Bien au-delà de la propriété intellectuelle, le marché de la copie d'AirPods est un vrai problème que personne ne veut régler.

Le 14 septembre 2020, l’information faisait le tour du web : la douane américaine a saisi des écouteurs OnePlus, nommés OnePlus Buds, jugeant qu’ils s’agissaient de contrefaçons d’AirPods d’Apple. Mais ce qui était présenté comme une erreur au départ n’en est en fait pas du tout une. La douane américaine a soutenu que son action était délibérée et qu’elle avait jugé que ces écouteurs violaient la propriété intellectuelle d’Apple. « En examinant l’envoi en question, un spécialiste de l’import de la douane américaine a déterminé que les écouteurs pouvaient violer une marque déposée d’Apple  ». Cette marque, précise The Verge, définit le design général d’un produit.

À la lecture de ces lignes, on se demande très vite pourquoi cette saisie n’a pas eu lieu plus tôt.

L’écouteur sans fil et la copie d’AirPods

Dévoilés en 2016, les AirPods d’Apple ont tout d’abord été moqués pour leur forme inhabituelle. Mais ces écouteurs sans fil ont rencontré un tel succès qu’ils ont lancé une vague de produits, qui peinent encore aujourd’hui à être aussi simplement utilisables et fiables que les AirPods, parfaitement inclus dans l’univers iOS.

Deux voies se sont dessinées : des constructeurs ont choisi de créer des écouteurs sans fil qui ne ressemblent pas du tout aux AirPods et ont de nombreuses qualités. Sony, Microsoft, Google, Samsung, Panasonic ou Cambridge Audio sont autant de marques qui ont créé leur version de l’écouteur sans fil.

Les écouteurs Cambridge Melomania 1 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

De l’autre côté, un autre groupe s’est lancé dans l’imitation qui tend parfois vers la contrefaçon pure et simple : Huawei, Honor, OnePlus, Realme ou Oppo sont des constructeurs qui ont repris à la lettre le design et parfois les fonctionnalités des écouteurs Apple.

Les Realme Buds Air // Source : Realme

Et au-delà de ces grandes marques chinoises qui ont pignon sur rue, le marché des faux AirPods, directement vendus sur les places de marché des plus grands vendeurs en ligne ou en dropshipping, a explosé. La recherche AirPods sur Amazon, qui proclame par ailleurs lutter contre la contrefaçon, est un festival de copies des vrais AirPods, qui jouent parfois même avec les codes de l’entourloupe, présentant un logo Apple directement sur la photo du produit. Le client pense qu’il s’agit d’un produit Apple, alors que le vendeur prétend ainsi simplement dire que c’est un produit compatible avec des produits Apple.

La recherche Amazon associée au mot AirPods le 15 septembre 2020 // Source : Capture d’écran Numerama

Le cas OnePlus

Dès lors, le fait que la version OnePlus soit la première au cœur d’une affaire impliquant les douanes et la contrefaçon en devient presque étonnant. Les OnePlus Buds sont très clairement inspirés de la proposition d’Apple, mais le constructeur a fait un effort pour apporter quelques retouches au concept de base. On pense à ce rond chromé aplati sur l’arrière des écouteurs ou la boîte de recharge qui ressemble moins à celle des AirPods que d’autres.

Les OnePlus Buds // Source : OnePlus

Fallait-il simplement commencer quelque part ? Assurément : le marché de la contrefaçon d’AirPods n’est pas qu’une histoire de propriété intellectuelle. Des clients moins regardants ou peu avertis se font piéger en allant sur des boutiques légitimes et finissent avec des objets qui ne correspondent pas à leur intention d’achat. Sans parler, bien entendu, de l’impact écologique d’une multiplication de ces objets de très faible qualité, sans SAV ou programme de remplacement derrière.

À un autre degré, la contrefaçon d’AirPods touche le marché de l’occasion : sur les sites de petites annonces, les publications sont nombreuses pour des AirPods ou des AirPods Pro. Sur Facebook Marketplace, les vendeurs ne vont même pas mettre la photo des produits qu’ils vendent parfois sous la barre des 30 €, utilisant des produits Apple authentiques pour convaincre.

Facebook Marketplace au 15 septembre 2020 // Source : Numerama

Depuis la création des AirPods, le marché de la contrefaçon ou de l’imitation a prospéré, au détriment des clients. La saisie américaine des appareils de OnePlus ne créera sûrement pas une jurisprudence qui permettra de mettre fin à ce business, mais elle envoie assurément un signal : si les revendeurs, ecommerçants et autres places de marché ne le font pas, les autorités prennent désormais le problème au sérieux.

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