Dans la nuit du 1er au 2 juillet 2026, une fusée Atlas V de United Launch Alliance a déployé un nouveau lot de satellites Amazon Leo, autrefois connu sous le nom de projet Kuiper. La constellation de satellites du géant du e-commerce atteint désormais 396 satellites en orbite terrestre basse, un seuil qu’Amazon juge suffisant pour ouvrir un premier service commercial.
« Les derniers lancements ont été importants pour Amazon Leo, ils nous amènent à plus de 390 satellites déployés, assez pour assurer un service continu sur les premières latitudes », a écrit Chris Weber, vice-président en charge du business et du produit chez Amazon Leo, sur le réseau social X. Il précise qu’il reste « beaucoup de travail », mais que l’entreprise est pour la première fois capable de commercialiser son service.
Amazon Leo, la seule vraie alternative à Starlink ?
Amazon Leo poursuit le même objectif que Starlink : offrir une connexion à Internet partout sur la planète, y compris là où la fibre et la 5G n’arrivent pas. Le principe repose sur des milliers de petits satellites en orbite terrestre basse, entre 590 et 630 kilomètres d’altitude pour Amazon, qui créent une constellation géante à faible latence.
Cette proximité fait toute la différence avec le satellite « classique », dit géostationnaire, situé à 36 000 kilomètres. À cette distance, le signal doit parcourir 72 000 kilomètres aller-retour, avec une latence de plus de 600 millisecondes qui rend l’usage grand public pénible. En orbite basse, le trajet est divisé par plusieurs dizaines et la latence tombe autour de 20 à 40 millisecondes, de quoi jouer en ligne ou passer un appel vidéo sans gêne.
Plus les satellites sont bas, plus ils voient une petite portion de la Terre. Un satellite géostationnaire reste fixe au-dessus d’un point du globe, un satellite en orbite basse file à environ 27 000 km/h et passe en quelques minutes. Pour qu’un utilisateur ait toujours un satellite au-dessus de sa tête, il faut donc une constellation dense. Amazon prévoit à terme 3 232 satellites pour sa première génération, quand Starlink en revendique désormais plus de 10 000.
Sans vrai concurrent aujourd’hui, Starlink n’a qu’Amazon dans son rétroviseur. Le géant du web a multiplié les annonces ces derniers mois : présentation des antennes, accord avec Delta pour équiper 500 avions dès 2028, rachat de l’opérateur satellite Globalstar et accord avec Apple pour devenir le fournisseur principal des services satellitaires des iPhone… À cette liste s’ajoutent des partenaires comme JetBlue, AT&T, Verizon, Vodafone ou la NASA : Amazon Leo fait le nécessaire pour rivaliser avec SpaceX.
Reste l’étape la plus difficile : avoir un bon réseau. Elon Musk ne se gêne jamais pour tailler son rival : le patron de SpaceX répète qu’Amazon Leo n’arrivera jamais à offrir la qualité de service de Starlink. Le milliardaire joue de ses relations pour bloquer Amazon, mais l’entreprise avance petit à petit.
Le calendrier d’Amazon dépend aussi de ses lanceurs. L’entreprise compte sur ULA, Arianespace, SpaceX et surtout sur Blue Origin, la société spatiale de Jeff Bezos. Or, la fusée New Glenn de Blue Origin a explosé lors d’un essai au sol en mai 2026, ce qui devrait retarder de plusieurs mois sa mise en service et compliquer la cadence de déploiement.
Amazon Leo est-il vraiment prêt ?
Amazon revendique qu’il peut lancer un service, mais il faut tempérer les attentes. Au démarrage, la couverture visera d’abord des bandes de latitudes dans les hémisphères nord et sud, là où les infrastructures au sol sont déjà installées, avant de s’étendre vers l’équateur au fil des lancements.
Starlink, à son lancement en bêta en 2020 avec près de 900 satellites, n’avait pas une très bonne connexion. Il faudra beaucoup plus que 396 à Amazon pour rivaliser avec les 10 000 de Starlink, mais l’entreprise semble vouloir mettre les moyens.
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !











