Le deal entre TikTok d'un côté et Oracle et Walmart de l'autre n'est pas fait. Alors qu'une échéance est fixée au 12 novembre, l'administration Trump rappelle ses exigences, notamment sur le code de l'application mobile.

L’administration Trump n’a pas été en mesure de prendre son premier train de mesures contre TikTok, car un juge américain est intervenu in extremis pour suspendre les effets d’un décret signé par le président américain en août dernier. L’objectif de Washington était de parvenir à exclure l’application mobile des plateformes comme Google Play et l’App Store pour empêcher qu’elle soit téléchargée.

Pour autant, la Maison-Blanche n’a pas baissé les bras. Une prochaine échéance est fixée au 12 novembre, avec des sanctions encore plus sévères contre TikTok — sauf si d’ici là un accord est jugé satisfaisant avec le binôme Oracle et Walmart. Ces deux entreprises américaines sont aujourd’hui engagées dans des négociations avec TikTok dans le cadre d’un partenariat technique et commercial.

Jusqu’où devront aller les concessions de TikTok pour plaire à l’administration Trump ? À entendre Steven Mnuchin, le secrétaire du Trésor, cela inclut tout le code informatique du logiciel. C’est ce que l’intéressé a déclaré le 30 septembre lors d’une conférence, fait savoir Reuters. Il n’est pas clair ce qu’entend Steven Mnuchin par code et ce que ça recouvre très précisément.

Steven Mnuchin
Steven Mnuchin, en avril 2020. // Source : Andrea Hanks

Washington brandit la menace sur la sécurité nationale

« Tout le code devra se trouver aux États-Unis. Oracle sera chargé de reconstruire le code, de le nettoyer, de s’assurer qu’il est en sécurité dans leur cloud et alors… cela satisfera à toutes nos exigences », a-t-il prévenu. L’administration Trump a officiellement classé TikTok comme une menace contre la sécurité nationale en août, au motif que l’application mobile servirait en secret les intérêts de la Chine.

Washington cite la captation « de vastes pans d’informations de ses utilisateurs, y compris […] des données de localisation et les historiques de navigation et de recherche ». Cette collecte permettrait à Beijing « d’accéder aux informations personnelles et exclusives des Américains », y compris d’employés et de contractuels fédéraux, à des fins de chantage ou d’espionnage — d’où la supposée menace sur la sécurité.

La Maison-Blanche a également suggéré que TikTok « peut servir à des campagnes de désinformation au profit du Parti communiste chinois, comme lorsque les vidéos de TikTok diffusent des théories du complot », sur le coronavirus. A aussi été mise en avant la censure de sujets « politiquement sensibles » sur Hong Kong ou les Ouïghours, même si la dimension de sécurité nationale est ici moins évidente.

Crédit photo de la une : Solen Feyissa

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