Le web a fait sauter les barrières de la connaissance. L’IA générative, petit à petit, fait sauter les barrières de la création numérique. Si vous vous dites encore que ce n’est pas fait pour vous ou que vous ne vous y connaissez pas assez, vous êtes au bon endroit : on va créer, pas à pas, une petite extension Chrome. Et j’espère que cette expérience vous débloquera un nouvel horizon de possibilités.

La pilule rouge (l’autre)

Quand on passe du temps à faire de la veille sur l’IA, on voit souvent apparaître une expression issue de Matrix : redpilled. Elle a eu beaucoup d’usages à travers les années, et notamment une version bien dégueulasse définissant des personnes se sentant tout à la fois racistes, misogynes et fières de l’être, mais elle dit dans le monde de l’IA ce qu’elle a toujours voulu dire dans l’œuvre des sœurs Wachowski : si vous prenez la pilule rouge, vous ouvrez les yeux. 

Récemment, la personne la plus en vue qui a été redpilled par l’IA se nomme Jaana Dogan et elle occupe un poste haut placé côté ingénierie sur l’intelligence artificielle chez Google. Sa déclaration sur X n’est pas passée inaperçue : elle a testé Claude Code et le logiciel d’Anthropic a développé en une heure, d’après elle, l’équivalent d’un an de travail de son équipe. Ce n’est pas parfait, modère-t-elle, mais suffisamment hallucinant pour terminer sur une recommandation : demandez à Claude de construire quelque chose ou de travailler sur quelque chose dont vous êtes experts pour vous rendre compte à quel point l’IA est pertinente. 

De mon côté, n’étant pas ingénieur en IA et n’ayant que des rudiments de code, mon moment redpill, ça a été celui où j’ai compris que, moi aussi, je pouvais créer des outils numériques qui résolvent mes problèmes et répondent à mes besoins. Claude a déverrouillé en moi une sorte de capacité à rendre mon travail et certaines activités personnelles plus efficaces. Avant Claude, aucune de mes idées ou presque ne passait le stade de cahier des charges. Depuis Claude, chaque idée existe en moins d’une heure. Certains petits développements que j’ai pu orchestrer avec Claude en 2026 me servent tous les jours. Je suis allé jusqu’à déployer une application iOS nommée NearCharge, développée avec des amis, que nous continuons à mettre à jour et à améliorer. 

Mais le moment le plus fondateur reste celui où vous prenez cette fameuse pilule rouge. Dans les paragraphes qui suivent, je vais vous montrer comment faire pour créer quelque chose d’utilisable avec une IA – sans débourser un centime. 

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Comment créer quelque chose avec Claude

Déjà, c’est peut-être le plus dur, il vous faut une idée. Pour trouver, faites-vous une liste des choses qui vous prennent du temps dans la vie, sur le web, et que vous n’aimez vraiment pas faire. Il y a bien un petit problème que vous allez aimer résoudre. Je vous donne l’un des miens pour que vous compreniez : chaque mois, je dois ouvrir 20 onglets, copier chaque URL dans la case d’un tableur et chaque titre de la page dans la case d’à côté. Pénible, rébarbatif et les solutions disponibles pour automatiser cette tâche sont trop complexes, lourdes ou moins utiles pour moi. J’ai donc créé une extension qui, en un clic, fait juste cette petite tâche très spécifique à ma place. Cette personne sur LinkedIn a fait un petit site qui permet de savoir si les montagnes sont visibles depuis Seattle.

Vous avez une idée ? Sinon, en voici une, pour votre première fois : créer une petite extension Chrome (ou du navigateur de votre choix) qui grise les articles sur la page d’accueil de Numerama quand vous les avez lus. Comme ça, à chaque fois que vous revenez sur Numerama, vous savez en un clic ce qu’il vous reste à lire. 

Pour concevoir cela, allez d’abord sur Claude.ai et créez un compte gratuit. Ne payez pas tout de suite, j’ai testé tout le processus et un compte gratuit permet de tout faire.

