Le nouvel iPhone SE d'Apple redore le blason d'un design qui commence à dater. Mais qui a prouvé, génération après génération, qu'il atteignait une forme de perfection. En ce sens, il est l'iPhone 6 ultime.

9 septembre 2014 : Apple annonce l’iPhone 6. Il s’agit à l’époque d’une révolution, avec le passage à une diagonale d’écran beaucoup plus grande — de 4 à 4,7 pouces — alors que Steve Jobs vantait les petits formats pour garantir un usage avec le pouce.

Un peu plus de cinq ans après, l’iPhone 6 existe toujours, au travers de l’iPhone SE — officialisé le 15 avril 2020 par Apple. Dans l’histoire de la tech, où tout évolue très vite, une telle longévité est rare.

Alors, bien sûr, l’iPhone SE va beaucoup plus loin que l’iPhone 6, dont il n’emprunte finalement que la silhouette. Il digère également toutes les nouveautés apportées par Apple à chaque génération, puisque l’iPhone 6 aura connu trois évolutions ensuite (6s, 7 et 8). L’iPhone SE constitue donc la quatrième, un record pour la firme de Cupertino.

Le nouvel iPhone SE // Source : Apple

L’iPhone SE est l’iPhone 6 dans sa plus proche perfection

Sur le papier, l’iPhone SE ne fait pas vraiment « rêver » (on pourrait presque déjà écrire tout ce qu’il sait faire, sans même l’avoir entre les mains). À une époque où les acteurs du marché font la course vers le borderless, il fait même office d’anomalie. Mais Apple est trop fier de ce design pour rougir des comparaisons. D’autant que la cible exigeante trouvera son bonheur dans le haut de gamme — à partir de l’iPhone 11. Le but de l’iPhone SE est de proposer le meilleur rapport qualité/prix, dans un design qu’il qualifie ouvertement de reconnu.

Du côté de l’écran, rien n’a fondamentalement changé entre celui de l’iPhone 6 et celui de l’iPhone SE. La définition — 1 334 x 750 pixels — est la même. Toutefois, le petit dernier bénéficie de l’affichage True Tone (adaptation de la température des couleurs à la luminosité extérieure) — déjà présent sur l’iPhone 8. De l’iPhone 8 — qu’il remplace dans la gamme actuelle –, il reprend aussi le dos en verre. Il ne s’agit pas uniquement d’un avantage esthétique face à l’aluminium : ce matériau permet la charge sans fil. En revanche, l’écran n’est pas 3D Touch (le niveau de pression sur l’écran déclenche des interactions), comme l’était celui de l’iPhone 6s (la fonctionnalité clé de ce modèle). Il y a néanmoins Haptic Touch, technologie de substitut. Par ailleurs, il abandonne le port jack, tout comme l’iPhone 7 avant lui.

Hier, le format compact d’Apple était l’iPhone 5 (4 pouces). Aujourd’hui, c’est l’iPhone 6 (4,7 pouces). L’argument est toujours le même et seul les besoins — nés de cette course à l’écran toujours plus grand — ont évolué.

Le nouvel iPhone SE // Source : Apple

Le vrai argument de l’iPhone SE ? Son processeur

L’iPhone SE peut être considéré comme l’iPhone 6 ultime pour deux raisons. Outre ce design éprouvé et magnifié année après année, il cache dans ses entrailles la puce la plus puissante du catalogue : l’A13 Fusion, conçue à l’origine pour l’iPhone 11. On aurait pu croire que la multinationale intégrerait un processeur maison plus ancien pour garantir un prix bas sans trop rogner sur sa marge. Mais elle a préféré donner naissance à un smartphone abordable conçu pour tenir sur la durée, tout à la fois capable de répondre à des besoins d’aujourd’hui comme de demain (les applications gourmandes) et de recevoir les futures mises à jour iOS. Pour moins de 500 euros, vous avez entre les mains un outil aussi fiable et confortable qu’un iPhone 11 Pro — vendu deux fois plus cher.

On comprend vite pourquoi Apple n’a pas hésité à doter l’iPhone SE de sa puce dernier cri : le smartphone a tout du Cheval de Troie pour vendre ses services — l’abonnement Apple Arcade en tête. Offrir une telle puissance à l’iPhone SE est l’assurance que les propriétaires n’auront pas à se soucier de l’expérience utilisateur et qu’ils pourront profiter de tout ce qu’Apple propose en matière de divertissement (les films et séries avec Apple TV+, les jeux vidéo avec Arcade). D’un point de vue commercial, c’est très malin, et il faut rappeler que les services associés pèsent de plus en plus lourd dans les bilans financiers.

On pourra simplement trouver à redire sur la partie photo, puisque l’iPhone SE se contente d’un seul capteur de 12 mégapixels. Sur ce point, la stratégie d’Apple diffère de celle de Google, qui n’a pas hésité à proposer les mêmes prestations photographiques sur le Pixel 3 et le Pixel 3a, le pendant abordable raboté dans d’autres domaines (le processeur, par exemple). Malgré tout, il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour l’avenir commercial de l’iPhone SE, promis au succès.

Partager sur les réseaux sociaux