Google s'est offert Fitbit pour 2,1 milliards de dollars. La voie vers le lancement d'une Pixel Watch semble toute tracée.

Dans le catalogue de produits Google, la Pixel Watch — montre connectée — fait figure d’arlésienne. Elle apparaît parfois dans les rumeurs pour la conférence hardware organisée chaque année par la firme de Mountain View mais, encore en 2019, rien à l’horizon. Et pendant ce temps-là, Apple continue de renouveler sa Watch — la smartwatch la mieux vendue au monde. Les choses pourraient néanmoins changer du côté de Google, qui a annoncé, le 1er novembre, le rachat de Fitbit pour 2,1 milliards de dollars.

Si la transaction n’est pas effective avant 2020, Google voit cette acquisition comme « une opportunité d’investir plus dans Wear OS, en plus d’introduire des objets connectés ». Entre les lignes, le message est passé : Google veut accélérer le développement d’une smartwatch avec la santé connectée dans le viseur. Comme l’Apple Watch.

Fitbit Versa

Qu’achète vraiment Google avec Fitbit ?

Au-delà du rapprochement technologique entre les deux entreprises, il est intéressant de voir ce que Google achète vraiment avec Fitbit. Fondé en 2007, l’accessoiriste conçoit et commercialise des montres connectées, des bracelets d’activité ou encore des balances intelligentes. Selon les chiffres fournis par l’entreprise, elle compte 28 millions d’utilisateurs actifs — et fidèles — et a vendu plus de 100 millions de produits. En 2018, selon les données partagées par Strategy Analytics, Fitbit était numéro 2 du marché des smartwatches, loin derrière Apple (12,2 % contre 50 %), et un souffle devant Samsung (11,8 %). En bref, Google commence par acheter une forme de légitimité.

Ensuite, il faut noter que le positionnement de Fitbit est centré sur la santé, avec des accessoires proposant un suivi précis des activités. Apple a énormément articulé sa communication récente sur le même domaine, au point de confier le statut de « gardien intelligent de la santé » à sa montre depuis l’Apple Watch Series 4 (équipée d’un électrocardiogramme fonctionnel). Fitbit vend même un abonnement annuel de coaching (à 43,99 euros). Avec le rachat, Google affûte déjà ses armes pour attirer un public particulièrement friand d’objets pensés pour surveiller les pratiques physiques, du sportif amateur au professionnel. C’est très malin si Google souhaite faire de sa Pixel Watch un concurrent de taille à l’Apple Watch, c’est-à-dire avec des arguments similaires. 

De l’autre côté de la barrière, l’acquisition intervient à une période cruciale pour Fitbit, qui a enregistré des résultats financiers en dessous des attentes durant le second semestre (malgré une hausse des revenus de 5 %). La multinationale a notamment déploré une baisse des ventes de smartwatches attribuée au lancement de la Fitbit Versa Lite Edition. Google pourrait l’aider à franchir un palier supplémentaire, ce qui permettrait de consolider une place très fragile derrière Apple en raison de la forte concurrence de Samsung.

Enfin, on rappellera que Google s’est offert la technologie des montres connectées Fossil en début d’année. À l’époque, Stacey Burr, vice-présidente du Product Management pour Wear OS, confiait : « C’est une catégorie vitale et nous continuerons d’investir et de faire partie de cet écosystème en croissance. » De toute évidence, Fitbit est une autre pierre ajoutée au futur édifice qu’est la Pixel Watch.

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