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Ensuite, parlez à Claude de la manière la plus simple et la plus claire en lui demandant ce que vous souhaitez faire. Votre premier projet doit être simple (une seule fonction) et suffisamment visuel pour que vous puissiez tester pour voir s’il fonctionne comme vous l’imaginez. 

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Voilà le mien : 

J’aimerais que tu codes une petite extension Chrome pour moi.

  • Active uniquement sur numerama.com
  • À chaque fois que j’ai lu un article et que je reviens sur la homepage, elle m’indique que l’article a déjà été lu en appliquant un filtre « niveau de gris » sur son image et en passant son titre en gris plutôt qu’en noir

J’ai joint une capture d’écran de Numerama, car Claude comprend très bien les images que vous lui envoyez – retenez bien cela, ça sera utile plus tard. En quelques minutes, l’extension est presque prête : Claude a créé 3 artefacts qui ont l’essentiel du code. Si vous avez le temps, prenez quelques minutes pour lire ce code, qui a normalement bien été commenté (en français). Mieux, demandez à Claude de vous l’expliquer : sélectionnez un bout de code dans le panneau de droite et cliquez sur « Expliquer ». C’est le moment magique où, en plus de co-créer quelque chose de nouveau, vous apprenez.

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Comment tester votre extension ? Claude vous a normalement donné une petite todo-list complète. Il vous suffit de télécharger chacun des fichiers créés, de les placer dans un dossier et de les renommer comme Claude vous l’indique. En l’occurrence : manifest.json, content.js et style.css. Optionnellement, vous pouvez ajouter 3 icônes pour votre extension au format png transparent. Claude vous donne les bonnes tailles.

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Si vous n’arrivez pas à faire quelque chose, interrogez l’IA ! Même des choses toutes bêtes. Par exemple, je ne savais pas s’il fallait mettre les icônes dans un sous-dossier : plutôt que de tester, j’ai demandé et la réponse était limpide. À la fin, vous devriez avoir ces fichiers dans un dossier : 

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Il vous suffit désormais d’entrer chrome://extensions/ dans la barre d’adresse de Chrome et d’activer le Mode Développeur en haut à droite. Glissez-déposez votre dossier complet (et pas chacun des fichiers) sur l’écran et votre extension sera installée et activée. Vous pouvez aussi cliquer sur « Charger l’extension non empaquetée » en haut à gauche et choisir votre dossier. Vous pouvez désormais voir votre extension dans Chrome : c’est le moment de la tester ! 

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Vous entrez dans la phase de debug. Il est possible que tout marche du premier coup (one shot) ou que vous ayez besoin d’itérer. La première version sortie par Claude pour cette extension de test n’agissait que sur l’article mis en avant sur la page d’accueil de Numerama. Le moyen le plus simple pour corriger cela, encore une fois, est d’envoyer des captures d’écran et des descriptions sommaires des bugs à Claude. 

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À chaque correction, il vous suffit de copier-coller le code à droite dans votre fichier content.js (ouvrez-les avec TextEdit ou Bloc-notes) et sur l’interface des extensions de Chrome, de cliquer sur la petite flèche en cercle pour actualiser l’extension.

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Claude est allé trop loin dans sa deuxième itération (tout l’article était grisé), mais après un dernier essai, l’extension s’est mise à fonctionner exactement comme je l’imaginais : les articles sur lesquels j’ai passé plus de 5 secondes sont grisés !  

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Le temps pour créer, tester et débuguer cette extension a été moins long que celui passé à écrire cette newsletter. À la fin, je n’ai pas changé ma vie avec ce produit, mais j’ai réussi à créer quelque chose qui m’était autrefois complètement inaccessible. Vous avez, vous aussi, la possibilité de briser cette barrière mentale et de vous lancer de petits défis qui vont, petit à petit, améliorer votre quotidien. Et pourquoi pas, après une extension, créer une page web ou une application. C’est, à mon sens, l’une des révolutions de l’IA générative : le web a mis la connaissance à la portée de tous, et l’IAG a levé certaines barrières de la créativité. Vous ne serez pas développeur ou ingénieur en sachant faire coder des outils à Claude ou à l’IA de votre choix, mais vous serez assurément plus libres.

C’est tout ce que je peux vous souhaiter en 2026 !

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