Longtemps attendu, le télescope spatial James Webb vient de recevoir une nouvelle date pour son décollage : ce sera le 18 décembre 2021.

Prévu pour le 31 octobre, aux dernières nouvelles, le lancement du télescope spatial James Webb surviendra finalement le 18 décembre 2021. Le recalage du calendrier, qui était dans l’air depuis plusieurs mois, et qui suit une série de reports et de retards, a été confirmé conjointement le 8 septembre par l’Agence spatiale européenne, son homologue américaine et Arianespace.

Bien que le satellite soit de conception américaine, c’est une fusée européenne qui sera mobilisée pour l’envoyer dans l’espace. C’est en effet Ariane 5 qui servira de transporteur, non seulement parce qu’il a les dimensions pour accueillir à bord le télescope spatial et les capacités pour le convoyer, mais aussi car le lanceur est réputé très fiable. Il n’a connu que très peu de souci en plus de 20 ans d’exploitation.

Le port d’attache d’Ariane 5 étant le centre spatial guyanais, c’est sur la façade atlantique du continent sud-américain qu’il faut acheminer tout le matériel — c’est en cours — et, bien sûr, le télescope James Webb. Son transfert près de Kourou doit avoir lieu à la fin du mois de septembre 2021. Précédemment, le passage en revue de la mission en amont du tir a eu lieu au début de l’été. Il s’est déroulé avec succès.

Ce miroir doré évoluera un jour dans l’espace. // Source : NASA’s Goddard Space Flight Center

Un champion de l’observation infrarouge

Le monde de l’astronomie attend avec impatience la mise en place de James Webb, car il présente des caractéristiques taillées pour aller chercher des informations très loin dans l’univers. En particulier, sa capacité de traitement des clichés est bien plus performante et la finesse de ses photographies promet d’atteindre des niveaux jamais vus pour capter l’éclat d’étoiles et de galaxies formées juste après le Big Bang.

Le télescope est très performant dans l’infrarouge, bien plus que le vénérable Hubble, qui a causé une certaine frayeur chez les scientifiques comme à la Nasa, avec une panne qui a duré, avant d’être résolue. Hubble conserve toutefois un atout dans sa manche : il est le seul à pouvoir capter dans l’ultraviolet, ce qui pose la question de savoir ce qui va se passer le jour où l’engin sera retiré du service actif.

Vue d’artiste du JWST. // Source : Flickr/CC/Adriana Manrique Gutierrez, NASA Animator (photo recadrée et inclinée)

La défaillance rencontrée par Hubble rappelle l’extrême difficulté qu’il y a à intervenir physiquement sur les télescopes spatiaux : si c’était envisageable du temps où la navette spatiale américaine était opérationnelle, du fait de la proximité de Hubble par rapport à la Terre (600 km d’altitude), ce sera tout bonnement impossible avec James Webb : il sera situé à 1,5 million de km.

Alors que Hubble a un miroir primaire qui ne mesure « que » 2,4 mètres, celui de James Webb est bien plus grand — 6,5 mètres. Comment rentre-t-il dans la coiffe d’Ariane 5 ? Grâce à une approche novatrice, basée sur un miroir dépliable. Celui-ci est formé de plusieurs sections hexagonales (18, en tout). Il a été testé avec succès en mai. Cette approche pourrait bien façonner l’avenir de l’astronomie.

Le programme James Webb remonte à 1996 et à l’époque il était envisagé de faire partir le télescope spatial en 2007. S’en est suivi une longue série de reports et de surcoûts — au départ, les besoins du programme avaient été estimés à 500 millions de dollars. Ils sont évalués aujourd’hui aux alentours de 9,7 milliards de dollars. Le choix du nom est aussi une source de polémique.

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