Le lancement du télescope spatial James-Webb doit avoir lieu au centre spatial de Kourou, en Guyane française. L'observatoire est transporté en bateau jusqu'à sa base de lancement. Pourquoi ne pas avoir choisi de le faire voyager en avion ?

Si tout se passe comme prévu, le télescope James-Webb rejoindra les étoiles le 18 décembre 2021. Fin août, l’Agence spatiale européenne (ESA) avait confirmé que les tests finaux de l’observatoire étaient achevés et que le James-Webb Space Telescope (JWST) était prêt à entamer son voyage vers le centre spatial de Kourou, en Guyane française.

Pour cet itinéraire vers sa base de lancement, c’est le bateau qui a été retenu comme moyen de transport. Comme le relève UniverseToday le 14 septembre, on pourrait se demander pourquoi ce n’est pas l’avion qui a été choisi pour transporter en sécurité l’observatoire géant et son miroir segmenté. La Nasa et l’ESA ont choisi de faire voyager le télescope par la voie des mers : sa trajectoire commence à Long Beach en Californie, passe par le canal de Panama, longe la côte de l’Amérique du Sud puis s’achève en Guyane française.

Les miroirs du télescope James-Webb. // Source : Flickr/CC/NASA/Chris Gunn (photo recadrée)

Ce choix n’est pas justifié par la masse du JWST (6,2 tonnes) qui n’est pas trop lourde pour un avion, comme le notent nos confrères de UniverseToday. La raison tient plutôt à la configuration du terrain autour du Centre spatial guyanais. Si on voulait poser le télescope James-Webb en avion, il faudrait sans doute atterrir à l’aéroport international de Cayenne-Félix-Éboué, soit à une distance de 96 kilomètres du centre spatial. Or si le JWST devait être transporté par la route, certains ponts sur ce trajet ne pourraient pas supporter son poids du télescope.

Les agences restent volontairement vagues sur le trajet du bateau

Inverse précise d’ailleurs que tous les détails du voyage (horaires et trajectoire précis) du JWST par bateau ne sont volontairement pas communiqués, afin de limiter les risques de piraterie. Il n’est pas impossible qu’un navire de guerre escorte l’observatoire, note le média. Une fois arrivé en Guyane, le télescope n’aura pas achevé son périple, car il faudra encore le transporter jusqu’au centre de lancement. Les agences se sont donné 55 jours pour préparer le JWST à son lancement dans l’espace.

Après son décollage, le télescope aura encore du chemin à parcourir : il devra voyager sur 1,5 million de kilomètres pour atteindre sa position définitive, le point de Lagrange L2, situé derrière la Terre par rapport au Soleil (il sera donc impossible de le réparer, une fois dans l’espace). De là, il pourra observer dans l’infrarouge, pour sonder les mystères des premières étoiles et galaxies qui se sont formées après le Big Bang. Il faudra compter encore 6 mois après son arrivée à cet endroit pour que les opérations scientifiques puissent commencer.

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