À Shanghai, un restaurant McDonald’s teste l’usage de robots humanoïdes dans des postes habituellement réservés aux humains, comme le montre une vidéo publiée sur X le 18 mars 2026. Une expérimentation qui s’inscrit à la fois dans le contexte économique chinois et dans la stratégie industrielle du pays.

Tandis que de plus en plus de métiers sont susceptibles d’être remplacés par l’IA, peut-être faudrait-il regarder du côté… des robots humanoïdes. À Shanghai, un restaurant de l’enseigne McDonald’s teste actuellement l’usage de ces machines bipèdes dans des postes habituellement réservés aux humains, comme l’accueil ou l’animation en salle.

Fournis par la société chinoise Keenon Robotics, ces robots humanoïdes occupent ici des zones directement exposées au public : ils saluent, renseignent et guident les clients, comme en témoigne une vidéo publiée sur X le 18 mars 2026. Un usage qui tranche avec les scénarios plus industriels mis en avant jusqu’à présent, à l’image d’Atlas dans les usines Hyundai ou des Walker S2 d’UBTech testés sur les lignes d’Airbus.

Pourquoi y a-t-il des robots humanoïdes dans un McDonald’s en Chine ?

Cette collaboration ne date pas d’hier : Keenon déploie depuis plusieurs années ses robots de livraison « Dinerbot » dans des restaurants, hôtels et cafés, y compris dans certains McDonald’s. Cantonnés au service de plats ou de boissons, ces derniers n’ont rien d’humanoïde. Ces Dinerbots sont d’ailleurs également utilisés en France, bien que dans une proportion moindre.

Mais entre une machine sur roues qui sert des boissons et des bipèdes occupant des postes comme l’accueil ou l’animation, la différence est notable. En réalité, les raisons derrière une telle expérimentation sont multiples. D’abord, la Chine fait face à un vieillissement démographique, à un recul de la population active et à des pénuries de main-d’œuvre dans les métiers peu attractifs. L’automatisation apparaît alors comme un moyen de maintenir les restaurants ouverts tout en limitant la rotation du personnel.

Un humanoïde avec une toque dans un McDonald's à Shanghai.  // Source : @CyberRobooo sur X
Un humanoïde avec une toque dans un McDonald’s à Shanghai. // Source : @CyberRobooo sur X

Pour autant, dans les discours officiels chinois comme dans la communication des industriels, les robots humanoïdes ne sont pas présentés comme des remplaçants, mais comme des compléments aux humains — chargés d’absorber les tâches les plus répétitives et de pallier les difficultés de recrutement dans les services.

Si le pays utilise déjà massivement des robots de livraison sur roues en restauration, les humanoïdes offrent un format potentiellement plus polyvalent à long terme : mêmes gestes que les humains, capacité théorique à évoluer dans des environnements conçus pour des bipèdes et… forte valeur symbolique. Car la Chine a été très claire sur ses ambitions dans le domaine : si la percée des robots humanoïdes a un temps suscité des craintes au sein du gouvernement, le pays souhaite, d’ici 2027, en faire une « importante nouvelle source de croissance économique ».

Dans les faits, le pilote reste très limité : les robots se concentrent surtout sur l’accueil et le service en salle, tandis que la cuisine, la sécurité alimentaire et la supervision demeurent, a priori, assurées par des humains. Ni McDonald’s ni Keenon ne parlent d’un déploiement massif à court terme, et les autorités chinoises présentent encore ces usages comme des terrains d’essai pour une technologie en rodage, plutôt que comme un modèle déjà stabilisé.

Reste que ce type de pilote sert à la fois de preuve de concept et de vitrine : si l’expérience fonctionne à Shanghai, elle pourrait renforcer la crédibilité de ces technologies à l’export, vers d’autres enseignes et d’autres pays. Quoi qu’il en soit, il ne fait guère de doute que ces expérimentations raviveront un peu plus les inquiétudes quant à l’avenir des emplois peu qualifiés.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !