Avec ses Zenfone 5 et 5Z, Asus a réussi à faire un smartphone sous Android « à la iPhone X » vraiment prometteur. Contrairement à ce que nous aurions pu penser, notre première prise en main est vraiment positive.

Si vous nous suivez sur Instagram, vous savez que depuis le début du MWC, nous regardons avec un air moqueur tout ce qui s’approche de près ou de loin d’un clone de l’iPhone X. On a vu toutes les horreurs possibles sur les stands des industriels chinois, jusqu’au smartphone qui avait un sticker encoche sur le haut de la dalle. C’est pour cela qu’à première vue, la proposition d’Asus pour son Zenfone 5 ne nous inspirait pas confiance. Nous sommes heureux de nous être trompés.

D’emblée, le Zenfone 5 séduit en main, décliné en deux versions trouvant leur principale différence au niveau du processeur. Le smartphone respire la qualité, les matériaux sont agréables au toucher et on ne sent pas, sous le pouce ou dans la paume, les aspérités de plastique qui peuvent parfois gâcher le plaisir de tenir un appareil technologique. D’autant qu’un smartphone est voué à être tenu une bonne partie de la journée. Bref, c’est un premier contact fort plaisant.

La clef de l’encoche : l’interface

Quand on allume l’écran, on voit également qu’Asus a travaillé son design. Très largement copié de celui de l’iPhone X, il n’en demeure pas moins équilibré et élégant. Avec tous les smartphones horribles qu’on a pu voir sur le MWC, on s’aperçoit que l’encoche en haut de la dalle est une maîtrise qu’il faut acquérir. Si elle est trop arrondie, elle est ridicule. Si elle est trop carrée, elle fait une espèce de V peu élégant. Si elle est trop creusée, elle fait des cornes. Bref, c’est souvent très laid, mais comme Apple, Asus a su trouver un équilibre esthétique qui ne jure pas.

On pourra débattre de l’utilité de l’encoche quand il n’y a pas de caméra TrueDepth à embarquer, mais il faut reconnaître que le constructeur taïwanais a bien fait les choses et cette dépression dans la face avant lui permet de loger la caméra à l’avant et le haut-parleur principal du téléphone.

Et autant que l’intégration matérielle, Asus a soigné l’intégration logicielle. C’est quelque chose qui fait défaut à tous les clones de l’iPhone X : Android n’est pas adapté par défaut à l’encoche et si des ingénieurs logicielles ne travaillent pas une surcouche qui la prend en compte, la blague visuelle se double d’un enfer ergonomique. Asus le sait et a soigné sa copie : les informations à droite et à gauche de l’écran ne sont pas coupées et toutes les applications propriétaires s’ajustent parfaitement à l’encoche. Même les applications système d’Android (Chrome ou Gmail) semblent parfaitement adaptées — elles s’ajustent pile comme il faut sous l’écran.

Côté utilisation, les notifications et les réglages viennent se tirer d’un côté et de l’autre de l’encoche, ce qui permet d’avoir un contrôle qui ressemble de très près à celui d’un iPhone X. Pour tout vous dire, en tant qu’utilisateur du flagship d’Apple, je me suis surpris plusieurs fois à faire le geste d’iOS pour revenir à l’écran d’accueil — c’est un signe, pour moi, que l’illusion fonctionne. Mieux : Asus a pensé à tout et par défaut, ce geste qui va du haut vers le bas fait revenir la barre de navigation d’Android quand on est sur les applications qui, elles, s’affichent en plein écran. On a hâte que cette étape devienne facultative tant le mouvement tactile mis en place par Apple est efficace et intuitif.

IA faible et appareil photo

On retrouve également les gages de bonne volonté d’Asus sur ses smartphones Android à l’interface personnalisée : plus aucune application n’est en doublon avec la suite Google et les changements de l’interface sont mineurs. Cela ne devrait pas dépayser un adepte des expériences épurées, même si on regrette toujours quelques couleurs trop criardes.

Pour finir sur le logiciel, Asus semble suivre la mode épuisante de l’intelligence artificielle faible et a renommé tout ce qui aurait été considéré comme des fonctionnalités ou des applications AI quelque-chose. On trouve une Sonnerie IA (elle adapte le volume selon le bruit ambiant), une Gestion du Processeur IA (la fréquence est ajustée en fonction de l’usage), une Attention de l’utilisateur IA (l’écran ne s’éteint pas si le détecteur à l’avant voit que vous le regardez), une Photo IA (les réglages de l’appareil sont prédéfinis selon la scène que vous prenez et ont été entraînés en amont sur une base de données). Bref, techniquement, c’est de l’informatique et des fonctionnalités liées aux smartphones : elles sont toutes intéressantes et bienvenues, au-delà du masque marketing.

Enfin, côté appareils photo, Asus a choisi une solution à doubles capteurs qui permet de faire une prise normale ou une prise grand-angle. Notre usage d’un smartphone tend à nous faire dire que le zoom est plus important que le grand-angle, mais d’après Asus, c’est une fonction qui est plus appréciée sur les caméras à l’arrière des appareils. Soit.

L’Asus Zenfone 5Z, le plus haut de gamme, double SIM port microSD et tout le tralala, sortira en juin 2018 à 599 € et embarquera un processeur haut de gamme Qualcomm Snapdragon 845 (le même que sur le Galaxy S9). Le Zenfone 5, équipé d’un Snapdragon 636, sortira en mai 2018 à 499 €. Une offre qui semble sérieuse sur Android et qui pourrait redistribuer les cartes du milieu de gamme. Après des années un poil à la traîne, c’est tout ce qu’on souhaite à Asus.

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