La fin du « vieil Internet » devient une réalité concrète, deux ans après les premières expérimentations. Ce 27 janvier 2026, Orange procède à l’arrêt définitif du réseau cuivre dans 763 communes. Et ce n’est pas fini : le 31 janvier aura lieu la fin de la vente de l’ADSL dans 26 000 communes.

C’était il y a deux ans : après des années de réflexion et de consultation, le plan pour en finir avec le réseau cuivre était lancé. L’opérateur Orange, en tant qu’héritier direct de France Télécom, et gestionnaire de cette infrastructure, actait l’arrêt commercial des abonnements à l’ADSL dans 162 communes en métropole. C’était la première vague.

À l’époque, c’était surtout une sorte de tour de chauffe : tester les procédures, constater ce qui coince, observer les remontées sur le terrain.

Un an plus tard, en janvier 2025, une nouvelle phase était lancée : la fermeture technique du réseau cuivre sur ce même ensemble de localités. En parallèle, la deuxième vague d’arrêt était lancée, avec le même modus operandi : d’abord la fin commerciale, puis un an plus tard, la fermeture technique. Avec cette fois 763 communes dans la balance.

Nous voilà désormais au 27 janvier 2026 et c’est la date retenue par Orange pour rendre effective la neutralisation des services cuivre pour ce nouveau lot de municipalités. C’est ce que l’opérateur historique a annoncé dans son communiqué, en présentant la manœuvre comme un « coup d’accélérateur dans la modernisation des réseaux ».

Source : FactoryTh
Source : FactoryTh

Cette deuxième vague marque en tout cas un changement d’échelle : on parle de 900 000 locaux, répartis dans 14 régions et 54 départements — y compris des zones fortement peuplées, comme le 6ᵉ arrondissement de Lyon, Melun, Laval et Ajaccio. L’occasion pour le géant des télécoms d’éprouver la validité du plan dans des zones denses et plus complexes.

Dans ces agglomérations d’envergure, il n’y a donc dorénavant plus de tonalité dans le combiné depuis ce matin ni de connexion pour les box Internet qui n’auraient pas encore été migrées sur la fibre optique. Celle-ci est la technologie succédant à l’ADSL, qui repose sur le réseau cuivre. Il a été déployé en France dans les années 1960.

C’est une bascule d’ampleur pour Orange et elle ne s’arrête pas là. En effet, la fin du mois de janvier 2026 va être marquée par un autre évènement : dès le 31 janvier, le plan de fermeture commerciale changera de dimension. À cette date, il sera impossible de souscrire un nouvel abonnement ADSL dans près de 26 000 communes hexagonales.

Ensemble, ces localités représentent un peu plus de 20,2 millions de locaux. Un véritable « jalon national », signale Orange. Le cuivre va ainsi glisser vers la retraite, en attendant son démontage physique — celui-ci surviendra plus tard, après la désactivation technique. D’autres grandes vagues de migration sont prévues dans les prochaines années.

Pour les personnes emménageant dans ces territoires, il faudra donc miser sur de la fibre optique, une connexion mobile 4G/5G, une box 5G ou bien un accès par satellite — ce ne sont pas les options qui manquent, en réalité. Quant aux individus situés sur ces communes qui n’ont pas encore migré, ils sont en sursis. Le cuivre ne tiendra pas éternellement.

La fibre ralentit alors que le cuivre s’éteint

L’objectif final reste inchangé : éteindre définitivement le réseau cuivre en 2030. Pour justifier ce calendrier serré, Orange et les pouvoirs publics avancent des arguments pragmatiques.

La fibre est l’infrastructure de référence, disponible pour 93,5 % des locaux en France. Elle est décrite comme « plus robuste » (avec un taux de panne 1,5 fois moins élevé) et « quatre fois moins énergivore » que le cuivre. D’ailleurs, les usages ont déjà basculé : 80 % des abonnements Internet reposent aujourd’hui sur la fibre.

Cette marche forcée vers la fin de l’ADSL, motivée aussi par des coûts (un demi-milliard d’euros d’entretien annuel pour Orange) se heurte toutefois à un souci : la mécanique du déploiement de la fibre optique se grippe. Selon le régulateur des télécoms, le rythme des raccordements a chuté de 28 % au troisième trimestre de l’an dernier.

Ces îlots du territoire non raccordés à la fibre ne sont pas nécessairement des irréductibles réfractaires. Il peut aussi s’agir de localités plus difficiles ou plus coûteuses à brancher. Il y a aussi celles et ceux qui ne sont pas au courant, ou qui ne jugent pas la migration opportune, ou qui peuvent croire à une arnaque ou un démarchage commercial abusif.

Aides financières et foires aux questions

Dans tous les cas, il faut prendre garde à ne pas laisser ces Françaises et ces Français sur le carreau, alors que le vieux réseau cuivre, vestige du vieil Internet, est en train de s’effacer progressivement. Les opérateurs comme le gouvernement et les mairies ne l’ignorent pas : plusieurs actions sont déjà en cours pour que le message circule.

D’ailleurs, le gouvernement a rappelé l’existence de divers dispositifs. Une aide financière expérimentale est disponible depuis septembre pour les particuliers et les TPE confrontés à des raccordements difficiles. Ce dispositif finance les travaux de génie civil sur le domaine privé qui bloquent souvent l’arrivée de la fibre dans les zones rurales.

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Source : Montage Numerama

Par ailleurs, le gouvernement a rappelé l’existence d’un site d’information (economie.gouv.fr/treshautdebit) et d’un service de recherche par commune pour connaître la date d’arrêt des services, avec une carte. Orange aussi met à disposition des ressources en ligne, avec une cartographie, des fiches explicatives et un calendrier général.

Autant de ressources utiles pour vérifier si sa commune est concernée par l’arrêt de la commercialisation le 31 janvier 2026 et pour une future vague de fermeture. Cependant, cela ne suffira sans doute pas : des campagnes publicitaires à la télévision et à la radio pourraient s’imposer, tout comme le tractage dans les boîtes aux lettres.

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