Bruxelles s'interroge sur certaines pratiques commerciales entre Valve et quelques studios de studios de jeux vidéo. Des amendes pourraient être prononcées.

Avis de gros temps pour Valve et quelques éditeurs de jeux vidéo. Le propriétaire de la plateforme Steam et cinq autres studios (Bandai Namco, Capcom, Focus Home, Koch Media et ZeniMax) sont susceptibles de se voir infliger une amende de la part de la Commission européenne. La raison ? Les mis en cause sont accusés de suivre des pratiques commerciales contraires aux règles de la concurrence.

Le problème concerne spécifiquement les clés d’activation, qui doivent être rentrées par les joueurs lorsqu’il leur est demandé d’activer un jeu PC qui a été acheté avec un support physique (DVD ou Blu-ray par exemple). Ces clés sont requises pour jouer, notamment sur certains services de distribution de jeux vidéo — comme Steam, donc, la plateforme la plus fréquentée par les joueurs.

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Des jaquettes de jeux. // Source : Joe Hart

Des accords illicites avec Valve

Or, apprend-on vendredi 5 avril, la Commission européenne annonce avoir adressé à Valve et aux cinq studios une liste de reproches — ce qu’on appelle la communication des griefs. Bruxelles « estime à titre préliminaire » qu’il y a eu des accords bilatéraux entre Valve et les éditeurs pour « empêcher les consommateurs d’acheter et d’utiliser des jeux vidéo sur PC achetés ailleurs que dans leur pays de résidence ».

Ce type de restriction porte un nom : le blocage géographique, ou géoblocage. Problème, ce genre de barrière virtuelle est interdit au sein de l’Union européenne. Le 3 décembre 2018, un règlement est entré en vigueur pour faire tomber ces frontières numériques si elles ne sont pas justifiées. Depuis cette date, les achats en ligne ne doivent pas souffrir de restriction lorsqu’ils surviennent dans l’espace européen.

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Le géoblocage n’est pas autorisé, y compris pour le jeu vidéo. // Source : SteelSeries

« Les consommateurs européens devraient avoir le droit d’acheter les jeux vidéo de leur choix et d’y jouer, quel que soit le pays de l’UE dans lequel ils vivent. Ils ne devraient pas être empêchés de comparer les prix dans les différents États membres afin de trouver la meilleure offre disponible », déclare Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence.

Le fait que Bruxelles adresse ses reproches à Valve et aux cinq studios ne signifie pas qu’ils seront condamnés en bout de course. Ces derniers ont dorénavant la possibilité de se défendre et de répondre aux griefs qui leur sont adressés. Si l’infraction est démontrée, la Commission a le pouvoir d’infliger une amende qui peut s’élever à 10 % du chiffre d’affaires annuel mondial. Et cela, par société.

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