Les opérateurs devront respecter à partir de septembre de nouvelles règles pour représenter leurs cartes de couverture. Elles décriront encore plus précisément la qualité de réception du signal.

Vous avez le sentiment que les cartes indiquant le niveau de couverture mobile ne sont pas suffisamment précises, voire qu’elles ne reflètent pas du tout de ce que vous vivez au quotidien ? Bonne nouvelle : les critères pour les élaborer vont être durcis au cours de l’année, pour s’approcher davantage du réel. Un chantier lancé en début d’année par le régulateur des télécoms est en train d’aboutir.

Rappel des faits. Le 29 janvier, l’autorité lançait une consultation publique jusqu’au 6 mars afin de recueillir les retours de toutes les parties prenantes sur son projet. À l’issue de ces travaux, une décision a été adoptée le 31 mars l’autorité de régulation (Arcep) précisant le contenu et les modalités des cartes de couverture à destination du public, et décrivant les méthodes de vérification de la fiabilité de ces informations.

Cette décision a été publiée au Journal officiel le 6 mai, avec un arrêté du gouvernement qui l’homologue. Désormais, les dispositions qu’elle contient entreront en vigueur à partir du 18 septembre prochain. Une échéance quelque peu lointaine, mais qui doit laisser du temps aux opérateurs (Orange, SFR, Free Mobile et Bouygues Telecom) pour se préparer à ce nouveau cadre.

Des seuils rehaussés pour la couverture mobile

Concrètement, il s’agit de relever le taux de fiabilité des cartes Mon Réseau Mobile, pour le faire passer de 95 à 98 %. Ce taux correspond au taux de succès d’un test donné effectué dans une zone qu’un opérateur prétend couvrir. Le régulateur des télécoms vérifie en effet chaque année, dans le cadre de vastes campagnes de mesures sur le terrain (plus de 1,5 million pour 2019), si ce qui est déclaré est exact.

Ce nouveau seuil de 98 % concerne toutes les zones d’au moins 1 000 kilomètres carrés. Mais afin d’apporter une information encore plus exacte, le régulateur entend élaborer un autre taux de fiabilité, qui concerne cette fois un échelon local, lorsque la surface qui est mesurée fait moins 100 km² (et non plus 50 km² comme cela avait été prévu au départ). À ce niveau, le taux de fiabilité devra être d’au moins 95 %.

Ces seuils apparaissent justifiés et proportionnés au vu des résultats des campagnes de mesure de la fiabilité des cartes de couverture récentes, « qui montrent que des opérateurs sont en capacité d’atteindre ce niveau de fiabilité », justifie l’Arcep, dans son avis. Elle a aussi tenu compte « des contributions reçues à la consultation publique », qui ont plaidé pour un  léger allégement du cadre.

Couverture Mon Réseau Mobile Voix SMS La Réunion
Un exemple de carte de couverture, pour La Réunion, proposée par l’Arcep.

Cette distinction vise à échapper à l’effet de moyenne : si un lieu mal desservi par les opérateurs se situe dans le même coin qu’un endroit bien mieux couvert, le premier peut profiter de son bon taux, selon les étendues qui sont considérées. D’où l’idée de découper des cellules plus petites. Pour avoir un ordre d’idée, une aire de 50 kilomètres carrés représente à peu près ce que peut couvrir deux sites mobiles dans de bonnes conditions.

Ces exigences renforcées concerneront à la fois les appels téléphoniques que l’envoi de SMS et de MMS (2G), ainsi que l’accès à Internet en 3G et 4G. Ce sont les différents services en téléphonie mobile que l’autorité de régulation évalue durant ses campagnes annuelles (en ville et à la campagne, à l’intérieur ou non des bâtiments, dans les transports ou non). La 5G n’est pas incluse, n’étant pas encore déployée.

Les opérateurs devront publier une carte affichant les zones de couverture quel que soit le terminal utilisé, ainsi qu’une autre montrant la couverture pour des terminaux ayant accès à des technologies plus récentes que la 2G, comme la 3G. Trois niveaux de couverture devront être visibles : couverture limitée, bonne et très bonne — en plus de l’absence de couverture, le cas échéant.

(mise à jour avec la publication des textes au Journal officiel)

Article publié initialement le 30 janvier 2020

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