Il fut un temps où les grandes stars d’Hollywood gardaient un semblant de superbe face aux géants du divertissement. Ce temps paraît bien lointain. En pleine promotion de son nouveau long-métrage de science-fiction, The End of Oak Street, Ewan McGregor a jugé bon de transformer la tournée de presse en une séance de démarchage à ciel ouvert. Son objectif ? Forcer la main à Lucasfilm et Disney pour obtenir gain de cause : reprendre son sabre laser pour la énième fois afin d’incarner Obi-Wan.
« Je suis prêt dès qu’ils le seront. Ils ne semblent tout simplement pas prêts, mais moi je suis partant. (…) Il me reste dix ans avant d’atteindre l’âge d’Alec Guinness. Alors, allez, Disney ! » : cette déclaration au micro du média américain E! News le 10 août 2026, où il va jusqu’à affirmer qu’il aimerait consacrer le reste de sa carrière à jouer Obi-Wan Kenobi, pose une vraie question : depuis quand un comédien de cette stature en est-il réduit à quémander du travail auprès d’un studio ?

Le spectacle gênant du forcing sur tapis rouge pour jouer Obi-Wan
Qu’un acteur aime un rôle qui l’a rendu mondialement célèbre est une chose. Mais voir une pointure du cinéma britannique supplier presque gentiment un conglomérat de lui accorder une saison 2 ou un film à la moindre interview devient franchement usant.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que McGregor utilise la presse comme levier de pression. Depuis la fin de la mini-série Obi-Wan Kenobi en 2022, chaque apparition publique du comédien s’accompagne d’un appel du pied chiffré et calibré à destination de Josh D’Amaro. Le message sous-jacent est clair : il est disponible, il a envie de retravailler pour la franchise et la nostalgie des fans paiera ses factures pour la prochaine décennie.
Raconter quoi ? Le vide scénaristique du désert de Tatooine
Au-delà du malaise de la méthode, le propos même d’Ewan McGregor se heurte à une réalité artistique douloureuse. Que reste-t-il réellement à raconter dans la vie d’Obi-Wan Kenobi ?
L’acteur avance lui-même un argument censé rassurer : entre la fin de la série (où il repart s’isoler après avoir dit au revoir à Luke et recroisé le fantôme de Qui-Gon) et l’apparition d’Alec Guinness dans Un nouvel espoir, il reste environ dix ans. Dix ans pendant lesquels le Jedi est censé être en planque, incognito, à surveiller un gamin qui fait pousser des patates dans le désert.
La mini-série de 2022 avait déjà dû tordre la continuité de la saga dans tous les sens, en lui faisant affronter Vador deux fois et en le faisant courir après la jeune Leia, pour meubler six épisodes à la qualité contestable. Vouloir combler chaque trou de calendrier de la vie d’un personnage jusqu’à l’usure complète n’est pas de l’amour du cinéma, c’est du remplissage de catalogue pour plateforme de streaming.
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