Les énergies renouvelables sont aujourd'hui la source d'électricité la moins chère, révèle un rapport de l'agence internationale Irena. Le coût de l'éolien et du solaire a spectaculairement baissé ces dix dernières années.

Les énergies renouvelables coûtent de moins en moins cher, montre le dernier rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), publié le 22 juin. Une évolution positive, puisque l’impact environnemental léger de filières comme l’éolien ou le solaire n’est désormais plus leur seul atout. « Aujourd’hui, les énergies renouvelables sont la source d’électricité la moins chère », explique ainsi le directeur général de l’IRENA, Francesco La Camera.

Selon le rapport de l’Irena, la proportion d’énergies renouvelables qui coûtent moins cher que les combustibles fossiles les moins onéreux a ainsi doublé en 2020. « Le coût de 62 % de l’ensemble de la production d’énergie renouvelable ajoutée l’année dernière, soit 162 gigawatts (GW), était inférieur à celui des nouvelles centrales à base de combustibles fossiles les moins chères », précise l’agence.

Le coût de l’énergie solaire a considérablement baissé ces dix dernières années. // Source : Gustavo / Pexels

Baisse spectaculaire du coût des énergies renouvelables

Si les énergies renouvelables sont désormais la source d’électricité la moins chère, c’est lié à une « amélioration spectaculaire » de la compétitivité des technologies solaires et éoliennes dans les années 2010-2020, note l’Irena.

En dix ans, le coût de l’électricité a ainsi baissé de :

  • 85 % pour le solaire photovoltaïque à échelle industrielle ;
  • 68 % pour le solaire thermique à concentration (CSP) ;
  • 56 % pour l’éolien terrestre ;
  • 48 % pour l’éolien offshore.

« Le prix du solaire photovoltaïque et de l’éolien terrestre est continuellement plus bas que celui des nouvelles options au charbon les moins chères sans aucun soutien financier », conclut l’Agence internationale pour les énergies renouvelables.

Les sites de production d’énergies renouvelables récents ont par ailleurs des coûts d’exploitation plus bas que ceux des centrales à charbon existantes. Selon le rapport, 61 % de la capacité de production à base de charbon coûte ainsi plus cher que la capacité renouvelable. « Le retrait et le remplacement de ces centrales [à charbon] par des énergies renouvelables réduiraient les dépenses de 5,6 milliards de $ par an et économiseraient 332 millions de tonnes de CO2. »

Une transition qui aurait un effet significatif : elle réduirait d’un tiers les émissions de carbone aux États-Unis. Et cela ne se vérifie pas qu’aux USA. « En Allemagne, aucune centrale au charbon existante n’a des coûts d’exploitation inférieurs à ceux d’une nouvelle installation de production à base de solaire photovoltaïque ou d’éolien terrestre », note par exemple l’Irena. De manière générale, dans le monde, une portion significative des centrales charbon coûte désormais plus cher que des installations solaires ou éoliennes récentes.

Les centrales à charbon, plus coûteuses que les options vertes

Selon l’Irena, le démantèlement de ces centrales à charbon pourrait réduire les coûts de production d’électricité de 32,3 milliards de dollars par an et surtout, « éviter l’émission de 3 Gt de CO2 par an, soit 9 % des émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie en 2020 ». Ce qui est particulièrement encourageant, c’est que la baisse du coût des énergies renouvelables devrait se poursuivre. Selon les estimations de l’Irena, en 2022, l’éolien terrestre sera 20 à 27 % moins cher que la nouvelle option de centrale au charbon la plus rentable. Côté solaire, 74 % des projets à venir dans les deux ans qui ont fait l’objet d’appels d’offres ou de ventes aux enchères, auront un prix inférieur à celui des nouvelles centrales au charbon.

Si le coût des énergies renouvelables est un sujet si stratégique, ce n’est pas que pour des considérations mercantiles. Si l’électricité verte coûtait plus cher que celle produite avec des centrales à charbon,  les pays à plus faibles revenus ne pourraient pas mener leur transition écologique. Or rappelle le directeur général de l’IRENA, Francesco La Camera : « Nous ne pouvons pas nous permettre une transition énergétique à deux vitesses, dans laquelle certains pays deviendraient rapidement verts tandis que d’autres resteraient prisonniers de l’ancien système à base de combustibles fossiles  ». Si ces pays sont contraints de continuer à utiliser des énergies fossiles, le réchauffement planétaire poursuivra en effet son cours. Et cela impactera le monde entier.

La baisse du coût des énergies renouvelables est donc une excellente nouvelle puisqu’elle confirme la viabilité de ces options pour tous les pays, y compris les pays émergents. Et selon l’Irena, les énergies renouvelables ne feront pas que les aider à mener leur transition, elles leur permettront de réaliser des économies significatives. D’après l’agence, les nouveaux projets d’énergies renouvelables ajoutés en 2020 devraient ainsi permettre aux pays émergents d’économiser jusqu’à 156 milliards de dollars, sur l’ensemble de leur durée de vie.

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