Google teste un système basé sur l'IA pour réduire le temps d'attente des conducteurs aux feux tricolores et, ainsi, la quantité de gaz à effet de serre générés par leurs voitures. Lors de ses premières expérimentations, le groupe est parvenu à réduire de 10 à 20 % la consommation des véhicules.

Un feu rouge qui contraint à patienter à un carrefour vide, c’est agaçant. Mais c’est aussi, et même surtout, peu écologique. Pendant que vous ronchonnez dans votre véhicule, en attendant que le feu de circulation passe au vert, votre véhicule consomme de l’énergie, qui est la plupart du temps du combustible fossile. Et même s’il s’agit d’un véhicule électrique, la production de l’électricité n’est pour l’heure pas totalement décarbonée (dans la majorité de pays, elle en est même très loin).

L’intelligence artificielle pourrait aider à optimiser la gestion des feux de circulation, selon Google. Le géant du web a révélé, ce 6 octobre, travailler sur un projet de ce type et avoir obtenu des résultats prometteurs, lors de premières expérimentations. L’idée est de réaliser des « prédictions sur les conditions de circulation » et d’utiliser l’IA afin « d’améliorer la coordination des changements de feux de circulation », indique son communiqué de presse. Lorsqu’il n’y a pas de trafic, par exemple, inutile de faire attendre une voiture au feu rouge.

En utilisant l’IA pour mieux gérer les feux de circulation d’une ville, Google a constaté 10 à 20 % de baisse de consommation. // Source : Constanze Amalie

L’IA optimise le fonctionnement des feux de circulation

La firme n’a pas donné beaucoup de détails sur les données qu’elle utilisait pour réaliser ses prédictions ni les équipements qui les lui remontaient. Est-il nécessaire, par exemple, d’installer des capteurs spécifiques à certains endroits d’une ville ? Google ne le précise pas. Il semble cependant logique que les données des smartphones des conductrices et conducteurs, qu’elle utilise déjà pour ajuster en temps réel les trajets proposés dans ses applications de navigation par GPS, soient mises à profit ici.

Lors d’un point presse auquel Numerama a assisté, Google a indiqué qu’elle avait expérimenté ce système dans 4 villes en Israël. Elle précise avoir constaté une réduction de 10 à 20 % de la consommation de carburant et du temps d’attente aux croisements. « Ce ne sont que des résultats préliminaires, mais ils sont encourageants », a fait valoir Kate Brandt, responsable du développement durable de Google. La société lancera une prochaine expérimentation à Rio de Janeiro et est en discussion avec d’autres villes.

Une option trajet écologique dans Google Maps

Dans le domaine des transports, Google a également annoncé lors du point presse le lancement d’une fonction de navigation écologique, dès aujourd’hui aux États-Unis, et en 2022 en Europe. En évaluant divers paramètres (congestion, degré d’inclinaison des routes sur le trajet, etc.), Google Maps déterminera quel est l’itinéraire émettant le moins de CO2. Lorsque celui-ci offre un temps de trajet équivalent à celui de l’itinéraire le plus rapide, il le lancera par défaut. Lorsque le temps de trajet plus écologique est plus long, il ne l’affichera pas directement, mais le proposera en alternative aux conducteurs — qui seront libres alors de le retenir ou non. « Selon nos estimations, [cette nouvelle option de navigation] pourrait réduire les émissions de CO2 annuelles de plus d’un million de tonnes, soit l’équivalent de 200 000 voitures en moins sur les routes  », fait valoir Google.

Même si ces annonces vont dans le bon sens, elles ne doivent pas faire oublier que des changements écologiques bien plus profonds restent nécessaires dans le secteur des transports. Celui-ci est responsable de 25 % des gaz à effet de serre mondiaux et il est indispensable que nous les réduisions à zéro d’ici 2050. Comme l’ont encore rappelé récemment les scientifiques du GIEC, ce n’est en effet que de cette manière  que nous pourrons maintenir le réchauffement climatique en dehors des scénarios les plus dangereux. En ce qui concerne les transports, le zéro carbone passera nécessairement par le recours accru aux transports en commun, la réduction des trajets inutiles et l’adoption de véhicules non polluants, tels que des voitures électriques.

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