que les futures productions qui sortiront uniquement sur Xbox Series S et Xbox Series X. Pour faire simple, acquérir une Xbox Series S aujourd’hui n’est pas un sacrifice pour l’avenir.

La Xbox Series S profite en parallèle de Smart Delivery, qui permet de bénéficier de la meilleure version du jeu en fonction de sa console, sans besoin de repayer. Par exemple, vous pouvez très bien acheter Assassin’s Creed Valhalla sur Xbox Series S, y jouer sur la Xbox One S située dans votre chambre et le retrouver plus tard sur Xbox Series X — avec de meilleurs graphismes. Smart Delivery est une technologie pensée pour assurer une continuité au sein de l’écosystème Xbox. Elle reste néanmoins à la discrétion des développeurs.

Pour terminer sur le catalogue, il ne faudrait pas oublier de mentionner le Xbox Game Pass, la vraie force de Microsoft pour la future génération. Le service, disponible à partir de 9,99 euros par mois, permet d’accéder à plusieurs dizaines de jeux, qu’ils soient récents ou anciens. Il s’agit du compagnon idéal pour la Xbox Series S : vous payez 300 euros la console, puis 10 euros par mois pour jouer sans aucune prise de tête à une sélection riche et variée. Le combat paraît gagnant pour le grand public.

L’interface

La Xbox Series S et la Xbox Series X partagent la même interface (on peut rajouter la Xbox One S et la Xbox One X à l’équation). Pour cette nouvelle génération, Microsoft n’a pas voulu tout changer, simplement s’appuyer sur toutes les évolutions apportées à l’écosystème né sur Xbox One. Les utilisateurs Xbox ne seront pas du tout dépaysés, sinon par la rapidité d’exécution et la fluidité qui apportent beaucoup de confort à la navigation.

On retrouve en prime la fonctionnalité Quick Resume, qui permet de suspendre plusieurs parties en même temps pour les retrouver à l’envi en quelques secondes. Comme sur Xbox Series X, on constate le même défaut : l’impossibilité de gérer Quick Resume (exemple : garder éternellement deux jeux en mémoire) voire de désactiver totalement cette fonctionnalité.

La Xbox Series X et sa manette // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Les services de streaming

Privée d’un lecteur Blu-ray UHD pour lire des films et séries dans le meilleur format du moment, la Xbox Series S ne fait en revanche aucune impasse sur les services de streaming. On retrouve exactement les mêmes que sur Xbox Series X, avec la même qualité d’affichage (4K, HDR, Dolby Vision) et les mêmes formats sonores à la pointe (DTS:X pour les casques et Dolby Atmos). Bien évidemment, il faut être équipé en conséquence pour se divertir dans les meilleures conditions.

Liste des applications de streaming que l’on trouve sur la Xbox Series S : Netflix, Amazon Prime Video, Disney+, Apple TV, OCS, MyCanal, YouTube, Twitch, Spotify, Deezer ou encore NBA.

La manette

Il n’y a strictement aucune différence ergonomique entre la manette de la Xbox Series X et celle de la Xbox Series S. Seule la finition change : noire pour la version haut de gamme, blanche pour la console abordable. Comme sur Xbox Series X, tous les anciens accessoires sont compatibles.

La console en photo

Source : Louise Audry pour Numerama
La Xbox Series X quand elle est couchée // Source : Maxime Claudel pour Numerama
Source : Louise Audry pour Numerama
Source : Louise Audry pour Numerama

 

En bref

Xbox Series S

Note indicative : 3/5

La Xbox Series S est une drôle de console nouvelle génération. Avec elle, Microsoft fait le pari des concessions, celles que devront faire celles et ceux pour qui le rendu visuel n’est pas une priorité. Hormis les sacrifices techniques, la Xbox Series S n’a rien à envier à la Xbox Series X : même interface, même écosystème, même bibliothèque de jeux.

Pour qui voudrait une console de complément et/ou n’aurait pas un téléviseur UHD dernier cri, la Xbox Series S constitue un vrai tremplin vers l’expérience Xbox au centre de laquelle on retrouve le Game Pass. Il y a même un argument commercial très intéressant : pour 300 euros, puis 10 euros par mois, vous avez de quoi jouer pendant des centaines d’heures pendant très longtemps.

On donnera quand même un carton rouge pour le stockage : un peu plus de 300 Go pour une console tournée vers le 100 % numérique constitue un vrai défaut, surtout quand les cartes SSD additionnelles coûtent presque le prix de la console.

Top

  • Un design mignon
  • L'écosystème Xbox
  • 300 euros

Bof

  • Des concessions graphiques à faire
  • Espace de stockage risible
  • Connexion internet solide obligatoire

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