Deux nouveaux records sont certifiés par l’Organisation météorologique mondiale : un éclair de 768 kilomètres, un autre qui a duré plus de 17 secondes.

Certains éclairs sont particulièrement exceptionnels, tantôt en durée, tantôt en longueur — c’est-à-dire en distance parcourue. Ce sont deux données qui sont surveillées par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui, fin janvier 2022, a certifié deux nouveaux records à ce jour :

  • L’éclair ayant parcouru la plus longue distance s’est étendu sur 768 kilomètres, soit 60 kilomètres de plus que le précédent record.
  • L’éclair ayant duré le plus longtemps s’est maintenu pendant 17,102 secondes, soit 0,37 seconde de plus que l’ancien record.
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À gauche, le record de durée, à droite, le record de longueur en distance. // Source : World Meteorological Organization

L’éclair de longue distance a été détecté le 29 avril 2020 aux États-Unis, s’étendant de l’État du Texas jusqu’à celui du Mississippi, mais sans jamais toucher le sol (la charge électrique s’est déchargée dans l’atmosphère). L’éclair d’une durée record de 17,102 secondes a également été identifié aux États-Unis.

Les mystères de la foudre

Ce type d’événement météorologique est considéré comme « extrême ». Ils sont relativement rares. Mais les identifier dépend entièrement de nos capacités technologiques de mesure : « Il est probable que des extrêmes encore plus grands existent, et que nous serons en mesure de les observer à mesure que la technologie de détection de la foudre s’améliorera », estime Randall Cerveny, rapporteur de l’OMM pour les extrêmes météorologiques et climatiques.

Il demeure des inconnues sur la foudre, bien qu’elle soit courante au-delà de formes aussi exceptionnelles que ces records. Mais grâce à l’amélioration des observations, dorénavant réalisées depuis l’espace, « nous sommes désormais en mesure d’obtenir d’excellentes mesures de ses nombreuses facettes, ce qui nous permet de découvrir de nouveaux aspects surprenants de son comportement », indique Michael Peterson, sur le site de l’OMM. Il travaille à l’observatoire de Los Alamos qui participe à ce genre d’observations. « Maintenant que nous disposons d’un enregistrement solide de ces flashs monstrueux, nous pouvons commencer à comprendre comment ils se produisent et évaluer l’impact disproportionné qu’ils ont »

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Certains éclairs, plutôt rares à l’échelle du nombre d’éclairs mondiaux, peuvent parcourir des dizaines voire des centaines de kilomètres. // Source : Pixabay

Pourquoi un tel « extrême » météorologique ?

Ce type de foudre ne peut pas advenir n’importe où. Cet éclair record est apparu dans une zone propice à un « système convectif de méso-échelle » (SCM). Un tel système orageux est en fait un ensemble de plusieurs orages, formant de grandes entités réparties sur des centaines de kilomètres de longueur et de diamètre. Un SCM est un système « dont la dynamique permet d’apparition de méga-foudres extraordinaires », précise l’OMM.

Ces zones particulièrement propices à ces systèmes orageux sont notamment situées dans les grandes plaines de l’Amérique du Nord et de l’Asie, et dans le bassin de La Plata en Amérique du Sud. De tels orages peuvent créer des conditions météorologiques particulièrement extrêmes au-delà des éclairs, à savoir des pluies torrentielles aptes à provoquer des inondations, des vents violents, parfois de la grêle.

Un éclair comme celui qui fait office de nouveau record n’est donc jamais un événement isolé. « Ces éclairs extrêmement importants et de longue durée ne sont pas isolés mais se produisent pendant des orages actifs. Chaque fois que l’on entend le tonnerre, il est temps de rejoindre un endroit sûr pour la foudre », précise à ce titre l’OMM. Car il faut rappeler que la foudre, a fortiori lorsqu’elle s’inscrit dans des événements extrêmes, peut s’avérer dangereuse et mortelle.