La guerre à Hollywood contre l’IA vidéo chinoise Seedance 2.0 continue. Netflix a menacé le groupe ByteDance — maison-mère de TikTok et également à l’origine de l’outil — de « poursuites judiciaires immédiates », rapporte Deadline le 17 février 2026. La firme au N rouge rejoint ainsi Warner Bros. Discovery, Paramount et Disney, qui ont eux aussi envoyé une lettre de mise en demeure (cease-and-desist).
Dévoilé début février 2026, le modèle de génération vidéo par IA Seedance 2.0 a impressionné autant par ses performances techniques que par sa stratégie de déploiement grand public.
Mais très vite — à l’instar d’autres outils du genre comme Sora — la question du respect du droit d’auteur s’est imposée. Sur X, vous avez sûrement vu passer ces vidéos générées par l’outil : Tom Cruise et Brad Pitt en train de se battre sur un toit, sur fond de dialogues autour de l’affaire Epstein. Personnages Marvel, Star Wars, ou encore Stranger Things et Arcane : aucune franchise ne semble épargnée.

Que demande Netflix à ByteDance ?
Concrètement, Netflix accuse ByteDance d’avoir permis la violation du droit d’auteur de Stranger Things, Kpop Demon Hunters, Squid Game et Bridgerton. Dans le cas de Bridgerton, la plateforme souligne que des contenus inspirés de la saison 4 — notamment des scènes de bal masqué — circulent déjà en ligne. Ces vidéos reprennent des éléments clés de l’intrigue, comme la robe « Dame en argent » portée par Sophie Baek. Plus problématique encore, la maison mère de TikTok aurait promu certains de ces contenus via le hashtag #Bridgerton sur ses comptes officiels, dont @BytePlusGlobal, selon Deadline.
Concernant Stranger Things, Seedance aurait permis la reproduction détaillée de personnages et de monstres emblématiques, comme le Démogorgon. Netflix accuse également la marque d’avoir laissé l’outil reproduire le style visuel et le design des personnages de Kpop Demon Hunters, ainsi que des décors phares de Squid Game.
Autant d’emprunts que la firme dirigée par Ted Sarandos n’a évidemment pas autorisés. « Netflix n’a jamais autorisé ByteDance à utiliser son contenu pour générer ces images ou vidéos. Les agissements de ByteDance sont délibérés et constituent une violation directe et indirecte du droit d’auteur », précise la lettre.
À la différence de ses concurrents ayant déjà mis ByteDance en demeure, la réaction de Netflix intervient après la déclaration du groupe chinois. Celui-ci a affirmé « prendre des mesures pour renforcer les protections actuelles afin de prévenir toute utilisation non autorisée de la propriété intellectuelle et de l’image par les utilisateurs ». Des promesses auxquelles ni Netflix ni Warner Bros. ne semblent croire. Afin d’éviter un procès immédiat, Netflix donne trois jours à ByteDance pour :
- Mettre en place des garde-fous techniques empêchant l’IA de générer des contenus reprenant ses personnages, ses titres ou ses univers protégés,
- Supprimer les contenus litigieux, à la fois dans les données d’entraînement — si des œuvres Netflix y ont été intégrées illégalement — et parmi les vidéos déjà générées par Seedance mettant en scène ses propriétés intellectuelles, sur toutes les plateformes contrôlées par ByteDance,
- Fournir un rapport détaillé recensant les cas où Seedance a généré du contenu à partir de requêtes liées aux œuvres de Netflix,
- Révoquer l’accès à l’outil pour les partenaires commerciaux ou utilisateurs d’API qui l’exploiteraient afin de créer des œuvres dérivées non autorisées basées sur ses licences.
Pour Netflix, l’enjeu dépasse quelques vidéos virales. Seedance agirait comme « un moteur de piratage à grande vitesse, générant des quantités massives d’œuvres dérivées non autorisées utilisant les personnages, les univers et les scénarios emblématiques de Netflix », a écrit Mindy LeMoine, directrice du contentieux (via Variety). Avant d’ajouter : « Netflix ne restera pas les bras croisés face à un tel traitement de sa précieuse propriété intellectuelle par ByteDance, qui la réduit à de simples images libres de droits. ». Reste désormais à voir quel autre géant de l’industrie décidera, à son tour, de sommer ByteDance de cesser ce qu’Hollywood considère comme un pillage organisé de ses œuvres.
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